Il aime raconter cette anecdote. La première fois que Laurent Marti a appelé Nans Ducuing au téléphone, le joueur a cru à un canular. Il a pris une de ses « voix débiles » dont il a le secret, et s’est gentiment amusé avec l’entraîneur quelque peu déconcerté par ce joueur iconoclaste. Il est comme ça Nans Ducuing, la vie est un terrain de jeu. Il s’y amuse, énormément, y a joué et continue de s’entraîner malgré la fin de sa carrière pro à l’UBB, mais garde toujours son cap. Les rebonds sont multiples, et le trublion cache également un homme d’affaires avisé.

Nans Ducuing soulevant la Champions Cup lors de la victoire de la coupe d’Europe en mai dernier. © D. R.
Kiné en Espagne
Il a eu une jeunesse montagnarde à laquelle il est resté très attaché. Nans Ducuing a grandi dans son petit village de Bazus-Aure, dans les Hautes-Pyrénées. Skieur de haut niveau, il pratique également d’autres sports et pense dans un premier temps enseigner. « Le sport a toujours été un moteur pour moi. Je voulais en faire mon métier », glisse-t-il. Il découvre le rugby à Lannemezan, durant ses années lycée. Il découvre surtout le collectif, le partage, l’esprit de groupe qui ne le quitteront plus.
Avec les années, il rêve de devenir kinésithérapeute, mais n’ayant pas passé le concours, il s’inscrit finalement en ostéopathie à Biarritz. Là, il joue à l’Aviron bayonnais durant ses études et devient même champion de France Reichel (espoirs, ndlr.). L’année suivante, il part à Perpignan, intègre le club de rugby de l’USAP qui lui permet d’entamer des études de kiné en partenariat avec la ville de Gérone (à 96 km de Perpignan, en Espagne, ndrl.). Et comme cette année-là l’USAP descend en pro D2, le club garde quelques jeunes, dont Nans. Il enchaîne les matchs pros, et de son propre aveu « ça se passe super bien ». Lui continue les allers-retours chaque semaine à Gérone, avec sa vieille 205 rouge sur laquelle il a posé des autocollants Ferrari. C’est lors d’un de ces trajets qu’il reçoit le fameux appel…

Nans Ducuing et Laurent Marti ©…