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Kipopluie avance ses pions dans l’eau

Pour accélérer son développement à l’échelle nationale et internationale et continuer d’innover, le spécialiste de la gestion des eaux de pluie devient une filiale du groupe français Soprema. Le fondateur de Kipopluie Jacques-Albert Roussel, qui en reste le directeur général, foisonne de projets pour faire « augmenter la ressource en eau ».

Kipopluie, Jacques-Albert Roussel

Kipopluie © DR

« Après 18 ans d’existence, nous devons aller chercher des synergies pour atteindre nos ambitions », lance Jacques-Albert Roussel, fondateur du spécialiste de la récupération des eaux pluviales Kipopluie. C’est pour déployer ses solutions sur tout le territoire national puis à l’international que l’entreprise miossaise vient de s’adosser à Soprema. Le géant français spécialiste de l’étanchéité, de la végétalisation et de l’isolation des toitures vient en effet de prendre une participation largement majoritaire dans Kipopluie, désormais filiale du groupe. Ce qui les rapproche ?

« Tout comme Soprema, nous considérons la surface des toitures comme importante, car elle est productive », affirme Jacques-Albert Roussel. Elle peut notamment servir au refroidissement, avec les toitures végétalisées ; à la production d’énergie, avec les panneaux photovoltaïques ; et à la récupération des eaux de pluie, utilisables en eaux techniques dans les bâtiments. « On peut récupérer sur les toitures entre 800 et 1 000 litres par m2 et par an, c’est un volume très important », souligne le dirigeant.

Tout comme Soprema, nous considérons la surface des toitures comme importante, car elle est productive.

70 % d’économies d’eau

Depuis 18 ans, Kipopluie a fait de la récupération des eaux de pluie météoriques sa spécialité. Ces dernières, qui tombent sur les toitures et sont récoltées avant de ruisseler, peuvent être utilisées pour alimenter les toilettes, pour l’arrosage des extérieurs et des toitures végétalisées, le nettoyage des sols, le refroidissement et le nettoyage des panneaux photovoltaïques… « L’ensemble des usages en eaux techniques autorisés par l’arrêté du 21 août 2008, en disconnexion du réseau d’eau potable, dans un système complètement séparé », précise Jacques-Albert Roussel. « Notre métier est de dimensionner le volume d’eau de pluie météorique stocké et filtré pour tenir entre deux pluies, jusqu’à 44 jours ». Pour cela, Kipopluie dispose de son propre bureau d’études, mais aussi de son usine, à Mios, où sont fabriqués et assemblés ses systèmes. « Nos solutions intègrent le système de filtration, la gestion connectée de l’eau de pluie, un volume de stockage allant de 20 à 300 m3 et les usages des eaux de pluie », énumère le fondateur de l’entreprise, qui estime à 70 % les économies d’eaux techniques induites par ses dispositifs.

Jacques-Albert Roussel, Kipopluie

Jacques-Albert Roussel, fondateur de Kipopluie © D.R.

« Valoriser l’eau potable »

De dimension industrielle, ces solutions équipent déjà 7 collèges de Gironde, la salle de spectacle girondine Arkéa Arena, les magasins Leroy-Merlin et Kiloutou du territoire national, mais également 48 restaurants McDonalds dans toute la France. Et devraient prochainement intégrer la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), qui comprennent les eaux usées et les eaux de ruissellement. « Notre objectif est de faire augmenter la ressource en eau, en dédiant les eaux de pluie météoriques et la REUT à d’autres usages. Ces eaux doivent valoriser l’eau potable, qui va inexorablement diminuer », prévient Jacques-Albert Roussel. « Très engagé en faveur de la préservation de l’eau », et assurant « contribuer à l’environnement de façon industrielle », selon les termes de son dirigeant, Kipopluie s’attache également à ne proposer que des produits écoçonçus. « Ils sont recyclés et recyclables, réparables et fonctionnent sans consommables. Cela répond à une vraie vision d’entreprise », clame-t-il.

5 brevets européens

Titulaire de 5 brevets européens, obtenus grâce à d’importants investissements en R&D soutenus par la Région Nouvelle-Aquitaine depuis 2005, Kipopluie revendique ce choix stratégique. « Dès le départ, nous avons privilégié l’avance technologique pour nous différencier et être au rendez-vous aujourd’hui. C’est d’ailleurs cette forte empreinte d’innovation qui a été identifiée par Soprema », affirme Jacques-Albert Roussel, désormais directeur général chez Soprema à la tête de la filiale Kipopluie.

Refroidissement des villes

Dernière innovation en date : le Kipogreen, un système de refroidissement des villes reposant sur un réseau de canalisations enterrées, dans lesquelles circuleront des eaux de pluie fraîches. « Nous allons lancer une expérimentation de ce système fin 2023 pour mesurer la baisse effective de température au siège de Kipopluie, à Mios, dans un nouveau bâtiment de 1 200 m2. Sa mise en construction est prévue pour la fin de l’été », annonce le dirigeant.

Le nouveau bâtiment usine de 1200 m2 sera associé à un centre d’essai et d’expérimentation sur le refroidissement des villes.

Ce nouveau bâtiment usine, qui doit permettre à l’entreprise d’augmenter sa capacité de production pour adresser le marché national et international, sera associé à un centre d’essai et d’expérimentation sur le refroidissement des villes. Nouveau bâtiment, nouvelle société mère, nouvelles innovations, maillage national et bientôt international… « Nous avançons tous nos pions en même temps », se félicite Jacques-Albert Roussel.