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Gironde : Entreprises, « osez l’IA »

Imaginé par l'ancienne ministre Clara Chappaz pour mailler le territoire avec des ambassadeurs, afin d’accélérer la diffusion de l’intelligence artificielle dans les entreprises et de favoriser les remontées du terrain, le plan national « Osez l’IA » s’active à Bordeaux sous l’impulsion de Raphaël Vuillier, directeur général de Stack Easy.

Raphaël Vuillier, « Osez l’IA »

Raphaël Vuillier, ambassadeur « Osez l’IA » à Bordeaux © D. R.

C’est avec l’idée d’accélérer la diffusion de l’intelligence artificielle (IA) dans les entreprises et pour récolter les remontées du terrain à l’échelle des territoires, que Clara Chappaz, alors ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique, avait lancé le plan national « Osez l’IA », en juillet 2025. Rapidement repris par la Direction générale des entreprises (DGE) et ses partenaires – le gouvernement Bayrou, dont faisait partie l’ancienne présidente de la French Tech, n’ayant duré que 9 mois –, le programme compte aujourd’hui 300 ambassadeurs dans les territoires, dont les deux tiers issus du privé.

« Nous avons été 200 bénévoles sélectionnés sur 10 000 dossiers », se félicite Raphaël Vuillier, ambassadeur « Osez l’IA » à Bordeaux. Il est également directeur général associé de Stack Easy, filiale IA du groupe bordelais TurnK, spécialiste de l’intégration et de l’automatisation d’outils-métier.

Événements

« Nous ne disposons pas de moyens particuliers, mais nous avons carte blanche pour utiliser l’étendard « Osez l’IA », afin d’approcher les entreprises pour les éduquer à l’IA ; leur faire des démonstrations pour passer de la théorie à la pratique à travers des cas d’usage ; et les accompagner dans leurs premières démarches », explique Raphaël Vuillier.

À Bordeaux, avec ses partenaires Bpifrance, la CCI Bordeaux Gironde, Bordeaux Métropole ou le Medef, il a déjà organisé des Cafés Clubs IA et l’IA Live Festival, fin février, qui ont réuni près de 140 personnes à chaque fois. « Cela montre qu’il y a une vraie demande autour de l’IA localement », estime-t-il, émanant de tous les profils : étudiants, curieux, free-lances, enseignants ou salariés d’entreprises de toutes tailles et secteurs. Son objectif : organiser trois ou quatre événements mensuels à Bordeaux.

Plateforme

Car selon lui, l’accompagnement est essentiel pour adopter ces outils. « Souvent, les entreprises viennent nous voir avec un cas d’usage qui ne nécessite pas d’IA, simplement une solution digitale. Dans ce cas, l’IA est un catalyseur de la transformation numérique », remarque Raphaël Vuillier. D’autre part, l’IA ayant un coût énergétique et économique important, il faut l’utiliser de façon raisonnée. « Pour toutes ces raisons, il nous semble nécessaire d’acculturer, de former et de présenter les outils disponibles aux entreprises intéressées », estime-t-il.

« Il faut passer du stade de la R&D à des solutions générant un retour sur investissement »

Le Bordelais a ainsi développé une plateforme nationale « Osez l’IA » qui sera bientôt mise en ligne, avec des contenus, démonstrations et cas d’usage, formations, conseils, un forum… « Une interface ludique pour que les entreprises puissent trouver leurs ambassadeurs locaux et leurs interlocuteurs techniques », résume-t-il.

Retour sur investissement

Raphaël Vuillier a également créé le collectif IA Territoire, réunissant des entreprises bordelaises avec une expertise complémentaire à la sienne, notamment en formation ou en droit.

Si les objectifs du plan national sont que 100 % des grands groupes, 80 % des PME et ETI et 50 % des TPE utilisent l’IA d’ici à 2030, Raphaël Vuillier constate qu’en 2026, « l’IA est vraiment entrée dans les entreprises. Désormais, il faut les aider à passer du stade de la R&D à la mise en place de solutions générant un retour sur investissement (ROI) », analyse-t-il.

Cas d’usages

Chez Stack Easy, il propose ainsi des audits, puis le conseil et le développement de produits à base d’IA. « Nous inventorions des cas pratiques et mesurons le coût de leur déploiement face au ROI potentiel », détaille-t-il. Parmi ces cas d’usages, le développement d’ERP (progiciels de gestion) sur mesure et évolutifs pour les ETI permettant d’exploiter leurs données. Ou encore des solutions métiers pour les free-lances, les TPE du BTP et les agents immobiliers pour automatiser des tâches répétitives.

Créée en 2024 après une levée de fonds de 2 millions d’euros réalisée par TurnK, Stack Easy emploie aujourd’hui 10 personnes à Bordeaux et multiplie son chiffre d’affaires par deux chaque année, avec un prévisionnel d’un million d’euros en 2026. La preuve que l’IA se diffuse bel et bien dans les entreprises.

© D. R.