« C’est une excellente nouvelle pour les entreprises de l’innovation en santé. Et pour la souveraineté européenne », estime Arnaud Mascarell, cofondateur et CEO de FineHeart. La medtech girondine dévoile la première tranche de sa levée de fonds en série C en equity, d’un montant de 35 millions d’euros. Elle s’accompagne de l’entrée à son capital de nouveaux investisseurs. « Le Conseil européen à l’innovation (EIC) investit 15 millions d’euros via la Banque européenne d’investissement (BEI) », commence Arnaud Mascarell.
« Nous avons également réuni autour de la table des investisseurs qui auront un vrai rôle dans notre développement et notre stratégie », continue-t-il. Parmi eux, le Groupe Pasteur Mutualité (GPM), mutuelle des professionnels de santé, « qui doit nous accompagner sur la partie parcours de soins et prise en charge », détaille le dirigeant. Mais aussi le groupe industriel familial basque Etchart, et le family office Lurra de la famille Charritton, fondatrice du groupe Lauak. « Nous travaillons avec eux pour développer un savoir-faire industriel sur l’usinage de pièces en titane », décrit-il.
Le premier closing de cette série C, qui devrait atteindre en tout 50 à 60 millions d’euros, est complété par un investissement de la holding des fondateurs de FineHeart, FH Founders, qui conserve sa place d’actionnaire principal.
Chef de file européen
« Nous avons fait ce premier closing afin d’avoir les fonds propres nous permettant d’être éligibles à la subvention du programme PIIEC (projet important d’intérêt européen commun) Tech4Cure, dont nous sommes lauréats sur la partie DMIA (dispositif médical implantable actif). Nous avons obtenu 48 millions d’euros de financements publics pour concrétiser notre rôle de chef de file européen », assure Arnaud Mascarell.
Il incombera à FineHeart de travailler à lever les verrous technologiques inhérents aux DMIA : miniaturisation des systèmes d’alimentation électrique, réduction drastique des besoins énergétiques, fiabilité et durabilité à long terme des systèmes implantables. Des innovations qui constituent le socle technologique du FlowMaker® de FineHeart.
« Nous sommes déjà en train de nous rapprocher de partenaires industriels, en France et en Europe, afin de développer notre technologie sur leurs solutions », affirme le dirigeant. C’est l’industriel Tronico (groupe Argon) qui en aura la charge. « La propriété intellectuelle restera chez FineHeart, qui dispose déjà de 160 brevets internationaux, et notre technologie sera utilisable via des licences », précise Arnaud Mascarell. « La finalité de ce PIIEC est de redonner à l’Europe sa souveraineté sur les DMI. Notre ambition est de devenir le champion européen », résume-t-il.

Le bâtiment de FineHeart hébergera son usine de production à Pessac. © FineHeart
Industrialisation, études et innovation
Ces 83 millions d’euros doivent permettre à FineHeart de financer trois piliers de son développement sur les deux prochaines années. « Nous sommes dans une phase de préparation de l’industrialisation du FlowMaker® », poursuit Arnaud Mascarell, qui vient de se faire livrer un bâtiment de 3 500 m2 à Pessac. Son aménagement avec « les outils de production, les salles blanches, les centres d’usinage, les laboratoires, les bancs d’essai… » nécessitera une dizaine de millions d’euros.
L’entreprise doit également poursuivre ses études cliniques. « Chaque patient nous permet d’apprendre, d’adapter, de corriger, de mûrir. Nous avançons très vite », assure Arnaud Mascarell, qui estime le coût de cette phase à seulement quelques millions d’euros pour une dizaine de patients.
Parallèlement, FineHeart devra avancer sur la partie innovation, en particulier le transfert d’énergie au sein de son dispositif, les solutions de télémédecine ou encore la cybersécurité des données de santé. Employant actuellement environ 70 personnes, l’entreprise devrait embaucher une trentaine de personnes dans les trois ans.
Mise sur le marché
Puis dès 2028, FineHeart lancera une nouvelle levée de fonds, afin de mener les études pivots en Europe et aux États-Unis, et les études de marquage CE de son dispositif, qui doivent l’amener à la mise sur le marché. « Nous serons alors sur des besoins financiers bien supérieurs », anticipe Arnaud Mascarell. Durant cette phase, FineHeart pourra disposer d’une activité commerciale, grâce à une prise en charge des traitements sous la forme de forfaits innovation. Si tout se passe comme prévu, la mise sur le marché du FlowMaker® est estimée à 2030.
Nous sommes en train de nous rapprocher de partenaires industriels, en France et en Europe