Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

Barreau de Bordeaux : Christine Maze, bâtonnière engagée

Nouvellement entrés en fonction, la Bâtonnière Christine Maze et le Vice-Bâtonnier Pierre Fonrouge ont présenté leur programme à l’occasion de la remise du Bâton le 27 janvier. L’occasion de réaffirmer le rôle de l’avocat, garant des droits, dans la cité.

Christine Maze, Bâtonnière Bordeaux

Christine Maze, nouvelle Bâtonnière © Atelier Gallien - Echos Judiciares Girondins

Ils ont fait leur campagne sur le thème de la transparence. Élus le 22 juin dernier, la nouvelle Bâtonnière Christine Maze et le nouveau Vice-Bâtonnier Pierre Fonrouge ont insisté sur cette « nécessité » de transparence du Barreau du Bordeaux : « notre profession s’occupe beaucoup des autres », a remarqué Maître Maze, « il faut des Bâtonniers proches et engagés à soutenir les difficultés du quotidien. Il faut aussi beaucoup de transparence pour restituer le travail du Conseil de l’Ordre auprès des confrères, avoir une communication plus lisible de toutes les actions pour promouvoir le rayonnement du Barreau, et promouvoir notamment l’avocat dans la Cité ». Complémentaires et habitués à collaborer, Christine Maze et Pierre Fonrouge se présentent comme un binôme solidaire. C’est le 28 janvier dernier, qu’a eu lieu, à la Maison de l’Avocat, le passage de bâton entre les deux duos Bayle/Laveissière et Maze/Fonrouge. « Ce bâton qui est porté chaque 19 mai, jour de la Saint-Yves, saint patron des avocats, et qui est le symbole de la charge que nous portons », a déclaré Maître Christophe Bayle lors de la passation. Cet événement a été organisé en présence de Jacques-Brice Momnougui, avocat bordelais et président du comité de défense des libertés fondamentales et de Raana Habibi, avocate afghane accueillie par le Barreau de Bordeaux. À cette occasion, la nouvelle Bâtonnière a pu présenter les axes forts de ce nouveau mandat.

UNE CRÈCHE POUR LES AVOCATS, PROCHE DU PALAIS DE JUSTICE

« Nous voulons un Barreau ouvert sur la vie de la cité », a affirmé Christine Maze, qui a ainsi développé le thème de la proximité comme élément fort de son mandat, avec un bureau ouvert, en accès direct tous les mercredis sans rendez-vous à la Maison de l’Avocat. Elle a aussi évoqué la prise en compte de la santé – qu’elle soit psychologique ou financière – des consœurs et confrères. Pour faire face aux difficultés du quotidien, la nouvelle Bâtonnière a annoncé un projet de crèche, « un enjeu de mon bâtonnat ». Le lieu devrait être proche du Palais de Justice, en discussion avec l’ENM qui aurait le même besoin, et qui pourrait prendre modèle sur ce qui a été fait à Marseille.

Pierre Fonrouge, Christine Maze, Christophe Bayle, Caroline Laveissière

Pierre Fonrouge, Christine Maze, Christophe Bayle et Caroline Laveissière © Atelier Gallien – Echos Judicaires Girondins

 

« L’accès aux droits est crucial, qu’il concerne les femmes et enfants victimes de violence, comme les entreprises en difficultés, et nous voulons développer la connaissance que l’avocat est garant de ces droits », a souligné la Bâtonnière. « Nous nous inscrivons dans une démarche d’ouverture initiée par Anne Cadiot-Feidt », a annoncé Pierre Fonrouge, poursuivie par les Bâtonniers suivants et réinitiée par ce nouveau Bâtonnat.

Nous serons les seuls garants du droit

Des rendez-vous ont été pris avec les différents acteurs : Mairie, Conseil Régional, Département, CCI, ainsi que les partenaires tels que l ’Ordre des Experts-Comptables pour privilégier un maillage local et préserver le rôle de l’avocat. Pierre Fonrouge a souligné l’importance des relations et actions communes avec les Barreaux internationaux, notamment ceux de Bruxelles et Québec, et de renforcer le lobbying auprès des instances nationales. « L’avocat est un acteur incontournable et le garant de tous les droits », a-t-il déclaré, avec la volonté de promouvoir sa visibilité, d’engager des actions de communication en ce sens.

Nous souhaitons être un Barreau pragmatique et moderne

« Nous sommes très militants pour garantir le droit des entreprises en difficultés, avec la possibilité de partenariat avec la Région, comme pendant le Covid, pour leur défense. Nous souhaitons être un Barreau pragmatique et moderne », a également rappelé la Bâtonnière, estimant qu’« il faut nous réinventer pour être au plus près des justiciables et des collègues qui œuvrent dans l’intérêt des libertés. »

AU PLUS PRÈS DES VICTIMES

Journée internationale du droit des femmes, consultation pour les femmes vulnérables, action économique, Rallye des Pépites, café de la création du Crédit Agricole sont autant d’événements auxquels le Barreau s’est associé et veut porter auprès du grand public. La Bâtonnière a cité également les grands combats de la défense, les violences intrafamiliales et conjugales, annonçant au passage des partenariats avec les taxis pour aller chercher les femmes en danger, et le développement du bus du droit pour aller au contact des territoires. Elle a également mis en exergue le maillage avec le Cauva (Centre d’Accueil en Urgence de Victimes d’Agression) et les commissariats : « Nous sommes des lanceurs d’alerte et sommes là pour les victimes ». Autre chantier : la visite des lieux de privation des libertés.

« Tout citoyen peut se trouver en garde à vue. Mais lorsque nous constatons les lieux souillés et les conditions de détention dans lesquels ils se retrouvent dans des moments d’extrême faiblesse. » C’est sur ce terrain jusqu’alors inexploité qu’ont décidé d’avancer les nouveaux élus : « Notre Bâtonnat sera dans l’action, nous dirons, nous ferons ». Cette conférence a également été l’occasion pour Christine Maze d’apporter son soutien à l’action « porteuse de sens » de Jacques-Brice Momnougui, avocat au Barreau de Bordeaux, venu présenter le premier numéro de La Revue des libertés fondamentales consacré à la vaccination obligatoire. L’engagement de la Bâtonnière s’est ensuite manifesté dans la présentation de Raana Habibi, avocate afghane spécialisée dans la défense des femmes et enfants victimes de violences, qui a dû fuir son pays à l ’arrivée des Talibans, et qui a relaté son parcours et son combat. « Je cherche à vivre fière et heureuse », a déclaré cette dernière, soutenue par les avocates bordelaises Guislaine Sèze et Estellia Araez.

 

Christine Maze, Bâtonnière Bordeaux

Christine Maze, nouvelle Bâtonnière © Atelier Gallien – Echos Judicaires Girondins

LE GARDE DES SCEAUX INTERPELÉ

C’est un début de mandat déjà chargé pour Christine Maze et Pierre Fonrouge qui ont assisté le 21 janvier dernier à leur première conférence nationale des Bâtonniers. À cette occasion, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a exposé ses engagements et les efforts budgétaires face au mouvement des magistrats. Pas suffisant pour un secteur qui part de loin, « nous l’avons interpelé sur la fracture numérique puisque le Tribunal de Bordeaux n’a pas tous les serveurs nécessaires pour développer la procédure pénale numérique, et les avocats n’ont pas de wifi avocats ». Une volonté une fois encore d’être pragmatique, suivie par d’autres Barreaux qui se sont joint à la demande des Bordelais.

« Cette conférence est un lieu d’échanges sur notre exercice très fructueux », a indiqué Pierre Fonrouge. Ce début de mandat est aussi l’occasion de poursuivre les combats tels que la lutte contre la surenchère de lois, décrets, ordonnances. « Il faut dire stop à l’inflation législative. » Une demande partagée par les magistrats, dont on a complexifié le travail. La nouvelle Bâtonnière s’est également élevée contre les procédures sans audience. « Il est hors de question qu’on éloigne encore plus le justiciable de son juge. Nous sommes contre la déjudiciarisation qui cache juste que les juges n’ont pas les moyens de faire leur travail. » On le constate, le justiciable reste au cœur des préoccupations des avocats

LE BARREAU DE BORDEAUX EN CHIFFRES

1 850 avocats

5e Barreau de France

64 % de femmes, 36 % d’hommes

43 ans d’âge moyen

LES MEMBRES DU CONSEIL DE L’ORDRE

Christine Maze, Pierre Fonrouge, Anne Cadiot-Feidt, Jérôme Dirou, Dominique Bouisson, Myriam Sebban, Pierre Gramage, Julie Amigues, Fabrice Delavoye, Kristell Compain Lecroisey, Aurélie Viandier-Lefèvre, Christophe Bayle, Philippe Leconte, Bertrand Lux, Estellia Araez, Mathieu Gibaud, Jérôme Delas, Maud Sécheresse, Sylvie Bourdens, Cécile Ride, Arnaud Pilloix, Nicolas Weissenbacher, Caroline Laveissière, Marie Tastet, Damien Simon, Yasmine Develle, Louis Tandonnet.

 

Maître Christine Maze a prêté serment à Pau en 1992

Pénaliste, elle a été associée à Maître Francis Delom durant 22 ans. En 2015, elle a racheté ses parts et fondé une Selarl. Membre du Conseil de l’Ordre depuis 2015, elle a créé le pôle MNA du Barreau de Bordeaux, un organe unique et de référence au niveau national. Elle qui se présente comme « une femme libre » a confié ses dossiers à ses collaborateurs pour se consacrer totalement au Bâtonnat pendant 2 ans.

« C’est une démarche de proximité avec tous mes confrères qui m’a conduit à me présenter (…) Loin des postures, je souhaite travailler avec pragmatisme et humanité ».

Maître Pierre Fonrouge

est titulaire d’un IUT en Génie Civil et a suivi des études de droit. Il a prêté serment en 2001 à la Cour. Il s’est inscrit comme avocat en 2011 et a rejoint le groupe LEXAVOUÉ.

Membre du Conseil de l’Ordre depuis 6 ans, il a assuré les arbitrages d’honoraires, accompagné ses confrères pour les procédures d’appel et la gestion du RPVA. Il a fait également partie du pôle confraternel et de la commission d’entraide.

« Je suis fier de seconder la 2e Bâtonnière de notre Barreau. Nous sommes tous deux particulièrement attachés à ce travail à deux. »