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À Lacanau, la start-up Kahe électrise le nautisme

Lacanau - Fondée par Nicolas Quendez et Christian Ollier, Kahe Nautic développe des moteurs électriques pour le secteur nautique. La jeune pousse girondine vient de boucler une levée de fonds participative de 1,5 million d'euros pour partir à la conquête des mers du globe.

Le Kahe-Pod 600 installé sur une annexe de type Zodiac © Kahe Nautic

 

Participer à la décarbonation du secteur nautique, c’est l’ambition de la société Kahe Nautic (5 salariés), implantée à Lacanau. Fondée en 2018 par Nicolas Quendez et Christian Ollier, la start-up développe des moteurs électriques innovants. « Nous avons commencé par un petit propulseur qui se branche sur des kayaks, des paddles, afin de proposer une assistance électrique. Il a très vite été utilisé pour des embarcations, notamment pour des annexes », explique Nicolas Quendez.

Nicolas QUENDEZ et Christian OLLIER, fondateurs de Kahe Nautic © Kahe Nautic

Nicolas QUENDEZ et Christian OLLIER, fondateurs de Kahe Nautic © Kahe Nautic

 

1,5 million d’euros levés

Face à l’engouement pour son produit, l’entreprise décide d’adresser le marché des embarcations de plus grande envergure. Elle propose, depuis le mois de mai, le Kahe-Pod 600, un moteur hors-bord sans fil pour annexes de type Zodiac, pour quatre à cinq personnes (jusqu’à 600 kg). Une télécommande permet de démarrer et d’arrêter le moteur. Et il est adaptable à différents usages : « l’idée est d’avoir un produit sur lequel nous pouvons fixer différentes interfaces, telles qu’une barre franche ou une poignée de snorkeling afin de le transformer en scooter sous-marin », détaille le cofondateur.

Le Kahe-Pod 600 utilisé en scooter sous-marin © Kahe

Le Kahe-Pod 600 utilisé en scooter sous-marin © Kahe

Un positionnement qui a su séduire les investisseurs puisque la start-up vient de lever 1,5 million d’euros, via la plateforme de financement participatif Tudigo. « Nous avions fixé un plancher minimum de 450 000 euros, que nous avons largement dépassé », se réjouit le quarantenaire. Grâce à ces fonds, l’entreprise va étoffer sa gamme de produits.

Vers un moteur à hydrogène ?

Il faut dire que la start-up ne manque pas de projets pour les mois à venir. « Au CES Las Vegas 2024, nous avons rencontré une start-up française qui produit des petites piles à hydrogène. Nous avons établi un partenariat et espérons pouvoir sortir d’ici un an un Kahe-Pod 600 à hydrogène », dévoile le cofondateur.

« Nous sommes aussi en train de développer une gamme plus puissante afin de pousser des embarcations plus grosses », annonce l’entrepreneur. Plusieurs nouvelles fonctionnalités devraient voir le jour d’ici les prochains mois, notamment des fonctions de sécurité avancées. « Dès l’année prochaine, nous pourrons proposer de la navigation autonome, c’est-à-dire qu’il sera possible de programmer sur la tablette les coordonnées GPS à atteindre et le propulseur guidera le bateau de façon autonome jusqu’à ces points », annonce Nicolas Quendez.

© Kahe

© Kahe

Décathlon et Zodiac comme partenaires

Et pour vendre tous ces produits, Kahe Nautic continue de tisser sa toile de distributeurs au niveau mondial. En BtoC, ses moteurs sont vendus en ligne, dans le monde entier. Son petit propulseur est également commercialisé chez Decathlon sous sa marque Itiwit. Enfin la start-up collabore avec la marque Zodiac qui équipe ses bateaux avec les moteurs Kahe.

Son petit propulseur est également commercialisé chez Decathlon sous sa marque Itiwit

Déjà présent dans 14 pays, Kahe Nautic a vendu plus de 4 000 exemplaires de son petit propulseur et enregistré une centaine de précommandes pour le Kahe-Pod 600. L’année dernière, la start-up, qui espère atteindre la rentabilité en 2025, a enregistré un volume d’affaires de 1,4 million d’euros.

Le Kahe Pod 600 développé par la start-up de Lacanau © Kahe Nautic

Le Kahe Pod 600 développé par la start-up de Lacanau © Kahe Nautic

Assemblé en Haute-Savoie

Si la conception de ses moteurs est réalisée en interne, Kahe s’appuie néanmoins sur quelques partenaires. « Nous utilisons par exemple la technologie de la start-up bordelaise, Gouach, qui nous permet d’avoir des batteries complètement démontables », précise Nicolas Quendez.

L’assemblage final de ses moteurs est sous-traité à Marnaz, en Haute-Savoie, à l’atelier d’usinage Swisstools, devenu actionnaire de Kahe Nautic. « À long terme, nous voulons produire localement pour chacun de nos marchés. Produire en Amérique pour le marché américain, ou en Asie pour le marché asiatique », illustre le quadragénaire. De quoi propulser ses moteurs électriques sur les mers du globe.

 

 

 

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