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Germe, le réseau des managers en éveil

Les Groupes d’entraînement et de réflexion au management des entreprises (GERME) accompagnent et forment les managers depuis 1998 sur les nouvelles problématiques et méthodes de gestion d’équipes. Une pédagogie inspirée, qui prend tout son sens dans cette période de profondes mutations du monde et de l’entreprise. Explications avec Patricia Guerbé, animatrice GERME à Bordeaux.

Germe, le réseau des managers en éveil

© Shutterstock - G-Stock Studio

Son objet : « Conjuguer performance économique et progrès humain ». Mais aussi « avoir un temps d’avance », tout en « faisant un pas de côté », ajoute Patricia Guerbé, animatrice GERME à Bordeaux depuis 2017. La philosophie des Groupes d’entraînement et de réflexion au management des entreprises (GERME) prend tout son sens dans la période actuelle pour accompagner les managers. Créée en 1998, l’association GERME, petite sœur de l’Association progrès du manager (APM), réunit dans toute la France 2 400 adhérents, chefs d’entreprises de plus de 20 salariés et membres de comité de direction de grandes entreprises, autour d’un « concept essentiel : remettre l’humain au centre du management », explique Patricia Guerbé, également dirigeante de l’agence A2P (Axa Prévoyance et Patrimoine) du Bouscat. Ces formations « pratico-pratiques », sont dispensées sur un temps long, l’adhésion étant au minimum d’un an et en moyenne d’une durée de trois années. L’idée étant de « faire infuser un message, qui va permettre aux managers de changer profondément, en ayant maturé ce changement », analyse Henry Dubourg, spécialiste RH également animateur GERME à Bordeaux.

Le concept essentiel de GERME est de remettre l’humain au centre du management

Patricia Guerbé animatrice GERME

Patricia Guerbé animatrice GERME © Atelier Gallien – Echos Judiciaires Girondins

CONFIANCE ET CONFIDENTIALITÉ

GERME organise chaque année 6 sessions de formations (avec des intervenants extérieurs) et 2 ateliers (dirigés par les animateurs) pour ses groupes de 15 à 20 managers sur les thèmes : « moi en tant que manager », « moi en tant que manager et mon équipe », « moi en tant que manager et mon entreprise » et enfin « l’ouverture sur le monde ». L’accompagnement est collectif et personnalisé pour chaque groupe, en fonction des besoins qu’il a définis.

Et chaque groupe est composé de « membres d’horizons différents », entre lesquels il n’existe « aucune concurrence, pour que chacun ressente une certaine confiance, une confidentialité et une parole libérée », précise Patricia Guerbé. L’objectif : permettre la confrontation des idées. Car « ce qui est important chez GERME, c’est le regard de l’autre, dont l’expérience est complètement différente de la mienne, grâce à laquelle je vais m’enrichir et grandir », ajoute Henry Dubourg. C’est pour cela que parmi ses intervenants, GERME invite régulièrement un apiculteur, par exemple, mais aussi le leader de la Patrouille de France.

Ce qui est important chez GERME, c’est la confrontation avec le regard de l’autre

Univers décalés

Nourris par le laboratoire de veille GERME Explore, qui recherche et analyse « les nouvelles approches de management », grâce notamment à son ouverture sur le monde et « ses voyages dans des univers décalés » comme dernièrement la coopérative Mondragón (Pays basque), les groupes GERME ont pour « but d’être toujours en avance d’une expérience », insiste l’animatrice du groupe bordelais « Partage et Sens ». Ils appliquent la fameuse pédagogie GERME, notamment dans le déroulé des sessions, qui s’ouvrent sur une « inclusion », qui consiste « à prendre la température du groupe, savoir comment se sentent les participants », explique Patricia Guerbé. Se poursuivent par des ateliers de mise en application concrète des théories, à travers l’utilisation d’outils participatifs tels que le Codev’ (le développement collaboratif d’une méthodologie précise pour répondre à une problématique donnée), les World Cafés (des discussions par petits groupes sur des thèmes donnés) ou encore la méthode Fishball (une technique d’animation dynamique qui permet aux participants d’influencer l’orientation de la réunion). Et se referment sur une « déclusion », où chacun évalue la journée.

Germe, le réseau des managers en éveil

© Shutterstock – Flamingo Images

Soft Skills

La crise sanitaire « n’a pas révolutionné les pratiques managériales de GERME, puisque l’idée est d’être en avance. Nous travaillions d’ailleurs sur les approches de télétravail depuis plusieurs années », affirme Patricia Guerbé. Et si, contrairement au niveau national où elle a crû, la fréquentation des groupes GERME a légèrement baissé à Bordeaux (tout comme à Toulouse) durant la crise sanitaire, la demande des managers s’est concentrée sur « les nouvelles méthodologies de travail en visio, pour apprendre à mieux gérer la communication à distance et garder du lien », précise Patricia Guerbé. Mais aussi sur les soft skills, comme par exemple « asseoir son leadership en utilisant sa voix » ; « la morphopsychologie, qui consiste à décrypter le visage de son collaborateur pour savoir comment s’exprimer face à lui » ; ou encore les défis de l’intelligence artificielle dans les entreprises et le lean durable.

GERME EN CHIFFRES :

Création en 1998
163 groupes en France
(5 à Bordeaux)
140 animateurs
(5 à Bordeaux)
2 400 adhérents
253 intervenants