Le directeur de Bordeaux Technowest, François Baffou, le rappelle à l’envie. Dans le monde des technopoles, celle qu’il dirige a la particularité de ne pas se limiter à l’incubation et la pépinière. « Notre ADN, c’est d’aller du projet jusqu’à l’implantation finale et au développement. » Pour cela, une association est à la manoeuvre. Mais Bordeaux Technowest, c’est aussi un fonds d’amorçage (Technostart), un centre d’essais pour drones (Cesa Drones) et une société publique locale (SPL) qui porte le bâtiment Cockpit et son centre d’affaires. « En 2025, Bordeaux Technowest maintient le cap avec un bilan solide », se réjouit Andrea Kiss, présidente de la technopole et maire du Haillan sans passer sous silence un contexte financier compliqué pour les collectivités. La région a réduit sa dotation de 15%. De son côté, la métropole bordelaise « essaie de tenir, mais l’exercice est de plus en plus tendu, » reconnait Andrea Kiss. « Dans ce contexte, nous devons faire évoluer le modèle économique », embraye François Baffou qui s’y attelle d’ores et déjà.
Optimisation en interne et partenaires industriels
En interne, Bordeaux Technowest a digitalisé et intégré l’intelligence artificielle pour fluidifier les process et faire des économies. Les sites ont été optimisés. La Source, « très bien situé mais très cher pour des entreprises qui venaient finalement peu » a ainsi été fermé quand celui de La Place à Bordeaux a été renforcé. « Bordeaux Métropole Energies (BME), partenaire sur ce site, nous a aidé à réaliser des investissements », précise François Baffou qui défend la création de tels partenariats et les généralise. Domofrance est partenaire du site Copernic à Saint-Médard-en-Jalles quand Innogaronne à Bassens est développé en lien avec EDF. De son côté, Bordeaux Technoports a été conjointement créé par le Grand Port Maritime de Bordeaux et la technopole. « C’est un modèle parfait », reconnait François Baffou, « avec Bordeaux Technowest qui intervient pour l’accompagnement et un industriel qui met du foncier à la disposition des startups. » « Une fois le produit qualifié, nous trouvons les premiers clients au sein de l’écosystème quand ce n’est pas le port lui-même », ajoute Michel Le Van Khiem, directeur du développement et de l’innovation pour le Grand Port Maritime de Bordeaux.
Aujourd’hui, la stratégie pour Bordeaux Technowest consiste à conforter les dix sites existants. Mais « si de nouveaux sites venaient à être créés, il ne s’agirait plus de trouver un site puis un thème mais plutôt de trouver un thème avec un industriel et de créer un incubateur », prévient-il. Bordeaux Technowest entend aussi élargir le pool de partenaires industriels pour son programme d’open innovation Jonction qui a permis de générer près de 4,8 millions d’euros de chiffres d’affaires entre startups et partenaires depuis 2018. La technopole qui a mobilisé 39 partenaires industriels en 2025 vise les 45 cette année.
Le levier des filiales et de l’événementiel
Mais au-delà de Jonction, Bordeaux Technowest entend plus largement renforcer ses filiales et programmes. Et de citer notamment Cesa Drones dont le chiffre d’affaires en 2025 a été multiplié par huit par rapport à 2024. « Ces outils sont en place et nous avons les moyens de faire plus sans dépenser plus. »
Enfin, l’événementiel « qui n’est pas un coût mais une recette » constitue également un levier pour Bordeaux Technowest qui organise notamment l’UAV Show. « La société Beam porte le salon et nous sommes financés sur la commercialisation », explique François Baffou. La technopole, qui emploie 25 personnes, dispose d’un budget de 3 millions d’euros. « En intégrant l’activité des filiales, l’écosystème global pèse en réalité près de 6 millions d’euros », précise François Baffou.
Bordeaux Technowest en 2025
92 startups accompagnées
410 emplois dans les structures suivies, dont 150 CDI créés
62 M€ levés par les startups (equity & non-dilutif)