Couverture du journal du 27/01/2023 Le magazine de la semaine

Ikos démocratise le réemploi Solidaire

L’association Ikos a pour projet de créer un Village du réemploi à Bordeaux Nord, accompagné d’une galerie marchande de produits 100 % seconde main. Les membres espèrent un début des travaux en 2023, s’ils trouvent les financements nécessaires. La directrice, Marion Besse, fait le point sur l’avancée du projet.

Ikos Bordeaux

Ikos © Marie-Amélie Husson

Un Village du réemploi 100 % seconde main ? C’est l ’ambition de l’association Ikos Bordeaux. Le principe : regrouper en un même lieu tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire, au travers d’un lieu emblématique du réemploi solidaire où on retrouvera des activités de collecte, de tri, de transformation, de réparation ou encore des activités de ventes via une galerie marchande. Créée en 2018 et dirigée par Marion Besse, l’association est un projet de coopération entre plusieurs acteurs qui regroupe à ce jour 9 adhérents : Le Relais, Atelier d’éco solidaire, Le Livre Vert, Compagnons Bâtisseurs, R3 Réseau du Réemploi, Envie Gironde, Recyclerie Sportive, Échange Nord Sud, et Replay. L’idée d’un village du réemploi fait suite à trois constats : le manque de place pour chacun de ces acteurs, la logistique, et la question de la galerie marchande. « L’idée, c’est de prendre certains codes de la grande distribution qui font que cela facilite l’accès pour les personnes, sans les mauvais codes qui incitent à la surconsommation, c’est un équilibre : rassembler l’offre au même endroit, apporter du soin à la façon dont on met en avant les produits », développe Marion Besse.

15 000 M2 DE BÂTIMENTS

« C’est une structure de mutualisation où on a délégué à une personne le fait d’aller faire ce travail de développement de projet » : la directrice d’Ikos explique que le rôle de l’association a été dans un premier temps de mobiliser les partenaires, chercher des financements ou encore de construire le projet collectivement. « Un terrain qui appartient à Bordeaux Métropole et qui se situe à Bordeaux-Lac nous sera mis à disposition dans le cadre d’un bail emphytéotique » : le village, ce sera donc 15 000 m2 de bâtiments à construire. Ainsi, la boutique Ikos sera une boutique collective qui donnera une vue sur tous les acteurs qui seront dans le magasin. « Aujourd’hui Ikos, tous membres confondus, ce sont 220 emplois. Avec le projet de Village, c’est une création de 100 emplois nets supplémentaires », annonce Marion Besse.

À LA RECHERCHE DE FINANCEMENTS PRIVÉS

Pour financer la création de ce village, l’association bénéficiera d’abord de subventions : de la part de la Ville, de la Métropole, de la Région, de l’État ou encore de l’Europe. Ensuite des fonds privés : des investisseurs privés, tel que la Caisse des Dépôts, suivis d’emprunts bancaires. « Évidemment, on ne va pas intéresser les acteurs qui demandent des rendements importants. Les investisseurs qui vont monter dans le bateau, ce sont des personnes qui croient au projet social et environnemental » : la directrice cherche à développer des activités économiques mais dans la solidarité. Ainsi, si les financements nécessaires sont réunis, Marion Besse et les membres de l’association espèrent un début des travaux au cours de l’année 2023.

Avec le projet de village c’est une création de 100 emplois nets supplémentaires

Dès l ’ouverture du village, les membres souhaiteraient prévoir des parcours de visiteurs prévus en amont. « Il n’y a rien de mieux que de faire visiter un centre de tri du relais à quelqu’un pour lui faire prendre conscience de l’impact de la consommation de vêtements. La sensibilisation, c’est compliqué, c’est lorsqu’on voit les choses que nous sommes marquées », argumente la directrice. Ainsi, le nouvel axe 2023 pour Ikos est de développer la partie sensibilité : « Être présent sur différents événements pour se faire connaître, expliquer ce qu’est le réemploi, développer des partenariats avec des acteurs locaux, sensibiliser des salariés d’une entreprise, voire tester un gros événement où nous serions tous ensemble avec une grande visibilité », envisage Marion Besse.

UNE PREMIÈRE BOUTIQUE PROMENADE SAINTE-CATHERINE

Dans l’attente de la création du Village ainsi que dans le but de tester le concept, l’association a ouvert, depuis mai 2022, une boutique de 500 m2, située Promenade Sainte-Catherine.

Grâce à un bail précaire, la boutique fonctionne pour Ikos. Ainsi, tous les membres du concept évoluent dans le magasin : les vêtements sont traités par les salariés du Relais, les livres par ceux du Livre Vert, etc. « Ce qui revient souvent, c’est qu’il y a tout au même endroit et que c’est pratique », explique Marion Besse.

Actuellement en pleine discussion avec le bailleur, elle espère pouvoir continuer l’aventure. Avec l’ouverture du magasin, Ikos a pu générer dix emplois, dont la moitié en insertion.