Le Bouscat : SkinView Medic organise la lutte contre le cancer de la peau

Réunissant dans un même centre médical un scanner boosté à l’intelligence artificielle, ainsi que des médecins, dermatologues et chirurgiens, le centre SkinView Medic, premier du genre en France, propose le dépistage et la prise en charge complète des cancers de la peau.

SkinView Medic

Chaque lésion identifiée par la machine fait l’objet d'une dermoscopie par un médecin. © SkinView Medic

C’est pour répondre à l’augmentation des cas de cancers de la peau, qui ont plus que triplé entre 1990 et 2023 selon l’Institut national du cancer, ainsi qu’à la baisse du nombre de dermatologues enregistrée entre 2014 et 2022 (-22 %) par le syndicat national des dermatologues-vénérologues, que le centre SkinView Medic a été imaginé il y a un an.

« Nous avons découvert les technologies d’aide au diagnostic basées sur l’intelligence artificielle et avons voulu créer un centre dermatologique médical dédié au cancer de la peau avec le dépistage, le traitement médical et chirurgical, le suivi », décrit Romain Lavocat.

Ce chirurgien plasticien de la peau, cofondateur du centre SkinView Medic du Bouscat, s’est associé avec Vincent Cante, dermatologue, et Guillaume Lemierre, chirurgien plasticien, pour créer le premier centre du genre en France. Il a représenté un investissement de plus d’un million d’euros porté par les trois médecins, dont 600 000 euros pour la machine, le Vectra WB360 du laboratoire américain Canfield.

SkinView Medic, scanner Vectra WB360

Le scanner Vectra WB360 du laboratoire américain Canfield. © SkinView Medic

Jumeau numérique

Après un questionnaire médical et un entretien préalable, ce scanner de trois mètres sur deux réalise une série de photos du corps entier du patient. Puis l’intelligence artificielle le reconstitue en 3D et crée un jumeau numérique de sa peau, permettant un suivi dans la durée. Connectée à quatre ordinateurs, la machine permet d’identifier les lésions potentielles, qui présentent des critères anormaux de bords, par exemple.

Le dermatologue réalise ensuite une dermoscopie, un examen approfondi qui permet de classer les lésions par niveau de risque. « Chaque lésion obtient un score, pour huit types de cancers différents. D’emblée, on sait s’il faut l’enlever », explique Romain Lavocat.

L’IA ne peut pas remplacer le médecin, qui porte la responsabilité du diagnostic

« L’intelligence artificielle ne peut pas faire le travail du médecin, qui porte la responsabilité du diagnostic. Mais elle nous permet d’aller plus vite, et de sécuriser notre pratique en diminuant le risque de passer à côté d’une lésion, avec quasiment pas de faux positif jusqu’ici », estime le chirurgien.

Parcours de soins

Une fois les lésions qualifiées, le patient entre dans un parcours de soins complet, toute la prise en charge se faisant dans un seul et même lieu. Si les lésions sont douteuses, il revient passer une dermoscopie dans les trois à six mois. Si les lésions nécessitent une chirurgie, un autre rendez-vous lui est donné dans les 10 à 15 jours. « Nous sommes quatre chirurgiens vacataires à intervenir pour enlever les lésions », précise Romain Lavocat.

Les carcinomes sont ainsi retirés. Quant aux cas de mélanomes, ils font l’objet d’une réunion de concertation pluridisciplinaire au CHU de Bordeaux. « Nous pouvons également traiter par photothérapie dynamique (PDT) les lésions précancéreuses. Notre objectif est de traiter l’ensemble des lésions cutanées carcinologiques », résume-t-il.

SkinView Medic

Guillaume Lemierre, Romain Lavocat et Vincent Cante, cofondateurs de SkinView Medic. © SkinView Medic

Essaimer

Si le centre SkinView Medic veut démocratiser le dépistage du cancer de la peau, il faut compter deux ou trois mois d’attente pour obtenir un premier rendez-vous via Doctolib. « Nous proposons 25 à 30 rendez-vous par jour, cinq jours par semaine. Au total, depuis notre ouverture, nous avons traité plus de 5 000 patients », se félicite Romain Lavocat.

Chacun a dû débourser 150 euros pour l’examen, un montant non pris en charge par l’assurance maladie, mais en partie par certaines mutuelles. « Les consultations médicales et les contrôles sont eux pris en charge à 100 %. Et pour la chirurgie, nous limitons au maximum les compléments d’honoraires et avons mis en place le « différé santé » du Crédit Agricole, qui permet aux patients de reporter le débit de leurs dépenses de santé », précise le chirurgien, qui assure ainsi s’adresser au plus grand nombre.

Désormais sur les rails, avec un objectif de 6 000 patients annuels, et employant cinq salariés, le centre SkinView Medic du Bouscat veut essaimer en France. « Nous avons le projet de nous développer à Toulouse, peut-être à Rennes. L’idée est d’abord de monter une équipe de médecins et chirurgiens pour assurer la qualité de la prise en charge. Puis de conserver une participation minoritaire au capital de ces centres médicaux, auxquels nous apporterions notre expertise SkinView Medic », conclut Romain Lavocat.

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