Couverture du journal du 13/05/2022 Consulter le journal

Le Département de la Gironde investit malgré tout

Le Conseil départemental de la Gironde prévoit une baisse des recettes pour 2022. Selon le président Jean-Luc Gleyze, le budget « doit être construit avec une logique prudentielle ».

Jean-Luc Gleyze, gironde

Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde © DR

Le 13 décembre dernier, les élus départementaux étaient réunis en séance plénière pour voter le budget primitif pour 2022. Le président du Conseil départemental de la Gironde Jean-Luc Gleyze s’est montré grave : « malgré une reprise de croissance du PIB estimée à + 4 % en 2022, il est nécessaire de rappeler que le Département est désormais fragilisé par une structure de recettes volatiles et sur laquelle il n’a aucun pouvoir de modulation. Les recettes sont en particulier tributaires du marché de l’immobilier (DMTO) ainsi que de la consommation (TVA). Le budget doit donc, plus que jamais, être construit avec une logique prudentielle sur le niveau de recettes attendues au regard, à l’inverse, de l’extrême rigidité des dépenses ».

RECETTES EN BAISSE DE 2,5 %

Ainsi, les recettes 2022 pourraient être de 1,76 milliard d’euros, soit – 2,5 % par rapport à la réalisation prévisionnelle de 2021 en raison notamment de la baisse de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises. Le Département consacre près des 2/3 des crédits de fonctionnement c’est-à-dire 1,047 milliard d’euros au budget de la solidarité (+ 3 % par rapport au compte administratif prévisionnel en raison notamment de la réforme des rémunérations des services d’aide et d’accompagnement à domicile). Le budget affecté au SDIS augmente de 1,5 % pour atteindre 94,9 millions d’euros. Les dépenses de fonctionnement augmenteront en 2022 de plus de 10 % pour les moyens affectés au déploiement des politiques publiques départementales. Car la collectivité doit faire face à l’essor démographique du Département (créations de postes pour l’ouverture de nouveaux collèges, renforcement des politiques de solidarité envers les aînés, les personnes handicapées et la protection de l’enfance).

Le Département affectera 184,4 millions d’euros pour les collèges

Le Département doit en outre renforcer son attractivité au regard des besoins de recrutement du fait d’une pyramide des âges inversée et de la perspective de doublement des départs en retraite dans les prochaines années. (150 à 160 départs jusqu’ici, 250 à 300 prévus pour le reste du mandat). D’ici 2028, 1 000 emplois seront à pourvoir au sein du Département. Près de 105 millions d’euros seront dédiés au développement et à la vitalité des territoires (participations et subventions, voirie, transports, prévention spécialisée).

315,8 MILLIONS D’EUROS D’INVESTISSEMENTS EN 2022

Grâce à une stratégie financière lui permettant de dégager une épargne de 111 M€, le Département va pouvoir déployer une capacité d’investissement de 315,8 millions d’euros. « Le Département contribue ainsi à la vitalité économique du territoire », insiste l’exécutif : 184,4 millions d’euros pour les collèges, 36,8 millions pour les infrastructures, 11,3 millions pour la politique numérique, 2,2 millions pour l’environnement. 26,4 millions pour les communes, 8,9 millions pour le logement.

TERRITOIRES ZÉRO CHÔMEUR EN GIRONDE

Depuis son lancement en 2016, 10 territoires expérimentent le dispositif « Territoire zéro chômeur de longue durée » à l’échelle nationale. Cette expérimentation vise à redéployer les prestations sociales existantes, comme le Revenu de Solidarité Active (RSA), pour la création d’emplois, non concurrents d’emplois existants, par des Entreprises à But d’Emploi (EBE), destinés à toutes les personnes bénéficiaires de ces aides sur un territoire habilité pour 5 ans. Tout chômeur de longue durée qui le souhaite, peut ainsi se voir proposer un emploi à durée indéterminée et à temps choisi sur son lieu de vie. En décembre 2020, une deuxième loi ouvre ce dispositif à 50 nouveaux territoires. Le Département soutient déjà deux territoires candidats : la commune de Castillon-la-Bataille et la Ville de Bordeaux. Comme annoncé dans sa feuille de route, il espère développer ces initiatives dans les territoires les plus pauvres du Département.

« Le budget primitif 2022 permet de répondre aux défis à court, moyen et long termes auxquels la Gironde est confrontée : fragilité sociale, attractivité départementale et essor démographique (+ 1,1 % de population prévue par l’Insee en 2022) », a insisté le président du Département de la Gironde.

 

Plan Collèges : 100 millions d’euros de l’Europe

Le vice-gouverneur de la Banque de Développement du Conseil de l’Europe (CEB), Tomáš Bocek, et le président Gleyze ont signé dernièrement le premier prêt direct de la CEB au Département d’un montant de 100 millions d’euros pour soutenir la construction et la rénovation de collèges publics. Au cours des 15 dernières années, le Département a gagné en moyenne 20 000 nouveaux habitants par an, d’où 1 000 à 1 500 élèves supplémentaires chaque année, ce qui équivaut à plus d’un collège. Et les projections démographiques prévoient une augmentation de près de 10 000 collégiens d’ici 2027. Pour répondre à ce défi, le plan Collèges du Département, d’un montant de 670 millions d’euros, comprend la construction de 13 nouveaux collèges, ainsi que les installations sportives nécessaires. Il entend également rénover et moderniser 10 établissements existants et les mettre aux normes de sécurité et de fonctionnement, notamment en termes d’efficacité énergétique et d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. « C’est une bonne chose que la Banque de Développement du Conseil de l’Europe finance des équipements qui permettent de répondre à des besoins concrets sur les territoires », a déclaré le président Gleyze.

Le Conseil départemental de la Gironde en chiffres

Budget prévisionnel 2022 :

2,07 milliards d’euros dont 1 milliard d’euros dédié à la solidarité

315 millions d’euros d’investissements sur les territoires girondins

6 914 agent(e)s 2è employeur de la Gironde