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Incendies de l’été : la préfète temporise

La préfète de Gironde Fabienne Buccio a présenté un retour d’expérience après les incendies qui ont impacté la Gironde pendant l’été. Elle a ainsi défendu son bilan et évoqué de nouvelles perspectives telles que la vidéo-surveillance, un meilleur débroussaillage ou encore des moyens aériens.

Marc Vermeulen, directeur départemental du SDIS et Fabienne Buccio préfète de la Gironde © Louis Piquemille - Echos Judiciaires Girondins

La préfète Fabienne Buccio recevait la presse le 21 octobre pour livrer un retour d’expérience après les incendies qui ont fortement impacté la Gironde durant l’été. Cette prise de parole intervenait après une réunion rassemblant les différents partenaires concernés : la préfète des Landes, le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS), les élus concernés, les services de l’État et le COD (Centre Opérationnel Départemental). Cette réunion a permis d’aborder trois points cruciaux : la défense contre l’incendie présentée par le SDIS et l’inspection générale de la Sécurité civile, les évacuations avec les témoignages du COD et des maires de La Teste, d’Hostens, de Guillos, ainsi que celui de Belin-Béliet, puis de la police et de la gendarmerie. Enfin, dernier thème abordé : la communication, avec un échange sur le rôle des médias.

Si la préfète a concédé que 30 000 ha ont brûlé, elle insiste tout de même sur le bilan qu’elle considère positif : 0 victime

Ce retour d’expérience avec ce qui est positif, les innovations, les manques ou besoins seront consignés. Si la préfète a concédé que 30 000 ha ont brûlé, elle insiste tout de même sur le bilan qu’elle considère positif : « 0 victime, moins de 1 % de bâtiments détruits, 50 000 personnes évacuées sans dommage ». Elle a, en outre, insisté sur le caractère inédit de 2 feux de forêts concomitants. Autre annonce : Emmanuel Macron réunit les acteurs de la Sécurité Civile ce 28 octobre, avec une première série d’annonces prévues. À l’échelle plus locale, le ministre de l’Agriculture ouvrira les États Généraux des Landes de Gascogne avant la fin de l’année.

MOYENS AÉRIENS

Présent lors de cette rencontre, Marc Vermeulen, directeur départemental du SDIS, a lui insisté sur les conditions météorologiques très particulières. « On a vu des départs de feu d’une intensité jamais observée en Gironde. La doctrine nationale d’attaque des feux naissants a été appliquée », a-t-il exposé, rappelant au passage que 620 départs de feu ont ainsi été stoppés.

« Lorsqu’un feu n’est pas contenu de suite, la priorisation est celle de la vie humaine », a-t-il également souligné. Un certain nombre de pratiques différentes ont été choisies telles que l’évacuation préférée au confinement, la réintroduction de feux tactiques, ou encore l’abattage d’arbres : « Il a fallu imaginer une doctrine nouvelle ». La question des bénévoles a également été abordée : ceux de la DSCI et les agriculteurs qui ont traité les lisières. Se pose maintenant la consolidation de cette coordination pour assurer leur sécurité. À ce propos, la préfète a précisé que chaque commune pourrait établir une liste de personnes à appeler. Les élus présents ont fait la demande d’un détachement permanent avec des moyens aériens prépositionnés pour défendre le massif.

VIDÉO-DÉTECTION

Comment va-t-on reconstruire cette forêt ? Une partie des pins qui ont brûlé ont été plantés après les tempêtes et avaient une vingtaine d’années. « Il y a l’idée d’introduire de la discontinuité dans le massif. » Concernant l’urbanisme, la préfète a rappelé que les propriétaires doivent débroussailler : « c’est obligatoire mais cela ne concerne que 30 à 40 % des parcelles ». Et de fustiger des habitations en pleine forêt : « il faut graver dans le marbre un certain nombre de choses ». Sujet sensible : la forêt de La Teste brûlée à 80 %. Pendant 2 ans, elle va reposer. Il faudra replanter la forêt reproductive et observer ce qui repart naturellement dans la forêt usagère. « Mais c’est très clair », a martelé la préfète, « la question du statut est posée (…). Aucun permis de construire des 41 cabanes détruites ne sera accepté. » La surveillance et la détection du massif vont être mises en place avec de la vidéo-détection. Il y a une sensibilisation à avoir auprès des populations et des vacanciers pour moins de risques. Enfin un accord sur le prix du bois a été trouvé avec les propriétaires pour les indemniser. Le bois coupé par les entreprises Gascogne et Smurfit a rapporté une somme actuellement sous séquestre qui sera redistribuée.