Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

youWan, Femmes je vous aide !

Créée par l’emblématique communicante Marie-Laure Hubert-Nasser et l’expert de l’IT Jérémy Sanglier, youWan est une plateforme qui aide les femmes à concrétiser leurs ambitions de carrière en entreprise et à concilier vies professionnelle et personnelle. Lancée en décembre dernier, cette start-up unique repose notamment sur des masterclasses de personnalités inspirantes livrant leurs clés de réussite, sur des conseils concrets et des exercices pour les mettre en pratique.

Marie-Laure Hubert-Nasser, youWan

Marie-Laure Hubert-Nasser, cofondatrice de youWan © Atelier Gallien - Echos Judiciaires Girondins

Echos Judiciaires Girondins : Il y a un an, vous faisiez la une de notre premier numéro du 1er janvier 2021. Tout juste une année après, vous vous lancez dans la création de start-up. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est précisément youWan ?

Marie-Laure  HUBERT-NASSER  : « youWan est une plateforme de formations inspirantes pour le développement personnel des femmes, au service de la performance des entreprises. Avec une transmission particulière des connaissances, construite autour de masterclasses. Et nous proposons un parcours de formation entièrement personnalisé et ciblé pour chaque salarié. Pour nous, l’art d’enseigner à des professionnels est bien différent de celui qui nous a tenu sur les bancs de l’école ou de la fac ! Apprendre en suivant le parcours des autres nous marque profondément et nous donne envie de suivre leurs pas ! Les Canadiens ont un mot pour cette sorte de transmission, ils parlent « d’expérientiel » ! Au final, nous sommes en train de créer la plus grande banque d’expériences de réussite et de conseils au féminin ! »

EJG : Selon vous, la parité est un levier pour la rentabilité des entreprises ?

M.-L. H.-N. : « De nombreux chefs d’entreprise nous disent que la parité est « un sujet » dans leurs sociétés mais qu’ils ne savent pas toujours comment s’y prendre ! youWan est une réponse car elle offre le moyen pour les femmes d’accéder à une plateforme qui va répondre à tous leurs questionnements et volonté d’accéder à des connaissances. 61 %* des femmes souhaitent se former pour améliorer leurs compétences professionnelles.

Or 34 %* affirment avoir été empêchées de suivre des formations pour des raisons principalement liées à l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle. Je l’ai vécu moi-même ! Rien d’évident au fait de laisser ses enfants 3 jours pour aller suivre une formation. Cela nécessite une réelle organisation et tellement d’heures pour rattraper le retard en rentrant ! Là, les femmes peuvent travailler à leur rythme, pendant un an, avec des modules courts (6 minutes) et des exercices minutés. Elles sont libres d’aborder les sujets qui les intéressent, dont certains qu’elles n’auraient pas osé demander à leur N+1.

Beaucoup de patrons et cadres dirigeants savent bien que la parité booste les résultats de leurs équipes et selon Mc Kinsey Global, la parité en entreprise offrirait 12 000 milliards de dollars de plus au PIB mondial. Et dans tous les cas, ils doivent répondre aux enjeux de  l’index de l’égalité femmes-hommes qui touche les entreprises d’au moins 50 salariés. Enfin, nous commençons à le constater, après 2 années complexes suite aux confinements, de nombreux employés se désengagent. Une conscience que la vie peut être différente, une quête de sens… Face à ces destructions d’emplois qui sont problématiques pour les PME, offrir youWan à ses salariées est un message fort qui signifie que l’on est à l’écoute et que dans cette quête de sens, la prise en compte de son désir de développement personnel est un vrai sujet. »

Nous sommes en train de créer la plus grande banque d’expériences de réussite et de conseils au féminin

EJG : Cette plateforme s’inscrit dans le droit fil de votre parcours depuis plus de 10 ans : quel est le déclic qui vous a amené à créer une start-up pour booster la carrière des femmes ? N’auriez-vous pas pu être simple coach ?

M.-L. H.-N. : « J’ai constaté pendant ces dernières années que lorsque nous organisions des événements au féminin à la ville de Bordeaux, les femmes venaient toujours plus nombreuses avec une vraie volonté de constituer leurs réseaux, de participer à des ateliers de formation et surtout de s’inspirer auprès des femmes charismatiques qui expliquaient leur conquête du pouvoir, les difficultés qu’elles rencontraient à la tête de leurs entreprises ou pendant leurs parcours professionnels. Signe quand même que quelque chose leur manquait, que nous devions leur apporter plus encore. Une plateforme, c’était une réponse pour  toutes.  Pour  permettre à toutes les femmes, quel que soient leur niveau et leur situation, d’accéder à des connaissances incontournables comme les clés du leadership, les qualités du manager, les techniques indispensables de la prise de parole en public ou de la gestion des conflits, le développement de l’estime de soi, de la confiance…

Mais je suis toujours coach et j’accompagne des entreprises et des élus, souvent des hommes. Pour eux, c’est une évidence d’en faire la demande. J’aime aussi ce rôle de passeur. Je suis profondément convaincue que l’on progresse toute une vie. »

Je suis toujours coach : j’accompagne des entreprises et des élus, souvent des hommes

youwan

Marie-Laure Hubert-Nasser, cofondatrice de youWan © La Maison du Bonheur

 

EJG : Dans vos masterclasses, il y a des personnalités « inspirantes » du monde de l’entreprise et de la com’ : comment les avez- vous choisies ?

M.-L. H.-N. : « Ces personnalités sont des experts qui répondent à des qualités pédagogiques et à des connaissances et sont en capacité de réaliser une prestation audiovisuelle qui n’est pas simple ! Nous sommes en train de tourner les masterclasses de Mercedes Erra, de Soumia Malinbaum, j’ai eu la chance de les croiser sur ma route, et elles ont accepté d’apporter leurs pierres à youWan, même avec des emplois du temps assez dingues ! Des hommes se prêtent aussi à l’exercice avec la difficulté de transmettre sans pratiquer le mansplaining ! »

Il nous faudra lever des fonds

EJG : De communicante politique, vous devenez chef d’entreprise : pouvez-vous évoquer un peu ce parcours du combattant pour mener à bien votre projet ?

M.-L. H.-N. : « Le parcours du combattant : c’est le mot ! J’avais toujours admiré les entrepreneurs de loin mais là je prends la mesure des chantiers à mener : administratifs, financiers, commerciaux, marketing, tout en travaillant le produit que nous voulons « super quali ». C’est un chantier permanent, presque 7 jours sur 7. Nous sommes 3 heureusement ! Nous recrutons notre premier alternant, c’est la fête ! Nous qui avons tous dirigé des grosses équipes, nous apprenons à nous réjouir des petits pas pour garder le cap. Dans une boîte, il faut tout faire, convaincre son banquier et ses partenaires et réécrire des textes ou coder une bonne partie de la nuit. Bosser dans sa cuisine ou celle de ses associés tout en se disant que l’on va décoller et garder la motivation ! »

EJG : Comment voyez-vous les perspectives de développement pour youWan ?

M.-L. H.-N. : « Nous allons nous concentrer sur le produit, le commercial et le développement de la plateforme. Il nous faut des clients, des références, des partenaires pour progresser. Des moyens de monter en puissance sur le produit. Puis il nous faudra lever des fonds. youWan doit monter en flèche sur les contenus pour répondre aux exigences des entreprises. Nous avons beaucoup d’encouragements de grandes marques et d’institutions. Nous travaillons avec un ministère. Je croise les doigts pour que tout cela avance. »

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© Shutterstock

EJG : Vous menez aussi depuis 10 ans une carrière singulière d’écrivaine avec en 2021 la parution d’On rêve, on vit, on aime. Avez-vous un nouveau roman en projet ?

M.-L. H.-N. : « Je ne peux pas envisager ma vie sans écrire. Et je serai toujours partagée entre ce désir d’engagement dans la société, cette volonté d’une intense vie active, et l’espérance d’un retrait temporaire pour écrire. Pour l’instant, j’écris des histoires en rêve et quand la tempête qui rugit depuis plus d’un an se calmera, je passerai au papier. »