Derrière les bilans et les comptes annuels, nous avons choisi au sein de notre cabinet (lire encadré) d’explorer un champ plus délicat : celui des entreprises en difficulté. Un terrain qui peut sembler aventureux car bien souvent très juridique, très incertain et très exposé. C’est pourtant là, dans l’œil de la tempête, que notre métier retrouve tout son sens.
Une spécialisation rare, forgée par l’expérience
Très tôt, j’ai croisé la route de dirigeants fragilisés par les aléas de la conjoncture. Ce n’est pas un exercice académique : c’est un face-à-face avec l’urgence. Le droit des entreprises en difficulté obéit à ses codes, à ses procédures (mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, redressement, liquidation) et à ses acteurs – juges, administrateurs, mandataires judiciaires – qui exigent des interlocuteurs aguerris. Beaucoup d’experts-comptables s’en tiennent à distance. Nous avons fait le choix inverse.
« C’est un face-à-face avec l’urgence »
Car il ne s’agit pas seulement de produire des chiffres. Derrière chaque dossier, il y a une femme ou un homme qui voit chanceler ce qu’il a construit, et qui doit pourtant continuer à décider, à négocier, à entraîner ses équipes. Notre rôle est de l’épauler dans ce moment critique, en apportant rigueur, méthode et perspective.
Prévenir plutôt que subir
Idéalement, nous intervenons en amont, lorsque les difficultés peuvent encore être traitées de manière confidentielle. Le mandat ad hoc ou la conciliation offrent la possibilité de négocier avec les créanciers, de redessiner des échéanciers, d’éviter le couperet de la cessation de paiements. Mais en France, ces dispositifs traînent une mauvaise réputation : ils sont souvent perçus comme un aveu de faiblesse. La notion de tribunal inquiète et paralyse.
Résul…