Les Echos Judiciaires Girondins : Dans quel état d’esprit abordez-vous les premières semaines de ce mandat 2026-2027 ?
Stéphane Guitard : Il est sportif, au sens propre et figuré, en clin d’œil à la thématique que nous avons choisie pour ces deux années ! Entre cérémonies de vœux, rentrées solennelles et réunions institutionnelles, le rythme est soutenu. Nous mesurons chaque jour l’ampleur de la tâche… et la rapidité avec laquelle ces deux années vont passer. D’où le lancement très en amont de certains partenariats, comme celui conclu avec le Jumping de Bordeaux.
Marie Tastet : Nous sommes très enthousiastes ! Nous ne voulons pas perdre de temps pour concrétiser le programme sur lequel nous avons été élus (le 30 juin, sans adversaires, n.d.l.r.).
S.G. : Nous nous inscrivons clairement dans une dynamique de continuité. Les binômes précédents ont beaucoup fait : Christine Maze et Pierre Fonrouge, par exemple, avec la crèche pour les enfants des avocats ; Caroline Laveissière et Jérôme Delas, avec des partenariats structurants, notamment sur l’intelligence artificielle avec LexisNexis, Doctrine ou encore la société bordelaise Haiku, et l’ouverture vers le sport en nouant un partenariat avec l’UBB.

Le passage de bâton avec Caroline Laveissière et Jérôme Delas s’est déroulé le 8 janvier dernier. © Louis Piquemil – Echos Judiciaires Girondins
Votre campagne mettait le bien-être des avocats au centre. Quel constat dressez-vous aujourd’hui dans un contexte économique tendu ?
M.T. : La profession est exigeante, parfois au prix d’un oubli de soi, de sa santé physique comme mentale. À Bordeaux, nous sommes saisis chaque jour par des confrères en difficulté, qu’elles soient personnelles ou professionnelles. Nous avons voulu prendre ce sujet à bras-le-corps.
S.G. : C’est la traduction d’une réalité : aujourd’hui, nous ne connaissons pas un confrère à Bordeaux qui nous dise ne pas souffrir, quelle que soit sa structure, son domaine d’activité, sa forme d’exercice. Personne ne peut affirmer que son activité va mieux que l’an dernier.
La conjoncture économique et politique joue évidemment un rôle. L’exemple récent du cabinet historique DS à Paris – qui dispose d’une antenne à Bordeaux – en liquidation judiciaire est emblématique de cette fragilité.
M.T. : Les clients ont davantage de difficultés à régler les honoraires, les trésoreries sont plus tendues, les banques sont attentives à la situation des cabinets. Comme nous avons chacun exercé dans des structures différentes, nous avons une vision assez complète du panel de cabinets fragilisés.
« Une profession qui souffre, quelle que soit la structure »
Face à cette fragilité économique, que peut faire concrètement le Barreau ?
S.G. : Nous ne pouvons pas influer sur la conjoncture, mais nous pouvons aider les cabinets à mieux y faire face. À court terme, le pôle confraternel accompagne déjà les avocats les plus démunis ou isolés. Mais nous voulons aller plus loin, notamment la spécialisation et la structuration économique.
Le certificat de…