Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

ADP Enseignes, l’industrie agile

Le n° 1 girondin de l’enseigne et de la signalétique est parvenu à convertir 40 % de son activité dans la fabrication de matériel de protection. Une agilité que son PDG attribue aux investissements réalisés ces 5 dernières années dans l’outil de production.

Reconversion forcée mais réussie pour ADP Enseignes. Ce fabricant bordelais d’enseignes et de signalétique, spécialisé dans l’impression grand format, la découpe numérique et la chaudronnerie, a rapidement vu fondre ses revenus lorsque la crise du Covid-19 et le confinement ont pointé. Créée en 1984 par un peintre en lettres, et reprise en 2015 par Cédric Nanglard, la société affiche un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros en 2019, multiplié par 7 en 5 ans. 

Mais 70 % de ce dernier étant réalisés avec les artisans et commerçants locaux, son activité a été « particulièrement touchée. Notre volume de ventes a baissé de 80 %. Heureusement, nous avions un matelas de trésorerie suffisant », assure Cédric Nanglard. Et lorsque ses clients ont commencé à la solliciter pour fabriquer des barrières de protection, notamment les supermarchés, les pharmacies et d’autres commerces prioritaires restés ouverts durant le confinement, ADP Enseignes a eu l’agilité nécessaire pour y répondre.

Investir dans les machines

« Nous avons converti notre outil de production pour réaliser des supports de prévention Covid-19. Notre pôle découpe fabrique des hygiaphones (des barrières en plexiglas) et des visières écologiques sur-mesure (dont les supports en mousse sont faits par le girondin PSD) ; et les machines d’impression ont été détournées pour créer des éléments de marquage au sol ludiques, à destination des enfants », détaille Cédric Nanglard. Au total, ADP Enseignes a pu convertir 40 % de son activité. Cliniques, cabinets médicaux, écoles… 

« Petit à petit, nous avons même réussi à augmenter notre portefeuille clients et à rentrer de grands comptes comme Suez », se félicite le dirigeant du n° 1 girondin de l’enseigne. Selon lui, ce qui a sauvé l’entreprise, c’est d’avoir investi, il y a 5 ans, dans les machines. « Les entreprises qui disposent de leur outil de production sont plus agiles et en mesure de rebondir de manière plus aisée. Elles sont beaucoup moins dépendantes de sous-traitants extérieurs. Tout cela pose la question de la réindustrialisation de la France, c’est un vrai sujet aujourd’hui », estime-t-il. L’intégralité de la trentaine de salariés qui avaient été mis au chômage partiel en mars est aujourd’hui sur le pont, avec des horaires adaptés dans les ateliers, passés au 2-8, et de nouvelles manières de travailler.

Perte d’activité

Las, si ADP Enseignes connaît un regain d’activité grâce à la vente de ces équipements de protection, cela ne lui permet pas de compenser ses pertes. « C’est tout notre business qui change : nos clients sont passés d’un panier moyen de 3 000 à 120 euros », constate Cédric Nanglard, qui l’affirme : « nous avons hâte de refaire notre métier ». Le prochain défi pour l’entreprise, qui arrive à la fin de son stock, sera de faire face à la pénurie mondiale de plexiglas. Pour cela aussi, ADP Enseignes, qui s’était engagée dans une démarche écologique il y a 6 mois, a déjà des idées. « Nous proposons des cloisons faites avec un film PET (polyéthylène téréphtalate) recyclable, transparent et léger, sur un cadre en bois. » Grâce au bureau d’études et aux graphistes d’ADP, qui les ont conçues, ces cloisons « faciles à monter avec une simple notice » peuvent être installées par un non-professionnel. Un des produits écologiques avec lesquels l’entreprise espère retrouver sa croissance en 2021. « J’espère que nous allons tous retrouver un peu de bon sens », conclut Cédric Nanglard.