Couverture du journal du 23/02/2024 Le magazine de la semaine

Gironde : Les grands projets d’EDF

Accompagner les particuliers et les entreprises pour diminuer leur consommation énergétique et proposer une énergie toujours plus décarbonée : c’est pour atteindre ces objectifs qu’EDF et ses filiales vont multiplier les projets structurants sur le territoire. En dépit d’une crise énergétique qui devrait lourdement peser sur ses comptes.

Centrale nucléaire Blayais, Blaye, EDF

Centrale Blayais © EDF Air Marine

Malgré une année 2022 marquée par la crise énergétique, le groupe EDF est prêt à relever les défis de 2023. C’est ce qu’a voulu montrer Martin Leÿs, directeur action régionale EDF Nouvelle-Aquitaine, entouré de l’équipe dirigeante des filiales EDF sur le territoire, lors de la présentation du bilan 2022 et perspectives 2023, le 24 janvier dernier à Bordeaux. Leur objectif : produire une électricité se rapprochant toujours plus de la neutralité carbone, visée en 2050, tout en conservant un service client de qualité, grâce aux 9 000 collaborateurs qui travaillent pour le groupe EDF sur le territoire.

La Centrale nucléaire du Blayais s’est positionnée pour recevoir le futur EPR2 après 2040

CENTRALE DU BLAYAIS : MISE À NIVEAU DE LA SÛRETÉ

Et notamment à Braud-et-Saint-Louis, où la centrale nucléaire du Blayais emploie 2 500 salariés et 1 000 personnes supplémentaires pour mener à bien les travaux du Grand Carénage et la mise à niveau de la sûreté : « une priorité absolue » pour Charlotte Maes, la directrice de la centrale. En 2022, ses 4 réacteurs et ses 4 ha de panneaux photovoltaïques ont produit 22 TWh d’électricité, couvrant 60 % de la consommation de Nouvelle-Aquitaine. Revendiquant « le fort impact économique mais aussi sociologique de la centrale sur le territoire », démontré par l’étude de l’Insee publiée en 2022 qui a remobilisé élus et opinion publique, le site s’est positionné pour recevoir le futur EPR2 après 2040.

L’ÉNERGIE FATALE D’UN DATA-CENTER

« La meilleure électricité est celle qu’on ne consomme pas », a rappelé Martin Leÿs, qui prône la sobriété. Le groupe EDF reste néanmoins très actif en matière d’énergies renouvelables. Première région solaire de France, la Nouvelle-Aquitaine compte 22 centrales solaires, mais aussi 7 parcs éoliens. En 2023, le projet d’agrivoltaïsme Vitisolar, qui consiste à installer des panneaux photovoltaïques au-dessus des vignes de l’ISVV de Villenave-d’Ornon, ou encore une nouvelle centrale solaire qui devrait sortir de terre en Gironde, mais dont la localisation précise n’est pas encore officielle, viendront compléter le parc renouvelable. « Nous allons aussi œuvrer, à la demande de la Région, à rééquilibrer l’éolien sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine », a affirmé Thibault Veyssière, directeur zone ouest EDF Renouvelables.

Une nouvelle centrale solaire devrait bientôt sortir de terre en Gironde

Autre piste suivie par EDF pour générer une électricité décarbonée : celle de Dalkia, spécialisée dans la production et la récupération d’énergies thermiques et les économies d’énergies pour les industriels. « Nous parvenons à effacer 1,2 million de tonnes de CO2 par an », revendique ainsi Gabriel Petit, directeur de l’agence commerciale Dalkia Aquitaine, qui emploie un millier de personnes sur le territoire et cherche à en embaucher environ 200. Notamment pour mener à bien l’un des chantiers emblématiques de 2023 : un data-center de 500 m2, situé au cœur de Bordeaux Métropole, dont les dégagements de chaleur ou « énergie fatale » seront récupérés pour alimenter en énergie un bâtiment multiactivités (industrie, commerces, coworking…) situé dans un écoquartier.

« ANNÉE NOIRE »

En dépit de « l’augmentation continue de la consommation d’électricité, en lien avec les usages toujours plus électriques du quotidien », remarque Olivier Roland, directeur commerce Sud-Ouest EDF, « la consommation d’électricité des particuliers a baissé de 10 % cet hiver », s’est-il félicité. Pas assez cependant pour compenser le plafonnement de l’augmentation des prix de l’électricité régulé à 5 % en 2022, puis 15 % en 2023. Ni la volatilité des prix de l’énergie, ainsi que l’obligation pour EDF de vendre son énergie nucléaire à un prix régulé bien inférieur à celui du marché, lié à l’Arenh (« Accès régulé à l’électricité nucléaire historique »). Résultat, 2022 devrait être « une année noire » pour les finances d’EDF, selon l’expression de Martin Leÿs, que l’on devrait constater lors de la publication des comptes du groupe à la mi-février.

La consommation d’électricité des particuliers a baissé de 10 % cet hiver

Par Jennifer WUNSCH avec Pauline MINGUET

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