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[ Europe ] Le Brexit aura un impact « négatif »

Le 24 décembre 2020, le Royaume-Uni et l'Union Européenne se sont enfin accordés sur les modalités du Brexit. Si les droits de douane ont été évités, les formalités concernant les échanges commerciaux sont alourdies. Et Bercy attend un impact négatif, quoique limité, de cet accord, sur l'économie française.

brexit économie française

Photo de Artem Beliaikin provenant de Pexels

C’est à l’été 2016, que le Royaume-Uni provoquait un véritable séisme en Europe, en votant oui au « Brexit ». Quatre ans et demi plus tard, le 24 décembre 2020, un accord sur ses modalités a enfin été trouvé entre le pays et l’Union Européenne. Parmi les enjeux majeurs, celui des échanges commerciaux. Le sujet concerne la France, et au premier chef les Hauts-de-France : en 2019, plus de 5 millions de camions ont traversé la Manche depuis ou vers l’Hexagone. Plus de 80 % des flux entre l’Europe continentale et le Royaume-Uni passent par la France. L’accord juste trouvé ne rétablit pas de droits de douanes. Toutefois, il prévoit le retour des formalités douanières. Concrètement, ces dernières seront gérées dans le cadre d’un dispositif informatique dit de « frontière intelligente ». En pratique, si l’exportateur a anticipé les formalités, le contrôle se réalise durant la traversée. Lorsque le camion prend son ticket pour embarquer dans un ferry ou dans une navette Eurotunnel, le code-barres généré au moment où il remplit sa déclaration est analysé par le système d’information des Douanes. Celles-ci réalisent donc les contrôles pendant que le camion voyage, et à son arrivée, un panneau d’affichage indique au chauffeur s’il doit prendre la file « verte », qui lui permet de partir et de poursuivre son voyage, ou « orange ». Dans ce cas, il doit effectuer de nouveaux contrôles : le camion est dirigé vers un bâtiment abritant la Douane et les services du ministère de l’Agriculture, pour les contrôles sanitaires, explique un représentant des douanes, lors d’un brief presse de Bercy, le 17 décembre 2020. Au total, les Douanes françaises ont embauché 700 personnes, dont 270 dans les Hauts-de-France. Bref, côté français, tout est prêt, affirme Bercy ce jour là, pour qui, de l’autre coté de la Manche, « ils progressent bien, mais incontestablement, ils sont partis un peu plus tard ».

Brexit : LES PME FRANÇAISES SONT-ELLES PRÊTES ?

Si les administrations sont prêtes, ce n’est pas nécessairement le cas des quelque 150 000 entreprises françaises qui commercent avec le Royaume-Uni.

« Les situations sont très différentes selon les secteurs. Dans l’ensemble, la préparation a démarré pour tous les grands groupes exposés, comme ceux qui ont des chaînes de valeur très intégrées, comme l’automobile, ou la chimie, où les contraintes réglementaires sont fortes », estime Bercy. C’est plus complexe pour les PME qui ne sont pas nécessairement rompues aux formalités douanières. Par exemple, « nous sommes inquiets pour les TPE-PME qui ne donnent pas signe de vie sur le sujet (…). Nous avons 500 appels par jour de leur part concernant la crise sanitaire, mais pratiquement aucune question sur le Brexit », alertait Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France, dans le quotidien économique Les Échos du 17 décembre 2020. Une étude de la CCI remontant à un an montrait que plus de la moitié des entreprises qui exportent ne s’étaient pas encore approprié le problème. Et sur les 300 000 entreprises de la région, près de 8 000 commercent avec le Royaume-Uni.

Nous sommes inquiets pour les TPE-PME

Mais elles ne sont pas les seules à risquer de souffrir du Brexit : les exportations de la France vers le Royaume-Uni pèsent 7 % de l’export, soit 33 milliards d’euros. « L’impact (du Brexit) sera négatif », reconnaît Bercy, qui prévoit toutefois une perte du PIB « limitée », et « concentrée sur quelques secteurs ». Parmi ces derniers, celui de l’agroalimentaire, et celui de la pêche (bretonne) inquiétaient particulièrement. Un compromis a été trouvé dans ce domaine : les Européens devront rendre des quotas de pêche dans les eaux britanniques (25 %), mais de manière progressive, jusqu’à l’été 2026.

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