À l’occasion de l’étape bordelaise de son tour de France annuel, le 27 avril dernier, France Invest, association qui fédère les acteurs du capital-investissement en France, a dressé leur bilan en Nouvelle-Aquitaine en 2025, en présence des délégués régionaux, Camille Le Roux Larsabal (Épopée Gestion) et Frank Stephan (GSO Capital).
« L’année a été très dynamique, avec près de 1,5 milliard d’euros investis dans 134 opérations. Ce qui place la région à la 3e place française en montants et à la 4e en nombre d’opérations », affirme Julie Dubernet, économiste chez France Invest. Le nombre d’entreprises accompagnées s’est maintenu à un haut niveau en 2025, bien au-dessus de la moyenne enregistrée depuis 2015.

Julie Dubernet, économiste chez France Invest © France Invest
Grosses opérations
Ces investissements en fonds propres et en dette privée, réalisés dans des entreprises non cotées et infrastructures, ont été tirés par de grosses opérations qui réunissent 70 % des montants investis, soit une part bien supérieure à la moyenne des années précédentes. « Trois entreprises ont reçu des tickets supérieurs à 50 millions d’euros et une centaine des petits tickets à moins de 5 millions d’euros », détaille Julie Dubernet. Le département de la Gironde ayant capté 85 % des investissements.
La région se distingue également par un nombre de transactions primaires élevé (41) réalisé sur des petites tailles de tickets, en moyenne 2,1 millions d’euros.

Carte de France du capital-investissement de France Invest. © France Invest
Santé, industrie, énergie
À la faveur de l’une des trois grosses opérations, la santé est devenue le premier secteur financé en Nouvelle-Aquitaine, avec 58 % des montants investis (857 millions d’euros).
L’industrie, secteur historiquement important, se classe première en nombre d’entreprises accompagnées, avec 28 % des opérations (157 millions d’euros investis dans 37 entreprises).
« L’énergie est également un secteur dynamique, avec des investissements orientés vers les énergies renouvelables qui ont représenté plus de 80 millions d’euros dans 8 entreprises néo-aquitaines », note Julie Dubernet.
Innovation
Si le capital-transmission concentre 79 % des montants investis (68 % en 2024) pour 34 % des opérations réalisées (25 % en 2024), « on remarque que le segment Venture & Growth, qui désigne l’investissement dans les start-up et scale-up en forte croissance, présentant une forte innovation mais généralement une absence de rentabilité, se maintient. Ce segment concentre plus de 40 % des investissements, avec 135 millions d’euros investis », indique Simon Ponroy, directeur des études économiques et statistiques chez France Invest.
Réunissant environ 670 membres, dont 470 sociétés de gestion et plus de 200 membres associés (cabinets de conseil, d’audit, d’avocats, d’experts-comptables, etc.), France Invest dénombre 72 acteurs ayant investi en Nouvelle-Aquitaine en 2025, dont 17 régionaux (avec leur siège ou un bureau sur place). « Il n’y a pas autant d’acteurs dans les autres régions. Cette dynamique régionale de l’investissement est liée d’une part à la taille de la Nouvelle-Aquitaine, mais aussi au niveau élevé de l’activité économique, ainsi qu’aux politiques publiques », note Simon Ponroy.

Simon Ponroy, directeur des études économiques et statistiques chez France Invest © France Invest
Transformations
En dépit « d’incertitudes qui se renforcent, et d’un contexte mouvant qui perdure, l’activité du capital-investissement est restée très dynamique en 2024 et 2025 », constate-t-il. France Invest observe un ralentissement en 2026, « avec moins d’ouvertures de capital, des entreprises plus prudentes, qui ont plus de mal à se projeter », déplore Simon Ponroy.
« On observe un ralentissement en 2026, avec moins d’ouvertures de capital »
Elles devront pourtant continuer de se transformer, la décarbonation, la résilience énergétique ou la transformation numérique restant des axes prioritaires pour leur pérennité. « Les acteurs du capital-investissement leur apportent les fonds propres ainsi que leur expertise sur les sujets de transmission, transformation, internationalisation… Ils sont engagés sur la durée. Nous sommes aussi là pour rassurer les chefs d’entreprise inquiets d’ouvrir leur capital », consent Laëtitia Gesp, directrice de la communication de France Invest.
Anne-Catherine Péchinot, directrice générale du réseau de seconde main girondin Easy Cash, était ainsi invitée comme grand témoin, afin d’expliquer comment « l’entrée de fonds à son capital a constitué un levier pour structurer son entreprise »…

Carte de la Nouvelle-Aquitaine du capital-investissement de France Invest. © France Invest