À Bordeaux, Orano prépare l’ingénierie nucléaire de demain

Orano, spécialiste mondial des matières nucléaires, a inauguré un site dédié à ses activités projets et ingénierie à Bordeaux. Il prévoit de recruter 200 salariés d’ici 2028, notamment pour travailler sur le programme « Aval du Futur », destiné au traitement-recyclage des combustibles usagés.

Guillaume Dureau, Orano

Guillaume Dureau, directeur des projets et de l’ingénierie, de l’innovation, de la R&D et des nouvelles activités d’Orano. © Jennifer Wunsch / Échos Judiciaires Girondins

« L’avenir de notre industrie repose sur notre capacité à former les talents qui feront le nucléaire de demain. Nous avons choisi de rapprocher nos équipes des bassins de compétences », explique Guillaume Dureau, directeur des projets et de l’ingénierie, de l’innovation, de la R&D et des nouvelles activités d’Orano.

Il inaugurait, le 21 septembre, la troisième implantation française de l’année dédiée à l’ingénierie d’Orano, dans le nouveau quartier d’Armagnac, à Bordeaux. L’entreprise ayant l’objectif de dépasser les 4 000 collaborateurs pour cette filiale d’ici 2030, contre 2 000 en 2024. « Nous avons choisi Bordeaux pour son tissu industriel, technologique et académique dynamique », poursuit Guillaume Dureau, qui prévoit de faire passer les équipes bordelaises de 90 à 300 salariés en deux ans.

Réalité virtuelle

Le groupe a choisi de louer un bâtiment flambant neuf, Les Cimes, organisé en « open desk » sans postes fixes, avec des espaces de pause à chaque étage et une salle de réalité virtuelle. « Connectée avec les autres sites d’Orano ingénierie, cette salle nous permet de simuler des interventions pour vérifier leur conception en amont et corriger d’éventuels problèmes. Mais aussi de téléopérer des robots de démantèlement », précise Stéphane Meslin, responsable de l’implantation de l’ingénierie d’Orano à Bordeaux, lors de la visite des installations, en présence de nombreux acteurs économiques et institutionnels locaux. Dont la directrice de la centrale nucléaire du Blayais, Charlotte Maes, la vice-présidente du Conseil régional en charge de la recherche et de l’enseignement supérieur, Françoise Jeanson, ou encore de représentants de Bordeaux Métropole, de la mairie de Bordeaux, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Nouvelle-Aquitaine, de la CCI Bordeaux-Gironde, du Medef, d’Invest in Bordeaux, de l’Université des métiers du nucléaire…

Orano

Inauguration du site bordelais de l’ingénierie d’Orano, le 21 septembre, en présence de nombreux acteurs locaux. © P Cholette

« Aval du Futur »

Le site bordelais de l’ingénierie d’Orano doit plus particulièrement travailler sur le programme « Aval du Futur », qui consiste à renouveler les usines et installations de traitement-recyclage des combustibles nucléaires issus des centrales françaises, actuelles et futures. « Orano est une industrie ancienne qui intervient à chaque étape du cycle nucléaire. La France a choisi en 2024 de relancer son industrie nucléaire », rappelle Guillaume Dureau, en prolongeant ses centrales et en installant des nouvelles générations d’EPR2. « Orano doit ainsi renouveler ses installations du cycle et préparer l’usine de demain. C’est un immense défi et nous comptons sur les ressources que nous trouverons en Nouvelle-Aquitaine pour le relever », continue Guillaume Dureau.

Orano s’appuiera également sur des partenaires d’ingénierie, dont Capgemini, Egis, Ecia (Equans), Snef Ekium, Ametra, Assystem et Vulcain, dont certains ont des implantations en Nouvelle-Aquitaine. « Notre enjeu est d’acculturer ces entreprises partenaires afin de les préparer à relever le défi du programme Aval du Futur. Au-delà, elles accompagneront également notre relais de croissance sur nos projets en cours », précise Guillaume Dureau.

Ancrage territorial durable

Orano, qui a dépassé les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, est aussi implanté en Nouvelle-Aquitaine sur le site de Bessines-sur-Gartempe (Vienne), « berceau historique de ses activités minières en France », qui accueille également Orano Med, sa branche de médecine nucléaire.

« Le groupe souhaite avoir un ancrage territorial durable et fort en Nouvelle-Aquitaine. Cela passera par des recrutements, des partenariats et des liens avec tous les acteurs locaux qui interviennent dans nos domaines, dans une démarche de réindustrialisation », affirme Guillaume Dureau.

Stéphane Meslin, Orano

Stéphane Meslin, responsable de l’implantation de l’ingénierie d’Orano à Bordeaux. © Jennifer Wunsch / Échos Judiciaires Girondins

« Cette implantation témoigne de l’attractivité de notre territoire », se félicite Françoise Jeanson. « Elle participera à la constitution d’une filière d’excellence en Gironde. C’est un signal positif pour l’accueil des EPR2, auquel nous sommes candidat », estime Lionel Matias, président de l’UIMM Gironde-Landes, membre de la CCI Bordeaux-Gironde et directeur général d’A2M Proximetal.

« Nous avons choisi Bordeaux pour son tissu industriel, technologique et académique dynamique »

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