Un léger ralentissement du tourisme en Gironde. C’est ce qu’ont remarqué les professionnels du secteur venus présenter les chiffres de l’année 2025. Après une forte croissance touristique post-covid, l’activité girondine est légèrement en berne : 6,96 millions de nuitées marchandes, soit une baisse de 1,8 % par rapport à l’année 2024. En cause ? les épisodes de canicule de l’été 2025, les difficultés économiques et le départ de la compagnie Ryanair de l’aéroport de Bordeaux selon les intervenants.
Le retour des Nord-Américains
La fréquentation des visiteurs français, qui représentent 70 % des touristes, est en léger recul de 4 %. Mais la fréquentation internationale reste stable, avec une évolution des clientèles européennes et une progression des visiteurs américains (+ 20%) et canadiens. Les Espagnols restent les premiers touristes en Gironde, suivis désormais des Américains à la place des Anglais, maintenant en 3e place. Viennent ensuite les Allemands, les Hollandais et les Belges. Dans un contexte économique et politique toujours incertain, on constate une baisse des dépenses : – 8,5 % sur les lieux culturels et – 3 % sur l’activité œnotouristique.
3164 événements
Côté tourisme d’affaires, là aussi on constate une légère baisse avec 3 164 événements accueillis représentant 630 000 journées congrès (- 8 %) et des retombées économiques estimées à 242 millions d’euros. « Cette baisse intervient après une année 2024 vraiment exceptionnelle, a tempéré Amélie Déchénais, directrice de Bordeaux Convention Bureau. L’activité est toujours très soutenue en 2025 avec l’accueil d’un événement comme le forum mondial de l’économie sociale et solidaire en octobre dernier. » Mars, octobre et novembre sont les mois de plus grande affluence a également précisé la directrice.
+ 25 % de journées congrès
Le tourisme d’affaires a connu dix années de croissance de 2015 à 2025 grâce notamment à l’arrivée de la LGV en 2017, au développement de l’aéroport, du parc hôtelier (cf. encadré) et des 35 sites dédiés au tourisme d’affaires (centres de congrès, lieux événementiels, hôtels…) avec de nouveaux équipements majeurs tels que le Stade Atlantique Bordeaux Métropole, l’Arkéa Arena et le Palais 2 l’Atlantique. Le nombre d’événements est passé de 1 230 en 2015 à 2 880 en 2018, puis après une baisse due au Covid, à 3 164 en 2025. Le nombre de journées congrès (nombre de jours multiplié par le nombre de participants) est ainsi passé de 506 000 en 2015 à 630 000 en 2025, soit une augmentation de 25 %.
Hôtellerie : le haut de gamme en vogue
De 11 000 à 14 000 : c’est l’augmentation du nombre de chambres du parc hôtelier en Gironde en 10 ans. Le nombre d’hôtels a ainsi augmenté sur cette décennie, mais reste globalement circonscrit à la métropole bordelaise et au littoral. Selon les chiffres de la CCI et de l’office de tourisme de Bordeaux, la Gironde compte 320 hôtels, dont 185 hôtels et résidences hôtelières dans Bordeaux Métropole. Le nombre d’ouvertures s’est légèrement tari en 2025 avec deux nouveaux hôtels (Hôtel 56, quai de Paludate et Hôtel Ibis Carbon Blanc) et deux résidences (Quality Aparthotel Saint-Jean et Adagio Access Pessac). Le dernier baromètre délivré par le groupe d’expertise-comptable In Extenso révèle que le taux d’occupation de 63,3 % est légèrement en retrait de 1,6 points. Il en ressort également que le haut de gamme/luxe a progressé alors que le milieu de gamme est à l’étal et que la clientèle des hébergements économiques est moins nombreuse. Sur les 320 hôtels girondins, les 4 et 5 étoiles représentent 69 établissements. « Sur l’ensemble des secteurs, le haut de gamme s’en sort mieux, remarque Laurent Putz, directeur adjoint Data Études à la CCI Bordeaux Gironde, parce que cette catégorie a conservé son pouvoir d’achat, et aussi en raison de l’apport de la clientèle internationale, en particulier américaine, qui fréquente ce type d’établissements. »