Couverture du journal du 27/01/2023 Le magazine de la semaine

Ziri fait rimer industrie et écologie

Le réseau d’écologie industrielle créé par Bordeaux Technowest connaît un engouement sans précédent. En créant des synergies de mutualisation et de substitution entre ses entreprises membres, il leur permet de réduire leur impact sur l’environnement et de faire des économies. Les détails avec Jean-François Nothias, directeur chez Technowest.

Jean-François Nothias, directeur CS Ecoparc chez Bordeaux Technowest ziri

Jean-François Nothias, directeur CS Ecoparc chez Bordeaux Technowest © D. R.

Créé à Blanquefort en 2016 après deux ans de développement, le réseau Ziri, pour Zone d’intégration des réseaux intelligents, connaît un engouement sans précédent.

« On sent une vraie accélération depuis 2 ans, pendant lesquels nous avons doublé le nombre d’entreprises adhérentes, qui sont désormais 92 », annonce Jean-François Nothias, directeur chez Bordeaux Technowest, qui anime ce réseau d’écologie industrielle à Blanquefort depuis 8 ans. Il faut dire qu’outre la réduction de l’impact environnemental et la participation à la démarche RSE, les synergies proposées par Ziri à l’issue d’un diagnostic poussé de chaque nouvel arrivant permettent également de faire des économies. « Notre cœur de cible, ce sont les PME qui à travers ce réseau vont faire des économies tout en ayant un impact sur l’environnement », poursuit-il.

MUTUALISATION

Ziri propose ainsi de la mutualisation, avec un groupement d’achat d’énergie verte ou encore de la collecte de déchets. « Grâce à ce groupement, nous avons négocié les prix d’achat d’électricité à des prix très compétitifs directement auprès des énergéticiens », assure Jean-François Nothias, qui précise que « le volet énergie est un pilier important du réseau ». À travers ses partenaires, le groupement est également en mesure de monitorer très précisément la consommation des entreprises, et le cas échéant de leur proposer la production et l’autoconsommation d’énergie, via des panneaux photovoltaïques sur les toitures par exemple. Autre volet essentiel du réseau : la collecte (ramassage et/ou points d’apport volontaire) et le recyclage des déchets, reposant sur des opérateurs trouvés par Ziri, et qui permettent de générer chaque année 300 tonnes de déchets recyclables « qui ne sont ni enfouis, ni incinérés », se félicite celui qui est aussi directeur de l’incubateur greentech de Bordeaux Technowest.

DES DÉCHETS-RESSOURCES

Le principe de l’écologie industrielle reposant sur l’idée que « les déchets de l’un peuvent devenir la matière première de l’autre », Ziri organise également des ateliers entre ses adhérents afin d’identifier leurs déchets/ ressources et leurs besoins. C’est ainsi que la glassine, qui correspond au papier support des étiquettes collantes utilisées sur les colis en logistique ou sur les bouteilles de vin (par Castel ou Dartess par exemple), peut servir de base à la fabrication d’un isolant pour le bâtiment (pour la société Soprema à Cestas). « Nous avons identifié les entreprises, fait la mise en relation et accompagné la mise en œuvre de cette synergie », détaille Jean-François Nothias. Selon lui, la notion de proximité entre les entreprises et de zone d’activité est donc essentielle à la démarche. « Nous avons démarré à Blanquefort, sur une zone compacte de 350 ha, ce qui nous permet de faciliter le rapprochement entre entreprises ainsi que la mutualisation », affirme l’animateur du réseau de Blanquefort, qui compte 45 adhérents, et où 30 projets d’implantation d’entreprises sont en liste d’attente, Ziri facilitant de surcroît l’installation des nouveaux arrivants.

LE RÉSEAU ZIRI EN CHIFFRES

Lancement de la démarche : 2014

Création effective : 2016

3 zones d’activité : Blanquefort, Mérignac-Le Haillan, Bassens-Artigues

Adhérents : 92 (+ 40 en 2022)

DEUX NOUVELLES ZONES

Financé par les collectivités, l’Ademe, la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole, le réseau Ziri a attiré l’attention d’autres communes, dont celle de Mérignac, où est né Bordeaux Technowest. « Ils ont vu ce que nous faisions à Blanquefort et ont voulu dupliquer la démarche entre Mérignac et Le Haillan dès 2019 », précise Jean-François Nothias, qui développe le même principe entre Bassens et Artigues depuis septembre 2022. Avec aussi des ponts entre les entreprises du réseau et les start-ups greentech accompagnées par Technowest. Ainsi, l’entreprise de dépollution des sols Serpol, à Mérignac, change très souvent ses équipements de protection individuels (EPI) et a pu rencontrer lors d’une réunion du réseau la start-up bersonnaise CoqStom, spécialiste de l’upcycling, qui en fait des sacs ou des chaufferettes.

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Après Blanquefort, la démarche a été dupliquée entre Mérignac et Le Haillan, puis Bassens et Artigues © D. R.

FORCE DU GROUPE

Travaillant de concert avec tous les acteurs des territoires, le réseau Ziri peut également monter des ateliers sur des sujets tels que la mobilité. À Blanquefort, « où les salariés se plaignaient de ne pouvoir venir qu’en voiture, nous avons mis autour de la table les collectivités, les entreprises et les opérateurs de mobilité pour trouver des solutions pour le dernier kilomètre. Des référents mobilité ont été désignés dans les entreprises pour relayer les informations sur ce qui existait déjà, et nous avons négocié un tarif de groupe avec TBM », explique Jean-François Nothias. Avec 20 synergies de mutualisation et 50 synergies de substitution en cours de mise en œuvre, le réseau, animé par 3 personnes sur le terrain, devrait encore fonctionner à plein en 2023.

JEAN-FRANÇOIS NOTHIAS : PARCOURS

Ingénieur également diplômé en commerce, Jean-François Nothias a travaillé durant 15 ans dans l’industrie du bois, avant de rejoindre le pôle de compétitivité Xylofutur. « C’est là que j’ai découvert l’accompagnement des entreprises », note-t-il. Il rejoint Bordeaux Technowest en 2013. Il y anime le réseau Ziri et dirige l’incubateur de start-ups greentech au cœur de l’Ecoparc de Blanquefort.