Couverture du journal du 25/11/2022 Consulter le journal

Art contemporain : BAD+, nouveau rendez-vous bordelais

Jean-Daniel Compain, directeur de salons prestigieux tels que la Fiac ou la Biennale des antiquaires et de la haute joaillerie, organise « BAD+ », premier salon de l’art contemporain de Bordeaux du 7 au 10 juillet prochains.

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© Shutterstock

« Paris n’a pas le monopole de l’art ! » Et pourtant, l’auteur de cette remarque, Jean-Daniel Compain, directeur culture, luxe et loisirs du groupe Reed, a organisé bien des salons à Paris : Fiac, Paris Photo (à Los Angeles également), Biennale des antiquaires et de la haute joaillerie, Salon du livre, Salon nautique… Et pour lui, « BAD+ (Bordeaux Art and Design) », qui se tiendra au Hangar 14 du 7 au 10 juillet prochain, a toute sa place. « Je considère qu’il y a une formidable carte à jouer dans la ville de Bordeaux, dont les institutions (CAPC, Madd, Frac Nouvelle-Aquitaine, la MECA, Musée des Beaux-Arts…) ont un très fort lien avec l’art contemporain », souligne-t-il, « Bordeaux est plus qu’une ville de province, ayant une aura internationale et des collectionneurs importants, certes plus discrets qu’à Paris. Elle est très bien desservie, à seulement 2 h de Paris, avec un aéroport international, où atterrissent aussi des jets privés de toute l’Europe, pour venir visiter les vignobles, d’où un lien qui peut être fait entre art et art de vivre. »

GALERISTES D’ICI ET D’AILLEURS

Natif de Bordeaux, Jean-Daniel Compain, qui vit à Paris depuis 50 ans, a passé le premier confinement dans l’Entre-deux-Mers. En mai, il visite le H14 et rencontre Stéphane Kintzig, directeur de Congrès Expositions de Bordeaux (CEB). Jill Silverman van Coenegrachts, conseillère en art de grands collectionneurs et fondations, rejoint l’aventure. Bordeaux fera donc partie des rares villes de province à se risquer à monter des salons d’art de qualité (avec Strasbourg, Lille et Marseille). Au sein de la capitale, la concurrence est rude, preuve en est l’éviction de la Fiac par Art Basel (qui se tiendra en octobre au Grand Palais) obligeant ainsi les galeries à être plus sélectives. « BAD+ a un modèle différent, pour un public à conquérir, dans un territoire à fort potentiel. » L’événement devrait attirer 15 000 personnes, comme l’espèrent les organisateurs : « La particularité de l’art, c’est que c’est très subjectif », souligne Jean-Daniel Compain, « on veut sélectionner les meilleures galeries possibles. » Parmi la cinquantaine de galeries retenues, on trouve des parisiennes, ainsi qu’une vingtaine de provenances internationales dont le Luxembourg, l’Espagne, la Belgique, États-Unis, Chine, Suisse et 3 Girondines : la galerie DX (Bordeaux) BAG (Bakery Art Gallery à Bordeaux) et Laurence Pustetto à Libourne. « Il y aura des galeries confirmées et de jeunes galeries à découvrir. Notre but est de faciliter l’accès à l’art contemporain », note l’organisateur qui précise. « Le BAD+ n’est pas une foire régionale. Elle s’adresse à des collectionneurs bordelais et étrangers, et dans une autre dimension aux Aquitains. La première édition est très importante car on s’adresse à des personnes cultivées et raffinées. Ce qui compte c’est la qualité des visiteurs. »

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Jean-Daniel Compain © atelier Gallien – Echos Judiciaires Girondins

L’art contemporain dans le vignoble BAD+ propose également une sélection de programmes autour de la ville. Le parcours Etre’vues est un programme destiné aux collectionneurs et institutions constitué de visites, parcours privés et événements festifs. Il s’appuie sur le service VIP&Protocole pour donner un accès privilégié au salon, aux musées et aux châteaux partenaires tels que Smith Haut Lafitte, Chasse-Spleen, Arsac, ou encore Lynch-Bages. Une autre programmation audacieuse envahira les rues, les quais, les parcs et les murs de Bordeaux, en accès libre et gratuit. L’idée étant de célébrer le rôle de l’art dans la réflexion sur la ville comme espace d’expression et de construction collective. Enfin, le club BAD Girls/BAD boys sera dédié à la promotion et au développement des relations entre les acteurs économiques (chefs d’entreprises, propriétaires viticoles, professions libérales…) et le monde de l’art pour mieux faire connaitre le mécénat, du type loi Aillagon.

« Beaucoup de chefs d’entreprises ne savent pas qu’ils peuvent acheter de l’art jusqu’à 0,5 % de leur chiffre d’affaires et amortir cet achat sur 5 ans », précise Jean-Daniel Compain. Alienor Capital fait d’ores et déjà partie des partenaires, pour présenter les facilités fiscale et financière pour l’acquisition d’œuvres d’art, tout comme le cabinet Barnett Avocats, spécialisé dans le marché de l’art. Dans ce cadre, conférences et visites privées auront lieu chaque matin avant l’ouverture au public.