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Bordeaux : Vitidrone, des drones dans la vigne

Incubé dans le Start-Up Studio Inria, puis dans le Start-Up Win de Bernard Magrez et Unitec, Vitidrone s’appuie sur l’évolution récente des drones et de l’intelligence artificielle pour proposer un engin autonome de détection précoce des maladies de la vigne, à un prix accessible.

Vitidrone

Théo Gauvrit, directeur technique, et Titien Cubilier, CEO de Vitidrone © Vitidrone

Cela fait plus d’une dizaine d’années que le secteur du drone s’intéresse à la vigne et aux cultures en général. Alors, qu’est-ce qui change avec Vitidrone et ses drones autonomes de détection précoce des maladies de la vigne ?

« Avec la guerre en Ukraine, les drones du marché et les capteurs ont atteint une très bonne qualité à un très bon prix. Nous avons choisi de délaisser la partie hardware, au profit du software. Et avec l’intelligence artificielle, nous arrivons avec une solution qui fonctionne enfin et un rapport qualité-prix accessible pour les viticulteurs », affirme Titien Cubilier, CEO et fondateur de Vitidrone.

Pour cet informaticien à la carrure imposante et au parler franc et volubile, passé par le Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRi) et la division drones de défense chez Thalès, et dont la famille a toujours travaillé dans les vignes de Pomerol et de Saint-Émilion, « côté ouvrier », tient-il à préciser, coupler son expérience du drone et sa passion pour la viticulture et la durabilité était une évidence.

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Un prototype de Vitidrone au-dessus des vignes. © Vitidrone

Décisif

Sa rencontre avec Théo Gauvrit, bio-informaticien en neurosciences, lors d’un cours de permaculture, donne vie au projet. Mais c’est surtout leur passage pendant un an dans le Start-up Studio Inria de l’université de Bordeaux qui leur permet de concrétiser leur projet.

« Nous avons obtenu un financement significatif de l’Inria, qui est en contrepartie propriétaire d’un pourcentage de Vitidrone sous la forme de BSA-Air, ce qui nous a permis d’être payés durant notre phase de R&D, tout en étant formés à l’entrepreneuriat. Nous avons pu utiliser leurs infrastructures, dont leur supercalculateur, pour développer nos algorithmes. Ça a été décisif », se félicite Théo Gauvrit.

Jumeau numérique

En un an, ils développent un drone capable de scanner une parcelle de façon 100 % autonome, puis de créer un jumeau numérique où chaque pied est géoréférencé, afin d’établir très rapidement la nécessité d’une intervention. « Le drone a besoin de 40 minutes de vol pour 2 hectares. Son automatisation très poussée facilite l’utilisation du produit par le viticulteur », estime Titien Cubilier. Fin connaisseur du secteur, il s’attelle à simplifier au maximum le système pour favoriser son adoption.

« Notre outil permet d’analyser le rendement, d’adapter les itinéraires techniques, de définir la nécessité d’un traitement, et cela pour chaque pied. Nous captons beaucoup de datas. Grâce à l’IA, on présente au viticulteur ce qui est utile. Nous prévoyons d’ailleurs de développer une application mobile d’aide à la décision », complète Théo Gauvrit.

Sur abonnement

Pour leur modèle économique, les deux amis ont opté pour un abonnement annuel avec mise à disposition du drone, sans coût supplémentaire par vol. « Le directeur d’exploitation doit simplement suivre une formation de télépilote imposée par la loi », glisse Titien Cubilier.

Sélectionné en 2026 par l’incubateur Start-Up Win de Magrez et Unitec, Vitidrone est actuellement testé dans plusieurs propriétés de Pomerol et Saint-Émilion. « Nous sommes entre autres au château Le Bon Pasteur, qui a appartenu à Michel Rolland avant d’être racheté par un groupe chinois ; ainsi qu’au Clos L’Apogée, château voisin de celui où j’ai grandi », confie Titien Cubilier, qui espère un jour tester ses drones dans les vignobles du groupe Magrez.

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Vues 3D et HD, avec identification des pieds de vigne, réalisées par Vitidrone. © Vitidrone

Vers la commercialisation

En dépit d’un contexte défavorable pour le secteur du vin, les deux compères restent confiants dans l’avenir de Vitidrone. D’une part, « nous avons conçu une solution adaptable à tous les types de cultures », rappelle Théo Gauvrit. D’autre part, « on constate une vraie appétence pour les nouvelles technologies et les solutions qui permettent de réduire l’utilisation d’intrants dans la vigne. Il y a une vraie pression, en particulier dans les centres urbains », estime Titien Cubilier.

Convaincus « qu’il y aura des drones dans la vigne » comme dans toutes les cultures en général, avec un besoin accru d’acquérir des données pour nourrir les outils d’aide à la décision, les deux dirigeants visent la commercialisation du Vitidrone d’ici la fin de l’année 2026.

Vitidrone

Date de création : 2026

Fondateurs : Titien Cubilier et Théo Gauvrit (28 ans)

Investisseur : Inria