En Gironde, les viticulteurs s’adaptent face aux coups de chaud

Dans les vignes du bordelais, le thermomètre grimpe, l’eau se fait rare et les certitudes s’effritent. Les viticulteurs bordelais n’ont d’autre choix que de réinventer leurs pratiques. Travail des sols, nouveaux cépages, diversification : au cœur d’un été caniculaire, ils nous racontent comment ils tentent de s’adapter sur tous les fronts.

Château Prieuré de Beyzac

Le Château Prieuré de Beyzac, à Vertheuil, est entré dans le programme Vignerons Avenir en 2025. © Alain Benoît, studio Deepix

Déjà confrontés à une baisse de la consommation et à une incertitude des marchés, les viticulteurs du bordelais font face à un autre défi, et non des moindres : le changement climatique. Pour certains, les vendanges ont d’ailleurs démarré encore plus tôt cette année. « Nous allons de plus en plus vers des hivers très pluvieux et des étés très secs », reconnaît Marie Courselle qui dirige, avec sa soeur, le Château Thieuley, une propriété viticole de 70 hectares dans l’Entre-deux-Mers.

Il va donc falloir s’adapter à toutes les situations qui, d’une année sur l’autre, ne seront pas les mêmes. En témoigne l’année 2024 qui avait été très arrosée et a entraîné l’apparition du mildiou ou, à l’inverse, 2026 qui restera comme une année très chaude, avec un printemps estival, un été caniculaire, et surtout très peu de pluie. « Nous n’avons jamais eu aussi peu d’eau », assure Marie Courselle. En raison du manque d’eau et des grosses chaleurs, « nous aurons moins de jus, les rendements vont diminuer car les grains ne grossissent plus à la véraison », déclarait, en juillet, Olivier Reumaux, agriculteur bio du Château le Parvis de Dom Tapiau à Camblanes-et-Meynac, qui dispose de 5 hectares de vignes aux portes de l’Entre-deux-Mers. « Il y avait beaucoup de grappes cette année, mais le coup de chaud a eu l’effet d’une gifle. »

Le travail du sol avant tout

En fonction des sols, certains viticulteurs s’en sortent en revanche mieux que d’autres. « Les terroirs de graves, avec très peu de réserve utile et des sols peu profonds ont particulièrement souffert », révèle Marie Courselle qui prévoit d’arracher une quinzaine d’hectares sur des terres devenues trop compliquées aujourd’hui. « De toute façon, nous n’aurons pas le marché pour écouler 70 hectares de vigne. »

« Les sols sableux retiennent peu l’eau contrairement à l’argile. La capacité de rétention d’eau entre les deux va de 1 à 8 », complète Olivier Reumaux qui constate, dans le même temps, que « des collègues sur des terres profondes résistent moins bien que les nôtres. » Peut-être est-ce lié au fait d’avoir commencé à travailler le sol très tôt cette année, aux al…

Inscription à la newsletter

Notre dernier magazine

Lire nos magazines