L’histoire semblait être écrite. Mais la vie est longue, de belles surprises et des coups durs en modifient la trajectoire. Ainsi, Pascal Boueix, qui avait choisi de devenir architecte a codirigé un domaine viticole pendant 20 ans avant de reprendre la tête de l’entreprise de transports et logistique familiale. Dans la longue histoire de cette entreprise girondine, le nouveau dirigeant a apporté – outre ses compétences – sa spontanéité et son énergie. « L’archi, c’est passionnant ; le vin, c’est passionnant et les transports finalement aussi », se félicite-t-il.
Bâtiments industriels
À tout juste 20 ans, Pascal Boueix, qui a décroché son bac scientifique à La Sauque, se destine à des études d’architecture, bien qu’il ait hésité avec un diplôme d’œnologie. Il laisse le devenir de l’entreprise de transports familiale entre les mains de son frère Olivier qui travaille depuis quelques mois avec son père Claude. « Mon frère avait la fibre du commerce. » Pour lui, l’entreprise est un formidable terrain de jeu, ou plutôt d’apprentissage.
Comme la société développe sa partie logistique, il élabore les plans des plusieurs entrepôts qui sont construits dans la zone industrielle de Blanquefort. Maître d’œuvre, il se plaît à dessiner des bâtiments industriels, bureaux ou même des écuries. Il ne passera pas son diplôme à la fin de ses études et n’en garde aucun regret : « Je me sentais bien plus libre en ne dépendant pas de l’Ordre des Architectes », soutient-il.
Jeune agriculteur
À la fin des années quatre-vingt-dix, le jeune homme se marie avec la fille d’un viticulteur. Et son beau-père lui propose de reprendre son domaine de Lescaneaut. Un défi qu’il relève d’abord seul, avant d’être rejoint par son épouse, Malika, quelques années plus tard. À tout juste 30 ans, Pascal Boueix se retrouve à parcourir ses vignes sur son tracteur et suit même la formation de jeune agriculteur. « Ça demande beaucoup d’investissement de lancer son premier millésime, s’amuse-t-il, la première année, on entretient la vigne, après les vendanges, on vinifie et on récupère ses premières bouteilles après trois années. »
Décidément pas intéressé par les étiquettes, il commence à fabriquer du vin bio sans le faire labéliser : « Ce n’était pas un choix, élude-t-il, mais une question de bon sens. Il suffit de regarder les sigles de tête de mort sur les étiquettes pour comprendre qu’on ne va pas en déverser dans les vignes ». Les deux dirigeants font même le choix du vin naturel par la suite.
Décarbonation
L’accident de la vie, c’est en 2024. Son frère Olivier, alors PDG de l’entreprise Boueix, décède. La famille est ébranlée et ses parents sont résolus à vendre. C’est hors de question pour Pascal Boueix. Membre du conseil de surveillance, il avait continué à créer des bâtiments, puis commencé à s’investir durant les années de maladie de son frère.
Il se retrouve à la tête d’une entreprise de 120 personnes, met son pragmatisme et son expérience dans cette nouvelle mission et s’investit – par conviction – dans sa décarbonation : « Le milieu des transports est très concurrentiel. Les marges sont faibles. Ce qui fait la différence, c’est le sérieux et toute la partie sociale et humaine qui est primordiale. Il faut aussi savoir déléguer intelligemment, écouter et trouver les bons relais ».
À mots découverts
Votre dernier coup de cœur : Je me suis plongé dans La traversée des temps d’Éric-Emmanuel Schmitt. Cette œuvre, qui raconte l’histoire de l’humanité, devrait compter neuf tomes. C’est rempli de références historiques. Je vais commencer Soleil sombre sur l’Égypte des pharaons.
Votre cantine girondine : Le CCP (Club Plage Pereire) à Arcachon pour déjeuner face au Bassin, les pieds dans le sable.
Votre meilleur spot : La plage de la Lagune, après le Petit Nice (La Teste-de-Buch, ndlr.). J’adorais me balader dans la forêt environnante, mais je n’y suis pas retourné depuis les incendies de l’été 2022.
Une figure girondine qui compte : Alain Juppé parce qu’il a transformé Bordeaux et Laurent Marti, parce qu’il a beaucoup donné pour l’UBB et son ascension en Top 14. Hors Gironde, j’ai rencontré Jean-Marc Jancovici. C’est le créateur du bilan carbone qui fait des conférences avec des thèses vraiment intéressantes en matière d’écologie. Je suis en train de lire sa BD Le monde sans fin.
Votre prochain projet : Des projets de développement externe mais c’est encore secret !