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[ Dossier Redressement judiciaire ] Tribunal de commerce de Bordeaux : La prévention, clé du succès

INTERVIEW - Philippe Passault, président du tribunal de commerce de Bordeaux, explique comment l’anticipation des difficultés, la mobilisation précoce des dispositifs de conciliation et l’accompagnement bienveillant du tribunal constituent de véritables leviers pour une issue favorable. Un plaidoyer pour agir avant la cessation des paiements.

Tribunal de commerce de Bordeaux, Philippe Passault

Philippe Passault est le nouveau président du tribunal de commerce de Bordeaux pour une mandature de quatre ans. © Louis Piquemil - Échos Judiciaires Girondins

Échos Judiciaires Girondins : Quelle est la part des redressements judiciaires dans les procédures collectives traitées par le tribunal de commerce en 2025 ?

Philippe Passault : « Nous avons eu 1 816 ouvertures de procédures collectives, dont 62 % se sont soldées par une liquidation directe et 38 % par un redressement judiciaire. Les redressements représentent 505 procédures, qui ont été clôturées cette année avec un taux de 85 % de conversion en liquidation directe. On peut donc dire que les entreprises ont malheureusement du mal à suivre leur plan, au regard notamment, de la conjoncture. Mais il n’y a pas plus de défaillances qu’avant. Les résolutions de plan de cette année ont été lancées il y a 3, 4 ou 5 ans. »

 

EJG : Comment fonctionne le tribunal ?

P. P. : « Cinquième tribunal de commerce de France en termes de volume, Bordeaux compte 8 chambres et 60 juges. Chacun siège une fois par semaine. Mais actuellement, il y a 55 juges pour différentes raisons. Le problème, c’est que nous ne pouvons recruter qu’une fois par an. Nous nous en sortons car nous avons des chambres bien constituées : quatre chambres de contentieux, trois chambres de procédures collectives, et une chambre de prévention et conciliation. »

 

EJG : Comment faites-vous face à l’augmentation de l’activité en effectif réduit ?

P. P. : « Nous avions anticipé cette augmentation. Nous avons créé la troisième chambre de procédures collectives sous la présidence de Jean-Marie Picot. Elle a fonctionné au début à temps partiel, mais nous avons vu arriver la vague. Après le covid, il y avait très peu d’assignations. Aujourd’hui, les trois chambres tournent à plein régime. Nous tenons le choc. Il y a eu une grosse augmentation des procédures collectives entre 2023 et 2024. Avec + 30 %, nous sommes passés approximativement de 1 400 à 1 750 procédures. Et nous avons eu une augmentation de 3,7 % entre 2024 et 2025. Nous avons peut-être atteint un plateau. Mais, nous avons démarré l’année avec le même niveau. Nous restons sur la jauge historiquement la pl…