Couverture du journal du 24/09/2021 Consulter le journal

Et si notre personnalité prenait des couleurs pour sortir de la crise sanitaire ?

En terme de management, la récente période de restrictions et sa sortie en dents de scie nous invitent plus que d’habitude à une grande vigilance et à une hygiène physique et mentale.

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Les membres du collectif PlatefoRHm - Bordeaux © Atelier Gallien - Echos Judiciaires Girondins

La couverture médiatique sur les variantes du Covid-19, ce coronavirus anxiogène, l’incertitude face à l’avenir, la perte de repères, les annonces de spécialistes rassurantes ou alarmistes, trop vite définitives puis leur contraire, a couverture médiatique sur les variantes du Covid-19, ce coronavirus anxiogène, l’incertitude face à l’avenir, la perte de repères, les annonces de spécialistes rassurantes ou alarmistes, trop vite définitives puis leur contraire, leur, pour nous permettre de produire les meilleures idées et les meilleures décisions. En termes de management, la récente période de restrictions et sa sortie en dents de scie nous invitent plus que d’habitude à une grande vigilance et une hygiène physique et mentale : comprendre notre environnement, comprendre notre personnalité et celle des autres, diriger nos pensées, savoir naviguer avec agilité (par ex. dans les différents pôles de la boussole DISC) pour permettre à tous de conserver un nécessaire équilibre.

Au nord de la boussole, la perception hostile de l’environnement nous invite à prendre au sérieux les consignes sanitaires de distanciation désormais renforcées, d’autant que certains pays préfigurent ce qui se passera dans quelques semaines chez nous. Privilégiant les faits aux émotions, pourquoi donc rester scotché des heures durant aux prévisibles mauvaises nouvelles quotidiennes ?

Le conseil du manager « bleu » sera donc de choisir de lire de préférence la presse hebdomadaire et les articles de fond, plutôt que les réseaux sociaux, de manière à prendre de la hauteur ou du recul

Le DISC de Marston : Dominant, Influent, Stable, Conforme

Le conseil du manager « bleu » sera donc de choisir de lire de préférence la presse hebdomadaire et les articles de fonds, plutôt que les réseaux sociaux, de manière à prendre de la hauteur ou du recul, comprendre les tendances et les signaux faibles. Au nord toujours, il remarquera l’observation d’une zone rouge, d’un autre monde en danger. Celui de l’économie, de la récession mondiale avertie malgré les annonces de rachats massifs de dette publique et privée. Au nord, oui mais pas à l’excès ! « Nous ne sommes pas en guerre, clamait Sophie Mainguy, médecin urgentiste, et n’avons pas à l’être »… Faudrait-il, pour nous rendre efficaces et comme certains l’affirment, sur activer les ressorts de la peur, de la défense ou de la domination ?

La peur, le stress, l’affolement que ces discours portent sont encore plus transmissibles d’un collaborateur à l’autre que ce virus… Habituellement, la peur est là pour nous protéger, mais lorsque que notre cerveau y est trop exposé, le cortisol qu’elle génère mène à des comportements individualistes, violents, aiguisant l’affolement et la mise en concurrence des humains entre eux. Incivisme, violence, refus des gestes barrières, bagarres et queues devant les supermarchés… Le Pr Deray, avertit : « Coronavirus, attention danger, mais pas celui que vous croyez ». Cette navigation au nord de la boussole, en environnement hostile, ne doit pas nous mobiliser par les armes, mais par l’Intelligence du vivant qui nous contraint à la pause.

Cap à l’ouest, donc, vers le monde de la réflexion et de la stabilité, nettement plus zen. Car cette crise nous offre un moment inédit de pause, une respiration dans un monde qui s’est emballé. Combien d’entre nous ont découvert et pratiquent désormais la méditation ? Autre point positif, il suffit de regarder les images de la Nasa pour comprendre à quel point ce brusque changement de nos activités est bénéfique pour le côté « vert » de notre planète ! Et si la Covid-19 nous offrait en cadeau caché une quête de sens ? Les progrès de la médecine nous ont donné l’illusion de l’immortalité, de la toute-puissance, au point d’oublier que ce qui commence finit forcément un jour, y compris pour nous, les humains… Intégrer la mort comme un cycle de la vie, un cycle de la nature, comme le font la plupart des peuples racines, nous nourrirait de plus de sagesse et surtout de moins de peur.

La Covid-19 touche l’espèce la plus invasive et dévastatrice de la planète, la seule espèce ayant réussi à détruire des pans de son propre écosystème.

Et si la Covid-19 nous offrait en cadeau caché une quête de sens ?

Pourquoi ? Oui, nous avons l’occasion de réaliser que l’humain n’est pas la seule force sur Terre et qu’il doit parfois faire de la place aux autres… Cette quête pourrait nous conduire, surtout en tant que manager, à respecter notre planète devenue trop petite, et adopter une lean attitude s’appuyant sur l’interrelation, la solidarité et l’engagement de chacun. Au toujours « plus » et « plus vite », substituons le « moins », plus raisonnable… Mais le dogme économique de la croissance est bien ancré dans le fonctionnement de nos sociétés et de nos neurones dopaminergiques, et semble difficile à enrayer…

Georges ETESSE, membre de PlatefoRHm – Bordeaux © Atelier Gallien – Echos Judiciaires Girondins

Grâce à notre boussole et face à ce grand vide de sens, il est heureusement possible de naviguer cap au sud-est, pour un brin d’humour et d’auto dérision. Des perceptions plus optimistes, jaunes et joyeuses telles des rayons de soleil printaniers, pourraient agir comme un véritable antidote face à cette épidémie de peur (bleue). L’hyper activité d’extravertis, les centaines de vidéos humoristiques et le nombre de messages envoyés à nos amis numériques ne doivent pas nous détourner de l’essentiel : vivre l’instant et profiter de ce qu’il nous offre, carpe diem en sorte, retrouver les temps de partage amicaux, découvrir le vrai visage de nos voisins ou collègues pourtant si proches, accorder plus d’importance aux regards des quelques humains que l’on croise encore dans les commerces dits « essentiels » … En mal de contact rapprochés, privés du toucher, des embrassades, des poignées de main, de tout le non-verbal, il nous faudra vite inventer de nouveaux rituels et de nouvelles complicités.

Une attitude managériale (ou personnelle) positive choisie, tous types de personnalités confondus, pourrait nous amener à être dans l’instant et mieux nous interconnecter à ceux qui nous entourent. Le temps de mieux estimer et de leur dire à quel point on les apprécie, le temps de mieux préparer l’avenir : « C’est en commençant par devenir soi-même que l’on peut ensuite s’occuper des affaires du monde », nous prévenait déjà Montaigne. À nous, managers de demain, de faire de cette sortie de crise l’accélérateur, non pas du pire, mais du meilleur…

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