Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Palantir, un des cracks du Big Data

Palantir, la société américaine emblématique du « Big Data », a été introduite en bourse le 30 septembre dernier. Une success story fascinante qui donne envie en cette période de disette économique.

Palantir

En 2003, Peter Thiel, co-fondateur de PayPal avec Elon Musk, Alex Karp et Stephen Cohen, ont créé la société Palantir dont l’objet social est le développement et la commercialisation d’outils de visualisation et d’utilisation d’importantes masses de données, ce qu’on dénomme par un anglicisme très utilisé : le Big Data. Nom choisi en référence à la « pierre de vision » dans le Seigneur des Anneaux, la société a développé deux logiciels dénommés Gotham et Foundry qui permettent de faire la synthèse de données extrêmement diverses. Le premier logiciel dénommé Gotham est destiné aux gouvernements qui les utilisent dans les activités de renseignements.

Incubé par le fonds d’investissement de la CIA, Palantir a notamment réalisé des missions pour l’armée américaine, la CIA ou le FBI.

Le deuxième logiciel dénommé Foundry est destiné aux entreprises privées. Palantir utilise ce logiciel pour traiter des données à destination de clients présents dans des secteurs d’activité aussi divers que la cybersécurité, la lutte contre la criminalité, le maintien de l’ordre public, l’intelligence artificielle, l’industrie pharmaceutique, la conformité financière, les fusions acquisitions, les processus industriels, l’industrie automobile, le marketing, la gestion des ventes ou la gestion des risques. La société collecte ainsi différentes données telles que les informations financières, les données présentes sur les réseaux sociaux ou les navigations des internautes. Les algorithmes et la technologie utilisée par la société permettent de faire le lien entre des données en apparence sans rapport. De plus, selon le site Silicon, le marché des solutions de traitement et d’analyse des méga-données est en plein boom et devrait atteindre l’équivalent de près de 200 milliards de dollars en 2020. Le segment des services informatiques représenterait à lui seul 78 millards de dollars. Quant aux revenus issus du big data, ils s’élèveraient à 70 milliards de dollars.

Les actions de la société Palantir ont été introduites à la bourse de New York le 30 Septembre 2020 et le titre a atteint 9,73 US dollars à la fin de la première journée de cotation. Ce 30 septembre, le titre s’est envolé de 34 % par rapport à son prix de référence fixé à plus de 7 US dollars, ce qui a mis en évidence l’appétit des investisseurs pour l’action Palantir. Le document de référence relatif à l’introduction en bourse et mis à disposition sur le site de la Security Exchange Commission donne des informations précieuses sur la situation financière en présentant notamment le bilan et le compte de résultat de la société. La première information intéressante donnée dans le document est la progression exponentielle du chiffre d’affaires entre 2008 et 2019. Egal à 2 millions en 2008, il a progressé à 4 millions en 2009, 37 millions en 2010, 72 millions en 2011, 132 en 2012, 177 en 2013, 235 en 2014, 364 en 2015, 466 en 2016, 515 en 2017, 595 en 2018 et 743 en 2019. Une véritable augmentation exponentielle, digne d’une start-up et qui fait envie en cette période de disette économique.

En complément, sur la période des deux dernières années et demi, le compte de résultat se présente de la manière suivante (en millions de dollars) :

 

A sa lecture, on peut constater une forte progression du chiffre d’affaires de 2018 à 2020 et une réduction des pertes opérationnelles qui s’expliquent notamment par les coûts de développement des logiciels, comptabilisés obligatoirement en charges selon le référentiel comptable américain. Toute la question est donc de savoir quel est le total des frais cumulés de développement des logiciels depuis l’origine, dépenses qui pourraient être considérées comme des investissements ce qui améliorerait le niveau de résultat et la structure de bilan. On peut également noter dans le document une évolution favorable de la marge brute qui devrait passer de 14 % en 2018 et de 21 % en 2019 à 48 % en 2020. Dernières informations : les grandes masses du bilan.

On peut noter que les pertes cumulées depuis la création de la société se sont élevées à 3,6 milliards de dollars pour des capitaux apportés par les investisseurs de 4,6 milliards de dollars. Quant à la trésorerie, elle s’élevait à 1,5 milliards de dollars au 31 décembre 2019. Ces quelques chiffres traduisent le fonctionnement à plein régime du capitalisme américain et international qui n’hésite pas à financer à plein régime la nouvelle économie de la TECH. Le financement des entreprises par capitaux propres et donc par des apports financiers significatifs des actionnaires est une des clés de la réussite de l’économie américaine. Pour conclure, les actions Palantir, buy or not ?

Le titre s’est envolé de 34 %, ce qui a mis en évidence l’appétit des investisseurs

 

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