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Maison Beryola transforme le chanvre en caviar

BORDEAUX - La start-up ambitionne de révolutionner le marché du CBD avec une technologie innovante : l’encapsulation. Maison Beryola cible la restauration et les épiceries fines pour faire connaître son caviar de chanvre.

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Maison Beryola © Lisa Souaké

Et s’il était possible d’allier CBD et gastronomie ? C’est le credo de Maison Beryola, entreprise basée à Bordeaux, qui propose du caviar issu de la fleur de chanvre : « en France, compte tenu de la réglementation, on traite uniquement la molécule de CBD (cannabidiol, N.D.L.R.)», révèle Jeanne Bibette, cofondatrice de la marque. « On utilise les méthodes de la cuisine moléculaire, en intégrant une nouvelle technologie qui est l’encapsulation », continue la Bordelaise. Résultat : une bille fabriquée à base d’huile de CBD, avec la membrane la plus fine possible, qui va éclater en bouche dans le but d’offrir une expérience gustative unique. La finesse de la perle permet de préserver les effets du cannabidiol et les saveurs du chanvre, pour une dégustation à la cuillère, en topping, ou bien en cocktail.

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Jeanne Bibette, Maison Beryola © MA Husson

FABRICATION FRANÇAISE

Son innovation, la bordelaise l’a développée avec son père, Jérôme Bibette. Propriétaire de terres dans les Hautes Landes, l’envie de cultiver la fleur de chanvre naît rapidement au sein de la famille. « Mon père était un scientifique physicien chimiste, il avait déjà travaillé dans la cuisine moléculaire avec ce genre de technologie, on a voulu pousser le concept », révèle la trentenaire. Ils fondent ainsi, il y a deux ans, la société avec d’autres actionnaires, notamment Nicolas Bremond, et David Weitz. « L’encapsulation existe déjà, mais on est les seuls à le faire avec le CBD en France. Et on a un savoir-faire qui nous permet de créer les billes de la taille, avec le coefficient de flottaison, et de la couleur que l’on souhaite », déclare la cofondatrice. Et tout le processus de fabrication est localisé en France. La plante est cultivée en agroécologie dans les Landes. Maison Beryola s’occupe ensuite de la faire sécher, avant de l’emmener dans leur laboratoire d’extraction, qui se trouve à cinq minutes de la ferme. « L’extraction c’est la meilleure technique pour capturer les saveurs. C’est à ce moment-là que l’on crée l’huile. Elle est ensuite envoyée chez notre partenaire qui réalise les perles », développe Jeanne Bibette.

LE MARCHÉ DE L’ALIMENTATION

Après deux ans de recherche et développement (R&D), la start-up est aujourd’hui en plein lancement de son produit. Elle se donne trois mois pour observer les réactions du marché et réorienter la marque en fonction des retours. Maison Beryola cible pour le moment trois marchés. D’abord celui de l’alimentation, avec le caviar de chanvre. « On veut d’abord le distribuer dans des restaurants bistronomiques, des étoilés, dont les chefs pourront communiquer dessus », argumente Jeanne Bibette. Christian Têtedoie, chef d’un restaurant étoilé à Lyon, propose, par exemple, trois recettes associées au caviar de la marque Beryola pour les fêtes de fin d’année. Cela permettrait à l’entreprise de s’atteler à la distribution en épiceries fines, dès le mois de janvier, puis petit à petit en supermarchés. « Ensuite, on a un axe plutôt boisson, dans lequel on recherche des partenaires pour intégrer des micro-perles dans des cocktails déjà existants ou pour développer de nouvelles boissons », révèle-t-elle. La troisième piste explorerait plutôt le marché de la santé nutritionnelle. Anxiété, sommeil, récupération musculaire : l’entrepreneuse souhaiterait créer des produits (notamment des sticks à manger ou des patchs) destinés aux parapharmacies.

© Lisa Souaké

OBJECTIF RENTABILITÉ

« Pour le moment ce sont les actionnaires qui financent le projet », annonce la jeune dirigeante. La start-up, qui a démarré avec 200 000 euros de capital, envisage de trouver des financements externes d’ici un an. L’ambition de l’entreprise qui emploie quatre personnes : avoir atteint la rentabilité d’ici la fin de l’année. « Notre objectif est de sortir notre produit en marque blanche, pour faire un peu de cash tout en essayant de trouver des codéveloppements de produits », ajoute-t-elle.

On veut d’abord distribuer notre caviar de chanvre dans des restaurants bistronomiques, des étoilés

« On sait qu’il faut une sorte d’éducation au consommateur final, la génération de demain est intéressée par ce produit. On est un peu en avance vis-à-vis des mentalités, mais ça va le faire », confie Jeanne Bibette.