Couverture du journal du 11/06/2021 Consulter le journal

Business Angels : La fine équipe du nouveau Finaqui

Nouveau bureau, nouveau conseil d’administration, nouvelles ambitions… Sous l’impulsion de son nouveau président Guillaume-Olivier Doré, l’association de Business Angels Finaqui se relance en changeant de dimension : elle veut devenir LE club des entrepreneurs aquitains.

Les nouveaux membres du bureau de Finaqui : Thomas Bulle, futur permanent de l’association, Grégoire Baggio, Laurent Galinier, Guillaume-Olivier Doré et Sylvain Barret sont animés par la même volonté : « se rassembler au sein d’un club d’entrepreneurs » et « investir dans l’économie réelle locale » © Atelier Gallien / Echos Judiciaires Girondins

En sommeil depuis bientôt 2 ans, l’association aquitaine de Business Angels Finaqui avait besoin d’un nouveau souffle. Alors il y a 6 mois, le financier Axel Champeil, secrétaire transitoire de Finaqui, a contacté Guillaume-Olivier Doré, multi-entrepreneur du secteur de la finance, pour lui proposer de relancer l’association créée à Bordeaux en 2007. Une mission taillée pour celui qui a fondé la Fintech bordelaise Elwin, et créé en 2003 à Paris un fonds d’investissements qu’il a fait monter à 500 millions d’euros avant de le revendre 12 ans plus tard pour venir s’installer à Bordeaux. Œuvrant dans une certaine continuité, avec « l’idée de construire un projet plus ambitieux, sans dénaturer ce qu’était Finaqui historiquement », afin d’y faire adhérer la centaine de membres que compte la plus importante association de Business Angels de Nouvelle-Aquitaine, Guillaume-Olivier Doré change néanmoins les choses en profondeur.

Nous voulons accroître la capacité d’investissement de Finaqui et la professionnaliser

Juste après son élection en tant que président en novembre 2020, il s’attèle en premier lieu « à organiser un petit groupe de bénévoles motivés pour reprendre le flambeau », explique-t-il. Le nouveau bureau est monté (en parallèle de l’ancien) dès le mois de décembre, avec un nouveau vice-président, Laurent Galinier, entrepreneur dans le secteur du commerce d’optique ; un nouveau secrétaire, Grégoire Baggio, entrepreneur dans la Fintech ; un nouveau trésorier, Sylvain Barret, entrepreneur dans le médical et le para-médical, chez Finaqui depuis 3 ans ; et enfin Thomas Bulle, l’un des deux futurs permanents de l’association, qui travaille depuis 3 mois à la normalisation des process d’investissements.

« Nous voulons accroître la capacité d’investissement de Finaqui et la professionnaliser, en lui appliquant les méthodes et normes de l’industrie de l’investissement. C’est la partie immergée de l’iceberg, mais c’est un point essentiel pour atteindre une certaine qualité de service », assure Guillaume-Olivier Doré, qui souhaite à terme « fédérer au sein de Finaqui l’ensemble des fonds d’investissements de la région », en tant que partenaires et potentiels co-investisseurs.

Il n’y a plus d’obligation d’investir dans les sociétés pour être membre de Finaqui

CLUB D’ENTREPRENEURS

Autre changement majeur engagé par le président de l’association et son équipe : faire de Finaqui un club d’entrepreneurs ouvert et y développer l’accompagnement des projets. « C’est un important changement de paradigme : il n’y a plus d’obligation d’investir dans les sociétés pour être membre de Finaqui, il suffit d’avoir la qualité d’entrepreneur » et de s’acquitter de l’adhésion de 100 euros, indique Guillaume-Olivier Doré.

Celui qui a cofondé Viadeo, créé le premier groupement de Business Angels français Agregator, et endosse depuis 2 ans le rôle de vice-président de French Tech Bordeaux, en est persuadé : « il n’y a pas mieux que le partage de savoir-faire entre entrepreneurs pour réussir. C’est ce que nous voulons recréer ». C’est pour animer ce nouveau réseau que Guillaume-Olivier Doré souhaite recruter un deuxième permanent. C’est aussi la raison pour laquelle il a décidé de renouveler le conseil d’administration de l’association en l’ouvrant à des personnalités d’horizons différents, afin d’accompagner les projets « en fonction de leur degré de maturité » et de leurs « besoins d’expertise sectoriels ».

Ils sont plusieurs à s’être déjà portés volontaires en tant que « futurs nouveaux membres actifs de Finaqui » (voir encadré) dont Stéphane Laurent, Hélène Desliens, Cyril Texier ou encore Nicolas Castet. « Nous allons nous élargir à des secteurs qu’on ne connaissait pas en fonction du savoir-faire des membres. Chacun a des compétences à apporter aux entreprises qu’on accompagne, chacun amènera sa valeur ajoutée dans le dispositif », assure Guillaume-Olivier Doré. L’entrepreneur engagé veut aussi développer chez Finaqui deux sujets qui lui tiennent à cœur : l’inclusion et l’économie sociale et solidaire (ESS). « Nous recherchons la diversité et la parité parmi les membres du bureau et du conseil d’administration.

C’est pourquoi nous lançons un appel au peuple », annonce-t-il. « Nous voulons aussi que Finaqui soit ouvert aux entrepreneurs, coopératives et fonds d’investissements spécialisés de l’univers de l’ESS, car les entreprises de demain doivent avoir la capacité de s’imprégner de cette culture, de même que les entreprises de l’ESS doivent pouvoir s’imprégner des notions d’économie traditionnelle », estime-t-il.

FONDS « EVERGREEN »

Le nouveau véhicule d’investissement Finaqui « Evergreen » devrait être prêt fin avril. Sans durée limitée (contrairement aux précédents Finaqui 1, 2 et 3), ce fonds a vocation à grossir « en acceptant de nouveaux investisseurs à tout moment » et grâce au réinvestissement des plus-values. « Cela constitue là aussi un changement de culture pour Finaqui, en nous mettant dans la posture d’investisseur long, aux côtés des dirigeants », insiste Guillaume-Olivier Doré. Les premiers investissements, des tickets moyens entre 100 000 et 300 000 euros, devraient être faits avant l’été.

Nous souhaitons fédérer l’ensemble des fonds d’investissements de la région

« Nous avons déjà identifié 3 dossiers parmi la dizaine que nous analysons chaque semaine », dévoile le président de Finaqui, qui veut tout simplement en faire la plateforme « sur laquelle, de manière réflexe, les entrepreneurs adhèrent ou se connectent lorsqu’ils ont besoin de partager avec leurs pairs ou de financer leur entreprise ». Un projet ambitieux, vous dit-on !

DES POIDS LOURDS AU CONSEIL D’ADMINISTRATION

Vice-président et trésorier de French Tech Bordeaux, très impliqué dans les réseaux d’entrepreneurs, Guillaume-Olivier Doré a fait jouer ses relations pour attirer les premiers futurs nouveaux membres actifs du Board de l’association.

Parmi eux, l’entrepreneur Stéphane Laurent, ancien vice-président de French Tech Bordeaux, ancien directeur du domaine d’activité stratégique santé du pôle de compétitivité Alpha-RLH, artisan de la création du méta-cluster santé régional ALLIS-NA, membre du conseil national de la e-santé, « petit investisseur » « très motivé pour investir et participer à l’association de manière active dans le champ de la santé et de la e-santé » et les partenariats.

Hélène Desliens, spécialiste du numérique, de la formation et de l’accompagnement des projets innovants, mais aussi vice-présidente de French Tech Bordeaux et membre du réseau international des experts de Google. Ce qui l’intéresse dans le projet : « un club permettant de créer des relations de confiance qui feront grandir ces projets d’entreprise », tout en la familiarisant avec le secteur de l’investissement.

Cyril Texier, co-fondateur de l’éditeur de robots conversationnels Dydu, qu’il vient de quitter à la faveur d’une levée de fonds. Le président de French Tech Bordeaux depuis 2 ans espère, en entrant au Board de Finaqui, « faire travailler ensemble les deux associations. Ce club d’entrepreneurs pourrait intéresser les adhérents de la French Tech. L’idée, c’est de se rencontrer, d’échanger et de créer des opportunités ».