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France Relance : l’État finance 253 projets

Dans le cadre du plan France Relance, un fonds de 400 millions d'euros a été prévu pour soutenir des projets d'investissements industriels. 253 projets ont déjà été sélectionnés, un peu partout sur le territoire.

France Relance

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253 projets soutenus à hauteur de 142,7 millions d’euros par l’État, et qui représentent 1,4 milliard d’euros d’investissements industriels et quelque 5 000 créations d’emploi. Tel est le premier bilan du « Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires », dressé en décembre dernier. Le fonds est doté de 400 millions d’euros (jusqu’en 2022). Il s’inscrit dans le cadre du programme France Relance, destiné à relancer la machine économique. Plus spécifiquement, ce volet qui concerne les investissements industriels s’appuie sur « Territoires d’industrie », dispositif destiné à favoriser la réindustrialisation en France, lancé il y a deux ans, et qui implique 148 territoires et 1 600 projets. Un vivier dans lequel puise actuellement le gouvernement. « Il s’agit d’identifier les projets matures, qui sont prêts à démarrer si on y apporte un coup de pouce (…), État et régions ont pré-identifié plus de 600 projets. Le fonds sera engagé en totalité dès l’année prochaine. Cela avance plus vite que nous ne l’avions anticipé », a précisé Guillaume Basset, directeur du programme « Territoires d’industrie », rattaché aux ministères de la Cohésion des territoires et de l’Économie, lors d’un brief téléphonique le 14 décembre dernier.

En décembre, les crédits du fonds d’accélération prévus pour 2020 (150 millions d’euros) ayant déjà été consommés, Bercy a anticipé sur ceux prévus en 2021, rajoutant une centaine de millions d’euros. Parmi les 253 projets déjà soutenus, 86 % sont portés par des PME et des ETI. Et 69 % d’entre eux sont situés dans des territoires considérés comme fragiles (Quartiers prioritaires de la Politique de la ville, Zones de revitalisation rurale, Zones d’aide à finalité régionale, villes Action cœur de ville). Les projets peuvent concerner la digitalisation d’une ligne de production, l’extension d’une usine, l’amélioration de la performance énergétique… Ils doivent porter sur des sommes supérieures à 200 000 euros, être réalisés dans les deux ans maximum, et lancés avant la fin 2022.

10 PROJETS EN NOUVELLE-AQUITAINE

Jouets et meubles se mettent à la page

Les 253 premiers projets soutenus se répartissent sur l’ensemble du territoire. Parmi les régions qui en comptent le plus figurent, les Pays de la Loire (34 projets), la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand-Est (30 projets), suivis des Hauts-de-France et du Centre- Val-de-Loire (27 chacun). La Bretagne rassemble, comme la Nouvelle-Aquitaine, 10 projets ; la Norman- die 11 et l’Île-de-France 13. La Région Sud concentre 21 projets, et Auvergne-Rhône-Alpes 24. Les types de secteurs et les projets varient beaucoup. Parmi les exemples cités par Bercy, figurent des entreprises qui évoluent dans des secteurs traditionnels. Comme le fabricant de mobilier contemporain haut de gamme, Roset, en Auvergne-Rhône-Alpes. Il va pouvoir moderniser son outil industriel et renforcer son positionnement sur le marché international : l’aide de 80 000 euros, qui devrait représenter un investissement de plus de 1,5 million d’euros, est destinée à la modernisation des machines et la mise en place d’un ERP, un progiciel de gestion intégré, ainsi qu’à la création d’une école de formation de couture et tapisserie. Dix nouveaux emplois pourront être créés dès 2021. Autre exemple, en Bourgogne-Franche-Comté, celui du fabricant de jouets, Smoby Toys : l’aide de 596 000 euros, qui représente un investissement industriel de plus de 1,1 million d’euros, servira à acheter une nouvelle machine d’injection pour pièces sous haute pression. Objectif : sécuriser la production en France. Des entreprises locales seront choisies pour effectuer les travaux. Nombre d’embauches prévues : 5. Dans les Hauts-de-France, Hanova, fabricant de produits comme des pochettes adhésives et enveloppes de sécurité, va étendre son usine. Il va investir dans deux lignes de production sur des produits destinés à des secteurs porteurs (médical, e-commerce…). Le projet bénéficiera d’une aide de 300 000 euros et représente un investissement industriel de 1,8 million d’euros. À la clé, une dizaine d’emplois.

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800 000 euros pour les biotechnologies et le secteur spatial

Parmi les entreprises soutenues, figurent aussi d’autres à forte dimension technologique. En Bretagne, c’est le cas de BCF Life Sciences, dans le domaine des biotechnologies et de l’économie circulaire. Ce spécialiste de la valorisation des coproduits issus de la filière avicole produit des acides aminés naturels, utilisés notamment par les industriels de la santé. L’entreprise va bénéficier d’une aide de 800 000 euros, pour un projet qui pèse 6,1 millions d’euros et devrait créer une trentaine d’emplois. L’augmentation de ses capacités de traitement vise à lui permettre un fort développement sur les marchés mondiaux. Et le projet comporte aussi une dimension de réduction des émissions de bruits et d’odeurs, ainsi que la diminution des transports entre sites.

Autre entreprise à forte dimension technologique, en Centre-Val de Loire, Axe Systèmes : elle fournit des équipements médicaux pour les modalités vasculaires et mammographies. L’entreprise va bénéficier d’une aide de 800 000 d’euros (pour un investissement de 2,2 millions d’euros). Dix nouveaux emplois d’ingénieurs et techniciens pourront être créés. Le projet consiste à acquérir un site industriel et des d’équipements de conception assistée par ordinateur, conception et fabrication assistées par ordinateur et de prototypage rapide (imprimante 3D, scanner 3D). La démarche devrait permettre à l’entreprise de diversifier son offre de produits et viser des secteurs porteurs (recyclage de masques et traitement des déchets plastiques…). Autre exemple encore, en Île-de-France, Ixblue spécialiste des gyroscopes, utilisés dans le cadre des systèmes de navigation dans le secteur spatial. Les 800 000 euros d’aides permettront un investissement à hauteur de 1,1 million d’euros et la création d’une quinzaine d’emplois. Objectif : une nouvelle ligne de production.