« En 2025, la réalité économique nous a imposé une vigilance de chaque instant », a résumé Marc Salaün, président du tribunal de commerce de Bordeaux, en liminaire de l’audience solennelle de rentrée de la juridiction consulaire. « La résilience de nos chefs d’entreprise a été éprouvée. »
Un constat assorti de chiffres probants : 1 816 procédures collectives ont été ouvertes en 2025, en hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Dans le détail, le tribunal de commerce a enregistré 82 procédures de sauvegarde en 2025 (en hausse de 22,4 % par rapport à 2024), 537 redressements (en baisse de 4 %), 1 123 liquidations (en hausse de 2,8 %). « Nous espérons avoir atteint un palier », a estimé Marc Salaün, relevant que 53 % des procédures de sauvegarde connaissaient une issue favorable.
Procédures amiables
Dans le cadre des procédures amiables confidentielles, 75 % se soldent positivement, a-t-il également fait valoir. En 2025, 102 ouvertures de conciliations (contre 116 en 2024) et 80 mandats ad hoc (contre 97 en 2024) ont été enregistrés. Une légère baisse à nuancer, selon le président, car beaucoup de ces procédures concernaient des holdings regroupant plusieurs sociétés. En quatre ans, le nombre de ces procédures de prévention a bondi respectivement de 127 % et 196 %, résultat tangible des nombreuses initiatives mises en place pour faire connaître ces dispositifs.
Un équipage compétent
Lors de cette audience, les dix juges consulaires nouvellement élus ont pris leur fonction. Et Marc Salaün a passé le relais à Philippe Passault, « élu à la majorité absolue au premier tour de scrutin », ont détaillé les greffiers du tribunal de commerce. Juge depuis 2014, il a accompagné le mandat de Marc Salaün en tant que vice-président. Ce dernier, élu au tribunal de commerce depuis 15 ans, a accepté de devenir lui-même vice-président pour un an. Un engagement salué par Philippe Passault ainsi que « sa capacité à ne mettre aucun sujet sous le tapis ».
« Je suis ravi d’avoir été choisi pour être capitaine de ce navire. On dit que c’est dans la tempête que l’on voit les bons marins, je crois que nous avons un équipage compétent », a ponctué le nouveau président, cofondateur de l’entreprise Aquitem au Bouscat (cédée en 2022). Et de conclure sur les sujets qui figureront parmi les enjeux majeurs de ses quatre ans de mandat : la dématérialisation et l’intelligence artificielle.