Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

Hausse des créations d’entreprises

La création d’entreprises artisanales en France, en 2018, reste sur une bonne dynamique, tirée par l’installation dans les grandes villes, selon le baromètre de l’Institut supérieur des métiers (ISM) et de la Mutuelle d’assurance des artisans de France (MAAF).

Les métiers de l’artisanat attirent : 26 % des créateurs d’entreprise choisissent  de se lancer dans ce secteur. Et l’année 2018 s’inscrit comme un bon millésime : les créations d’entreprises ont  nettement progressé, de 13 % l’an dernier, selon l’édition 2019 du baromètre ISM-MAAF, qui tire sa source des données de l’Insee, passant de 155 200 immatriculations d’entreprises artisanales (reprises comprises) en 2017 à 177 500, en 2018.

Ce dynamisme touche toutes les régions, malgré des disparités. Dans le détail, dans l’Hexagone, les plus fortes hausses des immatriculations ont été enregistrées par celles de Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Grand-Est et Île-de-France (+ 15 %). L’Occitanie, les Hauts-de-France et le Centre-Val-de-Loire affichent une progression moindre, mais à deux chiffres (+ 10 %), alors que l’augmentation est moins importante en Corse (+ 6 %). Cet accroissement général est alimenté, en partie, par l’amélioration de la conjoncture économique mais aussi par le développement des plateformes du numérique, avance l’étude. 

Entre 2017 et 2018, et avec une hausse moyenne de 15 %, ce sont les métropoles (+ 200 000 habitants) qui enregistrent des scores records en matière de progression des créations d’entreprises. Cet accroissement dépasse même les 20 % dans les grandes agglomérations de Metz, du Grand-Nancy, de Rouen-Normandie et de Bordeaux. D’ailleurs, 32 % des entreprises artisanales créées sont concentrées au niveau des métropoles, relate le baromètre, contre
20 % localisées dans les communes rurales de moins de 2 000 habitants. Mais ces dernières ne sont pas en reste, avec une amélioration de 13 points par rapport à 2017.

Tous les secteurs en profitent

Ces bons indicateurs profitent aussi à la plupart des secteurs d’activité. Dans celui des services, les immatriculations ont connu une croissance significative, soit + 17 % par rapport à 2017, avec 57 100 nouvelles entreprises. La création d’entreprises dans l’artisanat de fabrication a aussi progressé de manière notable au cours de l’année 2018 avec 19 500 installations, contre 16 600 une année auparavant. 

L’artisanat du bâtiment et des travaux publics, quant à lui, reprend de la vigueur après cinq années de baisses consécutives des nouvelles installations. Bien que ce dernier ait enregistré une progression de 11 % par rapport à 2017, le nombre de créations d’entreprises (63 200) reste toutefois inférieur aux niveaux atteints entre 2009 et 2014. Le progrès le plus modeste a été constaté au niveau des activités de l’alimentation, avec une évolution de + 4 % seulement entre 2017 et 2018.

En lien avec le développement des plateformes numériques, le classement des principaux métiers d’installation artisanale (nombre de créations au titre de l’année 2018), place l’activité de taxi/VTC en tête avec 13 800 installations (+ 22 %, par rapport à 2017), et ce pour la deuxième année consécutive. Suivent le nettoyage des bâtiments avec 11 500 créations (+ 20 %) et la maçonnerie générale qui compte 11 400 immatriculations.

Au niveau de la forme juridique choisie, 68 % des créateurs d’entreprises artisanales, contre 64 % en 2016 et 2017, ont opté pour le statut d’entreprise individuelle en 2018, que ce soit sous sa forme classique (42 %) ou sous le régime micro-entrepreneur (26 %).

Point noir de ce bilan favorable, la création entrepreneuriale est exercée de plus en plus en mode solitaire. Seuls 5 % des créateurs qui se lancent dans l’aventure embauchent des collaborateurs, lors du démarrage de leur activité, contre 20 % en 2007. Une situation qui s’explique, en partie, par le succès du régime du micro-entrepreneur, qui constitue souvent une activité d’appoint.