[ Décryptage ] Le grand retour du dividende

Après une décennie marquée par une crise financière, les taux bas et les contraintes réglementaires, les valeurs à dividendes retrouvent des couleurs en Europe. Portées par des fondamentaux assainis et un retour de la capacité distributive des entreprises, elles redeviennent une source crédible de revenus et de valorisation pour les épargnants.

Arnaud Raimon

Arnaud Raimon, président d’Alienor Capital, Bordeaux © Louis Piquemil - Echos Judiciaires Girondins

Plantons le décor ! Klepierre, une des plus belles sociétés foncières européennes, va verser 5,6 % de dividende en 2026. Elle n’est pas en reste. BNP versera 6,0 % de dividende, AXA 5,7 %, Pernod Ricard 7,2 %, Eurazeo 6,3 %, Engie 5,0 %. Mieux encore FDJ United versera cette année un dividende de 8,2 % et Banca Monte Dei Paschi un dividende de 9,6 %. Tous ces dividendes sont en hausse numéraire régulière et devraient continuer à progresser dans les prochaines années. Le vivier d’opportunités est riche. Le placement à dividende est à nouveau porteur après une décennie compliquée. Faisons un retour en arrière…

Le placement à dividende est à nouveau porteur après une décennie compliquée.

Une tradition européenne

Il y a quarante ans, avant la dématérialisation des titres, « couponner » était un sport national pour nombre d’épargnants. Ils étaient des millions à attendre le mois de mai pour présenter à l’encaissement les dividendes de leurs titres. La rente n’était pas un vain mot. La recherche du dividende est restée un thème de placement populaire jusqu’à la crise de 2008 puis elle est progressivement tombée en désuétude. Investir dans des entreprises distribuant des dividendes à la fois copieux et réguliers est devenu une gageure. Mais, depuis trois ans, dividendes élevés et régularité se conjuguent à nouveau. Les investisseurs devraient s’y intéresser. Au moment où les systèmes de retraite envoient des signaux de détresse, les valeurs à dividendes s’offrent pour donner des revenus et valoriser le capital. Explications…La rentabilité d’un placement sur une action a deux composantes : d’une part, le gain en capital – la revalorisation de l’action – et, d’autre part, le rendement en dividende – la quote-part du bénéfice distribué aux actionnaires. L’Europe a toujours été un continent d’investissement ou le dividende a constitué une part importante de la rentabilité des placements en actions contrairement aux États-Unis où les gains en capital dominent depuis toujours le rendement en dividende. L’étude des quarante dernières années révèle que la rent…

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