« L’avantage, c’est que cela sent la vanille ou le chocolat », confie Clément Cordier, directeur général de la Maison Jock, en franchissant les portes de l’usine située quai de Brazza à Bordeaux. Ce jour là, c’est la vanille qui domine. Créée en 1938, l’entreprise bordelaise spécialisée dans l’univers des desserts et de la pâtisserie s’étend sur 3 000 m2, dispose de deux ateliers de fabrication et de 12 lignes de conditionnement.
400 références
Son produit historique ? La crème vanille tradition de la marque Jock. L’entreprise propose plus généralement des préparations pour desserts entre les crèmes, les fondants ou encore la préparation pour cannelés ainsi que des préparations pour boissons chocolatées. Mais les produits de la marque ne représentent que 5 % de l’activité, les 95 % restants étant consacrés aux marques de distributeurs (MDD). « Certaines entreprises ne souhaitent pas aller sur la MDD », reconnait Clément Cordier. Ce n’est pas le cas de Jock qui profite du choix des acteurs de la grande distribution d’accélérer sur ce segment. Ainsi, sur 400 références, seule une trentaine de produits sont proposés sous la marque Jock.

Une ligne de conditionnement de levure boulangère. © Hélène Lerivrain
1 M€ d’investissement
L’entreprise est surtout spécialisée dans les aides à la pâtisserie (levure chimique, levure boulangère, sucre vanillé, ferments lactiques). Elle conditionne 350 millions de sachets unitaires à l’année, ce qui représente plus de 80 % de l’activité totale. Et la Maison Jock, détenue depuis 2022 par la société d’investissement lyonnaise Aquasourça, majoritaire, et le fonds néo-aquitain Aquiti, continue à monter en puissance dans cet univers. L’entreprise a investi près d’un million d’euros dans une nouvelle ligne de production dédiée à ces produits, mise en route en octobre dernier.
La région Nouvelle-Aquitaine a accompagné le plan de financement de l’opération en octroyant en mai 2025 un prêt à hauteur de 700 000 euros. Cet apport pourrait être complété par des crédits de l’Union européenne, via le Fonds européen de développement régional (Feder) pour un montant à hauteur de 300 000 euros dans les 24 prochains moins. Le dossier est en cours de dépôt.

Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, avec Clément Cordier, directeur général de la Maison Jock. © Hélène Lerivrain
Plan de modernisation
Car si la ligne représente le premier investissement significatif de la société dans son parc machine depuis 2020, il ne s’agit que de la première étape d’un plan plus global de modernisation et de développement de la société. Clément Cordier annonce des investissements à hauteur de 1, voire 2 millions d’euros par an ces prochaines années. « Nous avons besoin de maintenir un outil industriel à la pointe, de développer la capacité de production, de travailler sur les conditions de travail, l’ergonomie des postes de travail », explique Clément Cordier.
Diversification et innovation
Dans le même temps, la Maison Jock diversifie ses canaux de distribution. « La grande et la moyenne surface (GMS) représente 95 % de nos débouchés commerciaux », confie David Saint-Saëns, directeur commercial de la Maison Jock qui a commencé, il y a un an, à adresser la restauration hors domicile, la restauration collective et commerciale. L’entreprise a notamment remporté, l’an dernier, un appel d’offres pour des hôpitaux et Ephad de la Nouvelle-Aquitaine. Jock travaille également avec l’univers de la bio. Les ventes en agriculture biologique représentent environ 17 % de l’activité.

La nouvelle ligne de production a été lancée en octobre 2025. © Hélène Lerivrain
« Nous avons besoin de maintenir un outil industriel à la pointe »
« L’idée est aussi d’innover au niveau des produits sur le segment des aliments à bénéfices », ajoute David Saint-Saëns. Et de citer, par exemple, la fabrication d’un flan pour un public senior, avec plus d’apports nutritionnels, ce qui implique une adaptation des recettes. « Aujourd’hui, nous sommes dans du classique et de la gourmandise, l’idée est de passer à une partie de l’activité dans la nutrition », explique-t-il.
L’entreprise bordelaise qui, emploie 84 personnes, a réalisé 35 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Elle transforme chaque année 8 000 tonnes de matières premières, entre le sucre, le cacao, la levure chimique ou encore la farine.