Couverture du journal du 23/10/2020 Consulter le journal

FIFIB Bordeaux : en avant les films

Près de 80 films programmés, des invités et un jury de renom. Le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (Fifib) aura lieu du 14 au 19 octobre 2020. Une bonne nouvelle pour le monde du cinéma.

Il fallait des capacités d’adaptation pour maintenir un festival dédié au cinéma en temps de crise sanitaire ! C’est le pari réussi du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) qui fête sa 9e édition.

« On est passé par plein de phases », commente sa cofondatrice Pauline Reiffers, « on a perdu certains sponsors, mais consolidé nos relations avec nos partenaires historiques, on a dû s’adapter. » Il est vrai que cette édition se déroule dans un contexte très compliqué, avec l’annulation en mai dernier du festival de Cannes, pilier du cinéma mondial, et des films bloqués. La programmation en a donc été bouleversée. L’édition 2019 s’était montrée prometteuse, avec la projection de 82 films, dont 29 en compétition, 27 000 spectateurs (+ 2000 par rapport à 2018) et surtout des jurés et invités de renom tels que James Gray ou Alejandro Jodorowsky. Et cette année, l’équipe a pu compter une fois encore sur un jury de qualité, pluridisciplinaire « jeune et turbulent » à l’image de Maïmouna Doucouré qui a défrayé la chronique avec son dernier opus Mignonnes . Le film, primé au festival de Sundance, qui s’attaque à l’hypersexualisation des préadolescentes, a scandalisé la frange ultraconservatrice de la droite américaine et alimenté la controverse aux États-Unis ! Le jury accueille également Alexis Langlois, primé au Fifib 2019 pour sa comédie queer De la terreur, mes sœurs, tournée à Agen, aux côtés de Delphine Gleize, réalisatrice, scénariste, et actrice, Lio, qui n’est pas seulement la chanteuse pop des années 80 « Queen of the Bananas » comme elle le dit elle-même, mais qui a également tourné avec Chantal Akerman, Catherine Breillat, etc. Font également partie de ce jury Johan Papaconstantino, artiste qui puise son inspiration dans la musique et la peinture, ainsi qu’Alma Jodorowsky (petite-fille d’Alejandro) comédienne, mannequin et chanteuse. « C’est un jury plutôt turbulent cette année », s’est amusée Johanna Caraire, l’autre cofondatrice et directrice artistique du festival, « ils ne sont pas politiquement corrects. ». Un autre jury de 5 Bordelais cinéphiles remettra le Grand Prix du long métrage de la compétition officielle. Avec près de 80 films, dont 31 en compétition, le festival a su maintenir ce qui a fait son succès : une programmation résolument moderne, ancrée dans son époque qui fait la part belle aux minorités.

La soirée d’ouverture sera marquée par la projection d’ ADN , le nouveau film de Maïwenn, et celle de clôture par L’Origine du monde de Laurent Lafitte. 6 films sont à découvrir en compétition internationale : une Passion simple selon Annie Ernaux (France), un conflit père/fils Sème le vent (Italie), un très joli The best is yet to come (Chine), une traversée Sans signe particulier (Mexique), une histoire d’amour de deux hommes d’âge mûr Un printemps à Hong Kong (HK) et un polar choc Just 6,5 (Iran). À cette occasion, l’actrice Laetitia Dosch, amoureuse folle de Passion simple présentera plusieurs des films qui ont marqué sa carrière. Un autre focus sera mis sur le réalisateur de documentaires Sébastien Lifshitz, dont on pourra découvrir des œuvres dont Petite fille. Parmi les cartes blanches, une à Lio « icône iconoclaste, qui est loin d’être la reine des pommes », comme l’écrit Johanna Caraire.