Les demandes des sylviculteurs du Sud-Ouest pour garantir l’avenir de la forêt

Le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SYSSO), qui représente les propriétaires et exploitants du massif, dresse le bilan des incendies et liste ses demandes pour préserver la forêt.

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Alors que près de 44 000 hectares du massif des Landes de Gascogne ont brûlé durant l’été 2026, dont plus de 86 % en Gironde, « il faut rappeler que la forêt n’est pas coupable des incendies. Ni les sylviculteurs. Ils en sont les premières victimes », martèle Nicolas Lafon, président du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SYSSO). Il regroupe 5 800 propriétaires forestiers et sylviculteurs du massif des Landes de Gascogne, représentant 34 000 emplois et un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.

« Véritable traumatisme » pour les sylviculteurs, les incendies sont aussi « une catastrophe environnementale et économique », estime Jean-Jacques Héraud, vice-président Gironde du SYSSO, qui décompte 1 550 sylviculteurs impactés par les feux.

Forêt 2050

Trois jours après son assemblée générale sur le thème « Quel massif des Landes de Gascogne pour 2050 ? », le SYSSO a réuni la presse fin septembre, à Bordeaux, pour présenter ses travaux et requêtes. « Nous avons formulé plusieurs demandes à l’État. Et tout d’abord une aide exceptionnelle pour le broyage sanitaire des bois non valorisables. Ainsi qu’une aide pour le transport hors d’Aquitaine », commence Nicolas Lafon.

Sans réponse pour l’instant, le SYSSO insiste sur « l’urgence de valoriser ces bois pour éviter une autre crise sanitaire, avec l’arrivée des scolytes au printemps et la présence du nématode du pin non loin du massif », alerte Éric Dumontet, secrétaire général du SYSSO.

Essences

Avant de reboiser, se pose la question des essences à favoriser, le pin maritime, qui compose 80 % du massif, étant la cible de virulentes critiques. « Le pin maritime est une essence qui a beaucoup de qualités et qui est adaptée à nos terrains », tranche Nicolas Lafon. « C’est le sol qui commande ce qui va pousser. Des chercheurs travaillent sur l’hybridation des essences », dévoile-t-il. « L’Inra fait des essais depuis longtemps, mais nos sols sont sableux, pauvres, acides, etc. », relève Jean-Jacques Héraud, qui défend le massif dans sa forme actuelle. « L’aménagement de la forêt a évolué en 50 ans. Nous avons fait des pistes DFCI (défense de la forêt française contre les incendies, NDLR), la forêt est très bien cloisonnée et sécurisée, nous avons fait des forages où les pompiers peuvent s’alimenter en eau… », décrit-il.

Le SYSSO demande ainsi la pleine reconnaissance du modèle de DFCI aquitain, du rôle des sylviculteurs et de l’engagement de leurs bénévoles dans la protection du massif. Ainsi qu’une juste indemnisation des peuplements indemnes coupés pour créer des zones d’appui.

« Les sylviculteurs du massif des Landes de Gascogne s’autotaxent depuis 80 ans sous la houlette de l’État pour la gestion des incendies. Cela représente près de 2,5 millions d’euros chaque année, versés au titre de la prévention », rappelle Marie-Charlotte Dulayet, membre du conseil d’administration du SYSSO et sylvicultrice dans Les Landes.

Débroussaillement

Le SYSSO appelle à l’application des principes de prévention, dont les obligations légales de débroussaillement (OLD) près des habitations. « Nous prônons un système où la réalisation des OLD serait portée par une organisation collective à l’échelle des communes. La responsabilité de l’organisation et du financement devrait être à la charge des maires », propose Éric Dumontet.

Quant aux OLD autour des infrastructures routières et électriques, pare-feu naturels, « tous les opérateurs doivent s’engager par une charte à respecter leurs obligations », demande Christophe d’Armancourt, membre du bureau du SYSSO et sylviculteur dans le Lot-et-Garonne.

Retour d’expérience

Si les sylviculteurs sont prêts « à se remettre en question et à faire le nécessaire pour sortir par le haut », assure Nicolas Lafon, exigeant un retour d’expérience transparent et opérationnel sur les incendies, le territoire doit être « doté de moyens importants : avions, véhicules pénétrants adaptés, personnels formés… », énumère-t-il. Il faut aussi « éduquer les gens, tout en adaptant la sylviculture au réchauffement climatique », estime Nicolas Lafon.

« La forêt n’est pas un actif comme un autre, c’est un patrimoine local et familial. On ne pourra pas reboiser avant 2028, cela nous laisse le temps de réfléchir et de nous fixer des objectifs pour faire les choses bien », conclut Éric Dumontet.

SYSSO

Nicolas Lafon, président du SYSSO, lors de l’assemblée générale du 18 septembre dernier à Morcenx-la-Nouvelle. © Sysso

2,5 millions d’euros sont versés chaque année, par les sylviculteurs, au titre de la prévention.

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