Bordeaux : Slach branche les pros

Créée en 2016, l'entreprise Slach, spécialisée dans le reconditionnement d'appareils électroniques, se tourne vers les entreprises avec une offre BtoB et prépare l'ouverture de nouveaux magasins.

Maxime Brunet, Slach

Maxime Brunet, fondateur de Slach © Slach

« Je suis un fonceur réfléchi », résume Maxime Brunet, 32 ans. Fondateur, il y a dix ans, de l’entreprise bordelaise Slach (spécialisée dans le reconditionnement d’appareils multimédia électroniques), il a récemment acquis des locaux dans Bordeaux. Il y a ouvert sa nouvelle boutique. Au rez-de-chaussée, l’espace de vente, un espace de stockage. À l’étage, les bureaux et l’atelier. Ici, il redonne vie à des téléphones, ordinateurs, tablettes, à du matériel audio ou encore à des montres connectées.

Le marché était nouveau en 2015, quand il a décidé de se lancer à l’issue de sa licence entrepreneuriat techniques de commercialisation. Mais, poussé par l’envie d’entreprendre, il voulait être l’un des acteurs qui participerait à sa structuration. Et si le reconditionnement s’est imposé, c’est parce que « nous vivons dans un monde numérique qui n’est pas près de décroître. En revanche, les prix sont de plus en plus élevés, le pouvoir d’achat en baisse et la conscience écologique réelle », interprète-t-il. Le reconditionnement cochant toutes les cases, il a appris le métier et développé son activité. D’abord auto-entrepreneur, il a ensuite créé son entreprise : Slach, « entre l’occasion et le neuf. »

25 000 appareils en 10 ans

La première année, il a vendu 2 000 appareils, entre 3 000 et 4 000 en 2025 pour atteindre 800 000 euros de chiffre d’affaires. Slach a écoulé 25 000 appareils reconditionnés en 10 ans. Une « croissance lente mais maîtrisée », reconnaît-il, même si l’année 2026 a démarré sur les chapeaux de roues avec 11 000 appareils vendus sur les six premiers mois.

Cette hausse de l’activité coïncide avec le lancement de l’offre à destination des professionnels. Maxime Brunet fait le pari de proposer des produits en moyenne 10 à 15 euros moins chers pour attirer et se démarquer. « Le prix est divisé par deux pour un produit de deux ans par rapport à un produit neuf », explique Maxime Brunet.

De nouveaux magasins en 2027

Mais en 10 ans, il a fallu apprendre. La marketplace a été testée puis abandonnée. « Tout favorise l’acheteur », a conclu Maxime Brunet qui a opté pour un modèle hybride entre de la vente en ligne sur son site et un point de vente physique. En 2026, il prévoit de structurer au mieux les process en vue de l’ouverture de nouveaux magasins courant 2027.

Parmi les enseignements, le sourcing de fournisseurs a également pris du temps. Il a fallu acquérir une maîtrise technique et des compétences en matière de réparation. « Nous nous sommes développés en même temps que le marché », reconnaît-il. Aujourd’hui, grâce aux logiciels disponibles, il faut une dizaine de minutes pour tester un produit. »

Mais au-delà de la technique, Maxime Brunet reconnait avoir « pêché dans les recrutements. » Il a vu passer une trentaine de salariés dans l’entreprise qui tourne aujourd’hui avec quatre personnes. « Quand on cherche à être accompagné, on nous parle surtout de modèle économique et de plan de financement mais c’est l’humain le plus compliqué ! »

Le concept de reconditionnement a lui-même évolué. « En 2016, le reconditionnement était un concept fourre-tout, avec beaucoup d’acteurs étrangers sur les marketplaces qui utilisaient des pièces de mauvaise qualité. Aujourd’hui, il s’agit d’un produit repris par un professionnel, testé, vérifié, certifié, et remis en vente », explique Maxime Brunet qui préfère conserver l’écran d’origine avec une rayure plutôt que de le changer.

Maxime Brunet, Slach

Maxime Brunet, en pleine réparation. © Hélène Lerivrain

Des formations dédiées

Il en convient : le secteur souffre encore d’une mauvaise image. « Il faut aller au-delà des notes A, B, C attribuées en fonction de l’état du produit. L’esthétique ne suffit pas », assène Maxime Brunet. En ce qui le concerne, il explique ne se fournir qu’en produits français et européens, principalement auprès d’acteurs en relation directe avec les grands opérateurs de télécoms ou auprès d’entreprises françaises qui renouvellent leur flotte informatique et mobile.

« Le marché sera vraiment mûr dans dix ans », estime Maxime Brunet qui voit toutefois des avancées. Parmi elles, la création d’offres de formation dédiées. Localement, un diplôme de technicien en reconditionnement des équipements numériques, porté par l’IUT de Bordeaux, a ainsi été lancé en 2024.

« Le marché sera vraiment mûr dans dix ans »

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