UAV Show : à Bordeaux, le salon du drone se muscle 

Le salon professionnel du drone, l’UAV Show 2026, qui s’est tenu du 7 au 9 octobre a confirmé son virage militaire. Pour autant Bordeaux Technowest exhorte les entreprises à la dualité afin d’alimenter le terreau des innovations.  

UAV Show 2026

L'UAV Show 2026 a accueilli 140 exposants. © Lucas Bournazel Farci.

Il est passé du Palais des Congrès au Parc des expositions de Bordeaux. A doublé sa surface pour atteindre les 7 000 m2 d’exposition avec, cette année, des stands de plus grande envergure, et augmenté le nombre d’exposants de 40 % pour passer la barre des 140. Parmi des jeunes pousses et des grands groupes. 

Le salon professionnel du drone, UAV Show, qui s’est tenu du 7 au 9 octobre a changé d’échelle et confirmé le virage pris en 2025 : la défense et le dual (civil et défense) représentent désormais plus de 80 % de l’offre d’exposition. Pour autant, « si la défense tire la filière vers le haut, nous incitons nos entreprises à rester duales car les deux activités s’auto-alimentent en termes de technologie », explique François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest, organisateur de l’événement.

François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest. © Lucas Bournazel Farci

La lutte anti-drone, un fort business à venir

Sur le salon, tout le spectre du drone était couvert, mais pour François Baffou, « le champ de développement, d’innovation et de business le plus fort, c’est la lutte anti-drone. » Créée en 2020 à Mérignac, Aerix Systems, qui a développé un système de propulsion omnidirectionnelle, se positionne notamment sur ce marché avec des robots qui ont la capacité de percuter et de détruire des drones ennemis. À l’occasion du salon, l’entreprise — qui empoie 30 personnes et a rejoint l’incubateur de l’OTAN — a présenté ses appareils, parmi lesquels figure son nouveau drone-fusée. Avec l’ouverture de son premier site industriel cette année, Aerix Systems vise la production d’une cinquantaine de drones par mois début 2027. 

UAV Show 2026

Le stand d’Aerix Systems. © Lucas Bournazel Farci

Hélices silencieuses

« Sur le théâtre des opérations tout va très vite, il faut que l’équipement s’adapte », ajoute François Baffou. Chaque année, la technopole fait donc rentrer au sein de son bâtiment Cockpit, siège de la technopole, 5 à 6 nouvelles entreprises du secteur en n’accueillant « que des projets avec une vraie valeur ajoutée. » 

UAV Show 2026

Sur le stand de Bordeaux Technowest, la technopole présentait les start-up qu’elle accompagne. © Hélène Lerivrain

Indrox, qui développe des hélices capables de réduire le bruit, vient de s’y installer et se lance dans le prototypage. « Aujourd’hui, les hélices viennent de Chine. C’est une question de souveraineté », expliquent les deux cofondateurs Wacef Manai et Syed Sharique. De son côté, SkyKraken travaille sur la détection de drones et la localisation de leurs pilotes à partir d’un système portable. Le principe ? Classifier une menace et en rendre compte à ses clients : forces de l’ordre, établissements pénitentiaires, aéroports ou encore organisateurs d’événements.

Alors que la partie business prend de l’importance sur le salon, « il est parfait pour nous », confie SkyKraken. « Une délégation danoise est venue faire ses courses, il y a eu des Lettons également, des Taïwanais. Le business est international », souligne François Baffou.

L’exploration de la stratosphère

Fraîchement créée à Mérignac en avril, la filiale France de X721 qui entend étendre les usages des drones à la stratosphère, présentait également son futur Heliblade : un aéronef de 50 mètres d’envergure pour un poids de 70 kilos avec une charge utile de 10 kilos. « Nous considérons qu’il y a de nouvelles frontières à atteindre vers les très hautes altitudes », explique Jacques Denavaut, en charge de la communication de l’entreprise. Or « ces territoires sont inconnus. » À ce stade, le concept a été validé à l’occasion du vol d’un prototype de 18 mètres, fin juillet, à Sainte-Hélène. Il devrait passer à 30 mètres dès l’année prochaine et grimper en altitude avant d’envisager une commercialisation.

« Les possibilités sont infinies du côté du civil et du militaire, car, doté de deux ailes tournantes en tissu, notre engin est furtif et impossible à abattre », explique Jacques Denavaut qui reconnaît que Bordeaux a été très actif au niveau de l’accueil. « Bordeaux s’intéresse aux sujets liés à la stratosphère et dispose de zones de très haute altitude, ce qui est rare en France. »

L’entreprise annonce déjà des discussions avec le Mexique. « Il ne faudrait pas que la France attende trop longtemps » a toutefois glissé l’entreprise aux personnalités politiques qui sont passées sur son stand à l’UAV Show. « On ne veut pas de subventions, on veut des commandes. »

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