« Ce n’est pas incompatible », répond en toute transparence Mathias Pestre-Mazières, directeur général de Blue Horse Group. Alors qu’elle se trouve actuellement en redressement judiciaire, l’entreprise girondine spécialisée dans la distribution et la vente de produits de soin et de santé dédiés au cheval a annoncé, en juillet, avoir fait l’acquisition du stock et de la marque Nacricare, spécialisée dans les actifs marins pour chevaux. « C’est une opération très mesurée et calculée qui ne met pas en tension la trajectoire de la société. Elle fait même sens pour notre entreprise qui retrouve une dynamique après trois années compliquées », témoigne Mathias Pestre-Mazières.
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Lui-même admet des erreurs stratégiques. Son déménagement de la région parisienne à la Gironde en 2022 n’en est pas une. « La région est très porteuse. » De la même façon, « la décision était bonne d’internaliser notre logistique ». En revanche, « l’investissement était surdimensionné par rapport à un marché qui a changé post Covid. Il était encore très porteur au moment de signer le bail, nous étions à 20 voire 30 % de croissance par an, puis le marché s’est stabilisé et a baissé. »

Blue Horse Group a quitté son local d’Ambarès-et-Lagrave. © Astrid Gouzik
Restructuration
Plusieurs décisions ont alors été prises. Blue Horse Group, qui emploie 21 personnes, a quitté Ambarès-et-Lagrave où elle louait 3 800 m2 pour Carbon-Blanc où elle occupe désormais un local dont la surface a été divisée par deux. Elle s’est recentrée sur le soin du cheval, a travaillé sur ses coûts fixes, ses outils externes et sur sa rentabilité en développant un portefeuille de marques propres. « Elles représentent 900 références sur les 9 000 présentes sur notre site », précise Mathias Pestre-Mazières. L’entreprise n’en est pas au stade d’internaliser la fabrication mais l’idée est d’y aller petit à petit. En attendant, outre la vente en ligne, il dit être de plus en plus approché par des revendeurs.
« Entre gérer une croissance très forte et une activité stable voire en baisse, mon métier a complètement changé », reconnaît Mathias Pestre-Mazières qui annonce avoir renoué avec la rentabilité et vise les 7 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année. « Le dispositif du redressement que je ne connaissais pas va permettre à nos créanciers de retrouver l’intégralité de leur passif. Quant à nous, cela va nous permettre de terminer notre restructuration et de retrouver de l’air. Nous sommes en phase de redressement, au sens propre comme au figuré », conclut-il. La période d’observation se poursuit jusqu’à fin novembre.
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