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[ La relève ] Gimmic Design : « Du mobilier consigné pour les entreprises »

BORDEAUX : Bastien Carretier a lancé, avec son associée Nathalie Giraud, Gimmic Design. Le concept : de l’ameublement durable, réparable et consigné. Les deux Bordelais viennent de décrocher une subvention de Géris, filiale du groupe Thales.

Nathalie Giraud, Bastien Carretier, Gimmic Design

Nathalie Giraud et Bastien Carretier, fondateur de Gimmic Design © D. R.

Échos Judiciaires Girondins : Que propose votre entreprise ?

Bastien Carretier : Nous proposons du mobilier écoresponsable à destination des entreprises. Il est consigné et fabriqué à partir de matériaux durables, recyclés, ou issus du réemploi. On rencontre nos clients, on réalise un audit, puis on établit les besoins avec une présentation 3D de l’aménagement sur-mesure. On peut se déplacer sur les lieux ou directement dessiner des parcs mobiliers puis sourcer la matière. On s’appuie sur des entreprises locales telles que des métalliers, des tapissiers, pour co-construire ces pièces. On propose ensuite de consigner ce mobilier. C’est-à-dire que, dans une dizaine d’années, on va récupérer ces créations pour les réintroduire dans la chaîne de production et les reconditionner. Ce qui est intéressant, c’est qu’on est en train de créer une réelle synergie autour du sourcing des matières premières. Au lieu de demander aux artisans de payer pour se débarrasser d’un déchet, on leur propose de recréer de la richesse. Le but c’est de faire des partenariats avec eux pour récupérer des chutes récurrentes, dues à leurs découpes, pour les intégrer dans nos designs. On va s’appuyer sur des gens qui savent déjà faire ce qu’on recherche pour valoriser le territoire.

 

EJG : Racontez-nous votre histoire entrepreneuriale ?

B.C. : J’ai un parcours différent de celui de mon associée, Nathalie Giraud, qui est architecte DPLG. Au départ, j’étais acteur du social. J’ai glissé dans la scénographie et le design, ce qui m’a amené à travailler dans les constructions de décors pour le cinéma, la publicité et les concerts. C’est là que nous nous sommes rencontrés, et on s’est rendu compte qu’après nos tournages, tous les décors finissaient à la poubelle. C’est de là qu’est parti le projet. Au début on était déboussolé, on ne savait pas comment se faire accompagner. On a travaillé notre business plan, puis une banque nous a accordé un crédit. C’est là que Réseau Entreprendre nous a suivis. Nathalie a suivi le programme « femme entrepreneuse » proposé par l’incubateur La Ruche. Ensuite, le Département de Gironde a commencé à nous suivre, puis la Région Nouvelle-Aquitaine avec la subvention AMPLI. France Active nous a aussi donné une bourse pour les jeunes entrepreneurs. L’entreprise, créée en février 2022, a désormais un peu plus d’un an et le crédit coopératif nous accompagne depuis le mois de juin.

© D. R.

EJG : À quelle étape de son développement votre entreprise en est-elle ?

B.C. : Nous venons de boucler notre premier bilan et nous avons réussi à être rentables dès la première année. Cela nous a demandé beaucoup de travail, mais maintenant nous avons les fonds nécessaires pour continuer à développer le projet. Nous préférons tout de même ne pas communiquer sur notre chiffre d’affaires, cela donne de mauvais indicateurs si l’on ne connaît pas les repères de l’entreprise. Nous sommes en train de structurer notre projet dans le but d’améliorer notre consortium d’entreprises. Nous souhaitons que les matériaux puissent venir à nous et fédérer les PDG des grands groupes. Nous sommes également en recherche de fonds. Nous venons de bénéficier de la subvention de Géris, une filiale du groupe Thalès qui est chargée de la gestion du fonds de revitalisation économique de Ford (mis en place suite à la fermeture de son site de Blanquefort, N.D.L.R.). Nous sommes également accompagnés par le Crédit Mutuel. Pour finir, nous attendons la réponse de Michelin Développement. Désormais, l’entreprise compte 5 salariés, et nous continuons de faire travailler des menuisiers sous-traitants que nous connaissons. Aussi, nous envisageons de s’étendre avec du verre, de l’aluminium ou du carbone de réemploi.

 

EJG : Comment envisagez-vous les trois prochaines années ?

B.C. : On ambitionne de créer un pôle régional avec toutes les entreprises. Lorsque les partenariats seront instaurés, les banques de design assez fournies, on verra s’il est possible d’exporter ce concept dans une autre région. On ne souhaite pas être vu comme un concurrent, mais comme un accompagnateur qui va donner l’opportunité aux autres entreprises de travailler différemment. Si on arrive à développer ce système de fabrication et de retour consigne, ce sera une belle avancée.

 

Fiche d’identité :

Nom du fondateur : Bastien Carretier (avec Nathalie Giraud)

Âge : 30 ans

Nom de l’entreprise : Gimmic Design

Date de création de l’entreprise : février 2022

Objectif : Ameublement durable, réparable et consigné

Votre plus grand obstacle VS votre plus grande réussite

B.C. : Mon plus grand obstacle aura été de maîtriser tous les jargons de l’entrepreneuriat, du commerce et du business. Je ne viens pas de ce milieu, et j’ai dû apprendre à maîtriser les termes très techniques. Mon plus grand plaisir, quant à lui, c’est le caractère collectif que prend le projet. Les rencontres que je fais, l’intérêt autour de Gimmic Design, sont des points très positifs.