L’aéroport de Bordeaux Mérignac est entré dans une phase de modernisation qui se joue à plusieurs niveaux : un réaménagement de ses bâtiments, une meilleure prise en charge de son service client, le développement (raisonné) de ses lignes aériennes et une décarbonation de l’ensemble. Pour cette nouvelle phase de développement, l’équipe de l’aéroport, menée par le président de son directoire Simon Dreschel, a dévoilé son nouveau slogan : « Ensemble, faisons bouger les lignes ».
Arrivée de Wizz Air
L’année dernière, l’infrastructure aéroportuaire a accueilli 5,9 millions de passagers (contre 6,6 millions en 2024, selon les chiffres communiqués sur leur site). Une baisse qui s’explique par le départ de Ryanair qui a fermé sa base bordelaise et supprimé ses lignes en novembre 2024. Toutefois, la reconstruction de la connectivité est en cours avec 80 % des lignes reprises par d’autres opérateurs. 38 nouvelles lignes ont été créées, dont 25 en remplacement des anciennes Ryanair. On remarque une diversification des compagnies et une augmentation de l’offre avec notamment l’arrivée de Wizz Air, « une compagnie hongroise qui possède une très belle flotte et utilise des biocarburants », a estimé Simon Dreschel.
Volotea, de son côté, a basé à Bordeaux un avion supplémentaire et propose + 50 % de sièges. Transavia (groupe Air France/KLM) développe son programme et la plupart des autres compagnies montent en puissance, fait valoir l’aéroport. Le taux de remplissage des avions est actuellement de 83 % (+ 1%).
88 destinations
En 2026, Bordeaux aéroport proposera 88 destinations (contre 98 l’an en 2024), dont 5 nouvelles lignes en période estivale : Londres (Wizz Air), Nice (Air France), Palerme et Cagliari (Easy Jet) ainsi que Copenhague, desservi par Scandinavian Airlines. Cette compagnie, membre du réseau Skyteam, arrive en mai à Bordeaux.
Elle permettra également aux Bordelais, via Copenhague, un accès facilité à un important hub européen. De nouvelles destinations sont également proposées telles que Fort-de-France, Valence, Prague, Budapest, Bucarest et Hurghada.

Simon Dreschel, président du directoire et Jean Chadoutaud, directeur des opérations techniques de l’aéroport, ont dressé le bilan de l’année 2025. © Nathalie Vallez
Le défi de l’accueil
L’autre défi de l’aéroport en 2025 a été d’améliorer son accueil. Ainsi sa note ASQ (Airport Service Quality) est passée de 3,58/5 en 2022 à 3,72/5 et les avis Google de 2,5/5 en 2021 à 3,1/5 en 2025. « C’est un travail de longue haleine », a commenté Simon Dreschel.
L’accueil a ainsi été remodelé avec le doublement des écrans d’information, la mise en place d’une zone de gaming, la modernisation des salles d’embarquement, un accès simplifié au wifi, la réorganisation des enregistrements, la rénovation d’une partie des sanitaires. Actuellement, ce sont les ascenseurs et les escalators qui sont en travaux pour un budget de 2 millions d’euros.
65 millions d’euros
2026 s’inscrit comme l’année de début des travaux permettant de connecter les halls A et B. Ces travaux représentent 65 millions d’euros d’investissement pour cette année, sur une enveloppe globale de 140 millions d’euros répartis sur les 4 années que durera le chantier.
Ils commenceront en août par la démolition de bâtiments anciens et énergivores. Le bâtiment de connexion entre les deux halls, d’une surface de 3 000 m2, sera dédié à l’embarquement et permettra un passage unique plus rapide et fluide.

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Baisse de 19 % de la consommation énergétique
Dernier axe de ce programme : la décarbonation des activités de l’aéroport. « Nous voulons passer d’un aéroport qui consomme à un aéroport qui produit », a insisté Simon Dreschel. Cela passe par une réduction de 19% des besoins énergétiques grâce à la modernisation des équipements, le développement de l’autoconsommation photovoltaïque ou le pilotage des installations.
Ainsi le parking P4 sera équipé de 65 000 m2 de panneaux photovoltaïques, suivi du P2 sur 12 500 m2. Enfin, l’aéroport met à disposition des compagnies des carburants d’aviation durable (sustainable aviation fuel ou SAF) qui représentent 2 % du carburant mais pour un coût encore très élevé (trois fois plus cher que le carburant normal).
En chiffres
88 destinations
26 compagnies
95 millions d’euros de CA en 2024
83 % de taux de remplissage des avions
5,9 millions de passagers en 2025
Objectif 6,2 millions pour 2026
65 millions d’euros d’investissement pour les travaux en 2026