« Transformer un déchet en ressource précieuse au service du vivant » : c’est l’idée de Michael Roes, à l’origine de la création de Toopi Organics, en 2019. L’entreprise utilise en effet l’urine humaine comme substrat pour cultiver des actifs biologiques, à des fins agronomiques et agricoles : activateurs de sol et stimulateurs des défenses naturelles des plantes. Elle entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement, sous la houlette de Frédéric Favrot, son nouveau président-directeur général.
Toopi Organics, qui a levé 22 millions d’euros en six ans, a vu de multiples financeurs entrer à son capital au fil de ses trois levées de fonds, en 2019, 2021 et 2023. « Il y a de la dette, des subventions, des supports financiers publics, semi-publics et privés (principalement des fonds à impact). Et le fondateur Michael Roes reste le premier actionnaire, avec 17 % du capital », énumère Frédéric Favrot. Grâce à ces fonds, Toopi a constitué les actifs et le passif de l’entreprise : ses brevets, ses produits homologués, ses process industriels, ainsi que l’acquisition de terrains et de matériel.

L’usine de Toopi Organics, à Loupiac-de-la-Réole. © Toopi Organics
Bridge de trésorerie
« Mais la société a accumulé un certain retard dans son développement commercial. Pour y faire face, les actionnaires et le pacte d’associés, autour du comité stratégique, ont accepté de faire un bridge supplémentaire de trésorerie, à la condition de recruter un expert métier au poste de directeur général. D’où mon arrivée en mai dernier », explique Frédéric Favrot.
Fort de 35 ans d’expérience dans le secteur agricole, dont une vingtaine d’années dans les biosolutions (voir encadré), il a d’abord opéré quelques « aménagements organisationnels », qui se sont soldés par le départ de la moitié des effectifs de Toopi, au nombre de 20 salariés aujourd’hui. Puis fait entrer l’entreprise dans une nouvelle phase de développement commercial.
Cette dernière a abouti au départ de Michael Roes de la présidence, en décembre. « Il fallait une nouvelle énergie, une nouvelle façon de faire. Nous cherchions quelqu’un pour reprendre Toopi depuis plusieurs mois. Je suis un entrepreneur, pas un chef d’entreprise, je suis meilleur pour créer que pour gérer », glisse Michael Roes, qui reste au comité stratégique et a déjà lancé un nouveau projet (voir encadré). « Ce qui se passe chez Toopi correspond à un changement naturel lorsqu’une société change de stratégie ou d’étape de développement », estime Frédéric Favrot.

Les fermenteurs de l’usine de Toopi Organics à Loupiac-de-la-Réole. © Toopi Organics
Collecte de l’urine
À son arrivée dans l’entreprise, le dirigeant constate en effet que « les phases de développement interne et industriel sont terminées ». Et tout d’abord le procédé de collecte de l’urine. « Nous collectons, via des urinoirs secs, une urine pure, stabilisée et hygiénisée, dans des cuves qui contiennent de l’acide lactique. Ce dernier permet d’abaisser le pH et d’éviter…