Le préfet de Gironde et Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, les représentants du port de Bordeaux Renaud Picard (directeur général et président du directoire) et Alexandre Rubio (président du conseil de surveillance) et des collectivités locales (Ville, Métropole, Département, Région) ont présenté la feuille de route prospective à l’horizon 2050 du Grand port maritime de Bordeaux (GPMB). Celle-ci a été présentée par les trois rapporteurs : Catherine Rivoallon-Pustoc’h (inspectrice générale IGEDD-Inspection générale de l’environnement et du développement durable), Jean-Marc Lacave (consultant) et Simon Dumoulin de Labarthete (DG de l’a-urba). Le rapport regroupe 31 recommandations réparties sur 8 thématiques : gouvernance, communication, filières, environnement, aménagement, interportuaire, multimodalité et financière.
Task force
Dès la première recommandation concernant la gouvernance, les rapporteurs ont préconisé la création d’une « task force » (groupe de travail, NDLR.), regroupant le préfet de Région, les présidents de la Région, du Département, de Bordeaux Métropole, du maire de Bordeaux, et des présidents du conseil de surveillance et du directoire du GPMB pour coordonner la stratégie portuaire et économique. « La création d’une task force portuaire entraîne de nombreuses autres recommandations. (…) Des échanges stratégiques à échéance régulière entre le port et son écosystème institutionnel permettront de mieux faire connaître le port, anticiper, se projeter collectivement et de mieux faire ensemble », ont signifié les rapporteurs.
Une volonté de coopération reprise par l’ensemble des intervenants. Parmi les préconisations de gouvernance, il a été proposé qu’un élu de collectivité devienne président du conseil de surveillance du GPMB.
Neutralité carbone
Dans la thématique communication, il a été préconisé de construire des actions de communication institutionnelle conjointes pour assurer une communication claire et cohérente. La commission a relevé que certaines filières devaient être soutenues. Dans cette thématique, il a été recommandé d’accélérer la transition énergétique vers la décarbonation, avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, de renforcer l’économie circulaire et de maintenir le transit des conteneurs, en particulier sur la filière « vins et spiritueux ».
Maintenir le transit des conteneurs, en particulier sur la filière « vins et spiritueux »
Il est également proposé de soutenir les filières de construction navale et vélique, de développer la filière croisières et coconstruire des solutions en présence des différents acteurs concernés : collectivités, acteurs du tourisme, armateurs, aéroport, autocaristes, etc.

© S. Barthélémy
Partenariat avec les autres ports atlantiques
Sur la partie environnementale, après une analyse de l’impact du port de Bordeaux sur l’environnement, la commission a recommandé d’anticiper les impacts du changement climatique, de mesurer et communiquer sur la qualité de l’eau et de cartographier les lieux de compensation écologiques de Bordeaux jusqu’au Verdon. Enfin, elle propose de viser la labellisation « Green Marine Europe » pour valoriser les progrès environnementaux du port. Concernant l’aménagement, trois recommandations visent à préserver les espaces stratégiques, élaborer un schéma stratégique urbano-portuaire à l’échelle de la métropole et intégrer le port dans les politiques publiques territoriales.
Dans la partie interportuaire, il est proposé de consolider le partenariat Aquitania Ports link avec les autres ports de la façade atlantique et également avec d’autres ports internationaux. La commission propose de cartographier les flux et coûts de revient de manière à développer le transport fluvial tout en communiquant sur les outils de décarbonation. Enfin, la dernière recommandation vise à identifier et partager les besoins d’investissement à 2050, publics et privés.
Valeur ajoutée
« Nous allons pouvoir écrire un vrai projet de territoire », a noté Alexandre Rubio. L’objectif est maintenant de s’approprier ces propositions, les hiérarchiser et les mettre en œuvre. « Le port est une source de valeur ajoutée, a quant à lui relevé Renaud Picard, il y a nécessité de faire bloc car c’est un atout économique mais aussi environnemental. »