Échos Judiciaires Girondins : Quelle est la part des redressements judiciaires dans les procédures collectives traitées par le tribunal de commerce en 2025 ?
Philippe Passault : « Nous avons eu 1 816 ouvertures de procédures collectives, dont 62 % se sont soldées par une liquidation directe et 38 % par un redressement judiciaire. Les redressements représentent 505 procédures, qui ont été clôturées cette année avec un taux de 85 % de conversion en liquidation directe. On peut donc dire que les entreprises ont malheureusement du mal à suivre leur plan, au regard notamment, de la conjoncture. Mais il n’y a pas plus de défaillances qu’avant. Les résolutions de plan de cette année ont été lancées il y a 3, 4 ou 5 ans. »
EJG : Comment fonctionne le tribunal ?
P. P. : « Cinquième tribunal de commerce de France en termes de volume, Bordeaux compte 8 chambres et 60 juges. Chacun siège une fois par semaine. Mais actuellement, il y a 55 juges pour différentes raisons. Le problème, c’est que nous ne pouvons recruter qu’une fois par an. Nous nous en sortons car nous avons des chambres bien constituées : quatre chambres de contentieux, trois chambres de procédures collectives, et une chambre de prévention et conciliation. »
EJG : Comment faites-vous face à l’augmentation de l’activité en effectif réduit ?
P. P. : « Nous avions anticipé cette augmentation. Nous avons créé la troisième chambre de procédures collectives sous la présidence de Jean-Marie Picot. Elle a fonctionné au début à temps partiel, mais nous avons vu arriver la vague. Après le covid, il y avait très peu d’assignations. Aujourd’hui, les trois chambres tournent à plein régime. Nous tenons le choc. Il y a eu une grosse augmentation des procédures collectives entre 2023 et 2024. Avec + 30 %, nous sommes passés approximativement de 1 400 à 1 750 procédures. Et nous avons eu une augmentation de 3,7 % entre 2024 et 2025. Nous avons peut-être atteint un plateau. Mais, nous avons démarré l’année avec le même niveau. Nous restons sur la jauge historiquement la pl…