Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Gironde, le boom des randonnées

Sport le plus pratiqué, plébiscitée pour ses multiples bienfaits et avantages, la randonnée a le vent en poupe. La Gironde compte plusieurs itinéraires GR et voies de Compostelle, ainsi que des boucles d’une grande diversité de paysages et de thématiques.

Gironde, randonnées

© Gironde Tourisme - David Remazeilles

En 2022, la randonnée confirme sa première place comme discipline la plus pratiquée par les Français. Selon une étude publiée en mars dernier par la FFRandonnée (Fédération Française de Randonnée) elle est pratiquée par 56 % des Français, soit 27 millions de personnes qui marchent, version sport ou loisir, devant le vélo (34 %) et la natation (31 %). Ce sondage révèle une augmentation très importante de la pratique de la randonnée depuis la dernière étude datée de 2014, où ils étaient 37 %, soit 18 millions de personnes. D’où vient cet engouement ? Si la randonnée bénéficie d’une si bonne image, c’est tout d’abord parce qu’elle est perçue comme accessible à tous (86 %), intergénérationnelle (87 %), source de bien-être (85 %) et comme se pratiquant davantage en groupe (74 %) qu’en solitaire. Ce phénomène a aussi pris de l’ampleur avec la crise sanitaire, traduisant une aspiration de retour à la nature, à pratiquer une discipline sportive en plein air et à privilégier la destination France.

Elle demande un investissement minimum, et permet aussi de se recentrer sur le plan psychique sur les choses importantes.

LAISSER LES SENS S’ÉVEILLER

Si la randonnée est aussi en vogue, c’est parce qu’elle présente en effet de nombreux avantages. Elle est avant tout accessible, facile et économique ! Elle permet également de se reconnecter à la nature, de revenir à l’essentiel, et par extension de déconnecter avec le quotidien. Loin du vacarme urbain, une randonnée, c’est l’occasion de suspendre le temps et de couper avec les différentes pollutions : une digital detox pour faire le point et laisser les sens s’éveiller : écouter, voir, sentir, toucher, loin des écrans. Marcher à deux ou à plusieurs permet aussi de partager des moments privilégiés grâce à une pratique sportive douce, sans compétition ni chronomètre. Enfin, la randonnée est un sport qui a de nombreuses vertus à la fois sur la santé mentale et physique. Elle permet de renforcer l’organisme en douceur, sans à-coups ni traumatismes. Marcher régulièrement a des bénéfices pour le système locomoteur (articulations et muscles) et réduit les risques de maladies cardiovasculaires. La dimension progressive de la randonnée permet un renforcement complet et homogène de l’organisme. La pratique s’adapte en fonction de l’âge, du poids et de la résistance de chacun.

« L’intérêt de la marche, c’est qu’on peut la pratiquer jusqu’à un âge avancé, et chacun va à son rythme », remarque le docteur Jean-Louis Leymarie, cardiologue à Bordeaux.

« Elle demande un investissement minimum, et permet aussi de se recentrer sur le plan psychique sur les choses importantes. »

LA MARCHE NORDIQUE EN VOGUE

Elle peut en effet se pratiquer de manière physique et sportive pour ceux qui ont la condition suffisante, ou de manière éducative et de loisir pour découvrir des paysages ou des patrimoines culturels. On considère que la promenade est un itinéraire pédestre parcouru en moins de 4 heures de temps effectif de marche, alors que la randonnée compte plus de 4 heures de marche. La grande randonnée s’étend quant à elle sur plusieurs journées consécutives en itinérance. On parle de trek lorsqu’elle se déroule en altitude ou en pays lointain. La marche nordique, qui est devenue un véritable phénomène en France, se pratique, elle, de manière plus dynamique, et a pour principe d’accentuer le mouvement de balancier naturel des bras à l’aide de deux bâtons. Le corps est ainsi propulsé vers l’avant. Au contraire plus douce, la rando santé s’adresse à des personnes aux capacités physiques diminuées, et se pratique sur un itinéraire adapté et animé par un animateur diplômé. « Les clubs proposent des programmes de pratique régulière avec des niveaux de difficulté différents », observe Françoise Lecroart, présidente de la Fédération Française de Randonnée en Gironde (FFRandonnée Gironde).

La Gironde a la particularité d’être traversée par 3 voies de Compostelle

Gironde, randonnées

© Gironde Tourisme – David Remazeilles

VERS DE NOUVEAUX PUBLICS

En Gironde, la Fédération compte quelque 5 400 adhérents en 2021, soit une légère baisse par rapport à 2019, année de référence qui en comptait 5 500. « Ce sont les effets des confinements qui ont mis un coup d’arrêt pour les licenciés âgés, plus les effets de la sédentarité qui n’ont rien amélioré », explique Françoise Lecroart. « Mais ça réaugmente progressivement, et les clubs girondins ont attiré de nouveaux publics, plus jeunes. » La Fédération de Gironde compte 70 clubs affiliés qui vont de 2 à plus de 600 adhérents répartis sur tout le territoire. Parmi les nouveaux publics, il y a ceux qui ont découvert la randonnée pendant les confinements en marchant autour de chez eux, ainsi que ceux qui ne pouvaient plus pratiquer leur sport habituel et qui ont pris goût à la marche. L’adhésion à un club (la licence est à 30 €/année) garantit selon la présidente de la FFRandonnée une pratique régulière, encadrée par un animateur (important en cette période où les circuits sont impactés par les feux de forêts) et permet de découvrir de nouveaux lieux dans la convivialité. « Les clubs proposent plusieurs types d’itinéraires, plutôt axés sur la nature, le patrimoine ou la culture. La Gironde permet cette diversité », continue Françoise Lecroart, « ça va de la promenade de 2 heures, la randonnée en demie ou journée entière (le plus fréquent) au séjour de plusieurs jours comme celui de Bouliac à Monségur organisé récemment, à la découverte des bastides et des abbayes. Tout est possible ! ».

Le nombre de licenciés réaugmente progressivement, et les clubs girondins ont attiré de nouveaux publics, plus jeunes.

LE GR6 VA DES ALPES À L’ATLANTIQUE

« On trouve 3 grands types de chemins de randonnée », remarque Cédric Naffrichoux, adjoint du directeur général à Gironde Tourisme. « Le gros de la demande concerne des boucles d’une journée : c’est la première activité pratiquée avec le vélo. » Ces boucles de 4 à 20 km sont à découvrir sur le site où elles sont classées par thèmes : littéraires, à la découverte des moulins, des bastides… Le second type concerne les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. La Gironde a la particularité d’être traversée par 3 voies : « La principale : la voie du Vézelay », indique Cédric Naffrichoux, passe par Sainte-Foy-la-Grande, La Réole, Bazas et Captieux ; la voie de Paris passe du nord au sud : Blaye, Bordeaux, Le Barp ; et enfin la voie de Soulac suit le littoral : le Médoc, Montalivet, Lacanau, Lège, Andernos jusqu’au Pyla. « Ceux qui prennent les chemins de Compostelle les font généralement sur tout le parcours ou par tronçon sur plusieurs jours. » Enfin, il y a les grands itinéraires de randonnée (les moins fréquentés) sur plusieurs jours comme le tour du bassin d’Arcachon (90 km), le GR6, entièrement balisé depuis une période récente, qui va des Alpes à l’Atlantique, et qui, en Gironde, part de Sainte-Foy-la-Grande pour arriver au parc naturel des Landes de Gascogne (Le Teich, 245 km). Il y a aussi le GR métropolitain, long de 160 km, qui fait le tour de la métropole et marche très bien car il est très accessible par les transports publics. « C’est le 1er GR métropolitain de France », remarque Cédric Naffrichoux, « Depuis, il y a eu Paris, et Lyon est en projet. » Il comporte plusieurs boucles passant ou non par Bordeaux. De nombreux guides (papier ou sur internet) présente de 20 à 50 boucles girondines sélectionnées parmi lesquelles : la Soulacaise (7 km), la Ville d’Hiver à Arcachon (6 km), le lac de Prade à Bazas (9 km) ou encore la boucle des moulins à Porchères (18,3 km). Nature ou patrimoine, en demi-journée ou en itinérance, la Gironde offre de multiples parcours aux amateurs de randonnée.

 

UNE SAISON SOUS HAUTE TENSION

En raison des feux de forêt du Pyla et de Landiras et des risques de récidive, la Gironde est actuellement en vigilance rouge. Par conséquent, la circulation des personnes (et des véhicules) est interdite sur les pistes forestières, chemins ruraux, chemins d’exploitation, pistes cyclables et autres sentiers ouverts au public dans les espaces exposés. La réouverture de la Dune du Pilat reste complexe : le parking est interdit aux visiteurs et des navettes sont acheminées depuis le parc des expos, le marché de La Teste ou la gare d’Arcachon.

Les visiteurs peuvent aussi venir à pied ou à vélo. Les massifs forestiers sont évidemment interdits, tout comme il est interdit de s’aventurer au-delà de la zone délimitée par l’escalier de la dune. Malgré toutes ces restrictions, la dune garde son attrait et les vacanciers sont au rendez-vous.

UN GR MÉTROPOLITAIN RICHE DE PROPOSITIONS

Balisé selon la norme en blanc et rouge, le GR métropolitain, au départ du pont Chaban-Delmas, long de 160 km, peut être parcouru par tronçons de 10 à 20 km. Le découpage permet de le parcourir par partie d’une demie ou journée entière : de Bordeaux (pont Chaban-Delmas) à Bruges (16,8 km), à Saint-Médard-en-Jalles (18,3 km), au Haillan (12 km), à Mérignac (7,4 km), à Pessac (16,4 km), à Gradignan (14,4 km), à Bègles (9,1 km), à Bordeaux Saint-Jean (7,3 km), à Floirac (5,8 km), à Lormont (10,4 km), jusqu’au point de départ (3,6 km). Il existe également une boucle le long de la Garonne (18,2 km) et 2 itinéraires en 2 jours : les balcons de la Garonne, de Floirac à Lormont jusqu’à Bassens (18,4 et 10,4 km) ou encore la feuille et la grappe qui part du Haillan jusqu’à Mérignac pour finir à Pessac (12 et 18,5 km). Ces différents itinéraires permettent de découvrir des sites naturels tels que le bois de Thouars (et son château) à Pessac ou encore la forêt de Bourgailh, ou le parc de Majolan à Blanquefort. Ils sont également très riches en patrimoine : les châteaux viticoles de Blanquefort, la poudrerie de Saint-Médard ou encore l’église Saint-Vincent de Floirac.