Jean-Christophe Coubris le clame haut et fort, il a deux passions dans la vie : « le vin et le droit ». Il s’est investi dans l’un puis dans l’autre. Avant de ne plus choisir et d’avancer ses deux passions chevillées au corps. Et le vin comme le droit relèvent d’un véritable atavisme familial ! « Je ne suis jamais sorti de mes racines », sourit-il.
Concours d’avocat et DUAD
Enfant, Jean-Christophe Coubris parcourait les vignes du domaine familial assis sur les genoux de son grand-père. Le château La Mouline (à Moulis-en-Médoc) appartient à la famille depuis cinq générations. « Mais, dans ma famille, jamais les propriétaires n’ont eu comme activité exclusive la gestion du domaine », glisse-t-il. Tout juste la vingtaine, Jean-Christophe Coubris s’investit à son tour dans le domaine, participe à la vinification, passe le DUAD (formation en œnologie, n.d.l.r.), tout en menant en parallèle des études de droit. Passer le concours d’avocat est une évidence : « J’étais ébloui par la fonction de mon père (avocat) qui aidait les sociétés en difficulté ». Il prête serment en 1999. Mais il faut faire un choix, son frère, commercial est prêt à reprendre le domaine, lui « jette l’éponge ».
Ténor du barreau
En quelques décennies et affaires aux fortes retombées médiatiques telles que le médiator, la pilule Diane 35 ou encore des vaccins du Gardasil, le cabinet de Jean-Christophe devient la référence en matière de dommages corporels. C’est au sein du cabinet de son père, spécialisé en droit des affaires, qu’il rencontre le docteur Dominique Michel Courtois, président d’une association de victimes. Celui-ci va beaucoup lui apprendre. Jean-Christophe Coubris sera également associé avec son fils Philippe Courtois pendant plusieurs années. Lui-même est confronté personnellement au handicap : « J’ai pu constater les difficultés. La vie devient un combat. Le monde du handicap est d’une cruauté absolue sans moyens financiers », continue-t-il.
À la tête d’un cabinet comptant maintenant 15 avocats et autant d’assistant(e)s, il se montre à la fois exigeant et profondément humain. Pour lui, l’équipe est primordiale : « Défendre 3 500 victimes du Médiator et écouter chacune d’entre elles représente une immense charge de travail. » C’est ainsi qu’a émergé l’idée de coudre le nom de chaque victime à l’intérieur de la robe d’avocat révélée le jour de la plaidoirie. Un moment fort de sa carrière.
La Moulinette
En 2020, coup de théâtre, son frère se désengage du domaine viticole familial. « J’ai replongé dans ma passion initiale, se réjouit-il, dans un premier temps pour sauver la propriété familiale et finalement pour réaliser mes rêves d’enfant. » Il commence par restructurer les terres, engage la conversion en bio, modernise le matériel, rénove la propriété. Conscient des difficultés économiques du milieu viticole, il reconnaît que c’est sa double activité qui lui a permis d’investir autant dans la propriété. Et lui permet de trouver son équilibre : la semaine au cabinet et le week-end dans les vignes.
À mots découverts
Votre dernier coup de cœur : Le Petit Prince au Bassin des lumières, un voyage plein de douceur et de nostalgie, qui réveille mes souvenirs de lectures du soir où je tournais les pages du livre pour accompagner mes enfants vers le sommeil.
Votre cantine bordelaise : Le Wharf au port de la Vigne (Lège-Cap-Ferret). J’aime beaucoup la voile. Au retour de navigation, j’aime y dîner et prendre un verre.
Une figure girondine qui compte : Yves Parlier, Un homme capable de marier sa passion de la voile – que je partage modestement, avec infiniment moins de milles au compteur – à son univers d’ingénieur et d’innovateur. Avec une obsession : décarboner le transport maritime et prouver que l’aventure, la technologie et l’écologie peuvent enfin naviguer dans le même sillage.
Votre meilleur spot girondin : Je suis un amoureux du bassin d’Arcachon. Mon grand plaisir est de faire du paddle sur le bassin. Je peux passer des heures sur l’eau en contemplation.
Votre prochain projet : Ce n’est pas raisonnable sinon ce ne serait pas un projet mais je serais ravi d’avoir quelques vignes en Corse.