Gironde : Les tonneliers font de la résistance

La crise viticole rattrape une filière emblématique de la Gironde. Entre recul des exportations, chute des commandes et disparition d’un acteur du financement des barriques, les tonnelleries accusent le coup. Pour passer la tempête, elles misent sur la montée en compétences, l’innovation et de nouveaux débouchés.

François Witasse

François Witasse, président du syndicat des maîtres tonneliers du Sud-Ouest et PDG de Demptos © Louis Piquemil - Echos Judiciaires Girondins

Du bois, de l’acier, du feu, des gestes techniques assurés. Rentrer dans une tonnellerie, c’est faire un bond hors du temps. Entre la maîtrise de la chauffe et la précision des assemblages, le savoir-faire y est manuel et ancestral. À Saint-Caprais-de-Bordeaux, la tonnellerie Demptos, du haut de ses deux siècles, a d’ailleurs rejoint le club fermé des entreprises du patrimoine vivant, un label qui vient couronner le maintien de cette tradition.

Tonnellerie Demptos

© Louis Piquemil – Echos Judiciaires Girondins

Pourtant, l’activité est en recul, selon la fédération des tonneliers de France qui regroupe 67 entreprises dont 17 dans le Sud-Ouest, essentiellement en Gironde. Selon une communication du mois de juillet, leur chiffre d’affaires s’est contracté de 11,7% en valeur en 2026 par rapport à 2025. Avec 485 871 fûts vendus, le volume est également en recul de 14%.

La tonnellerie Demptos.

La tonnellerie Demptos. © Charlotte Bommelaer

La tonnellerie Demptos.

La tonnellerie Demptos. © Charlotte Bommelaer

« Il fait bien comprendre que notre filière est un satellite de la filière viticole », réagit François Witasse, président du syndicat des maîtres tonneliers du Sud-Ouest et président directeur général de la tonnellerie Demptos, qui emploie 50 personnes. « Notre santé économique dépend donc de celle de nos clients qui, en l’occurrence, ont du mal à vendre leur vin. Nous ne nous sommes pas mis en difficulté tous seuls. » Et si « la situation est particulièrement difficile à Bordeaux, la crise est planétaire », ajoute Gaëtan Martos, président de la Tonnellerie Bordelaise à Martillac.

« Notre santé économique dépend de celle de nos clients »

Le repli à l’export

« L’export représente plus de 60 % de l’activité de la tonnellerie française », explique François Witasse. Or, toutes les zones géographiques sont en repli en 2026, comparativement à 2025, rapporte la fédération des tonneliers de France. Le continent américain, marché leader avec la France, est le plus en recul…

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