Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

Geosat : L’innovation au service du territoire

En associant la rigueur des géomètres-experts à des technologies de pointe, Geosat a développé un groupe expert de la mesure de précision. Pour sa seconde opération de croissance externe, il vient d’acquérir le spécialiste français de l’auscultation, Delta Monitoring. Portrait d’une entreprise en pleine ascension.

Mettre la technologie et la rigueur au service de la mesure : une ambition naturelle pour un cabinet de géomètres-experts. Qui prend toute son ampleur dans le cas de Geosat, un groupe créé par Cédrik Ferrero en 2000 à Pessac, et qui s’est spécialisé dans la mesure 3D et 4D avec un degré de précision unique en Europe. Détection et géolocalisation de réseaux enterrés, scanner et modélisation de bâtiments (jumeaux numériques d’habitations, bureaux, usines), smart city et cartes HD destinées notamment aux véhicules autonomes, activité de géomètre-expert et aménagement foncier… « Nous faisons beaucoup de choses différentes, avec une colonne vertébrale qui est la mesure, et la rigueur dans la mesure », résume Mathias Saura, président de Geosat. Il fait partie des quatre associés principaux à la tête du groupe, chacun ayant une spécialité correspondant à l’un des pôles d’activité de l’entreprise (voir encadré).

PARCOURS DE CROISSANCE

Afin de pousser les curseurs technologiques toujours plus loin, Geosat décide dès 2012 « de prendre un parcours de croissance. Nous voulions pouvoir investir et réfléchir aux nouveaux modes de mesure, aux nouvelles manières de représenter le monde d’aujourd’hui », se souvient Mathias Saura.  Forte d’une croissance de plus de 40 % par an depuis 2013, l’entreprise rachète en 2019 le numéro un des services topographiques au Portugal et au Mozambique, Viamapa, et vient d’acquérir le spécialiste français du monitoring et de l’auscultation, Delta Monitoring. Deux opérations de croissance externe effectuées grâce à une levée de fonds de 10°millions d’euros réalisée en 2019 auprès de Société Générale Capital Partenaires, Bpifrance et Ouest Croissance (Banque Populaire). « Nous avons eu besoin de renforcer les fondations de l’entreprise, pour pouvoir continuer à faire de la R&D, et pour avoir la capacité de continuer de progresser en France mais aussi à l’international », assure Mathias Saura. Afin de se structurer davantage, Geosat, qui compte près de 400 salariés et huit implantations en France, a également promu associés ses deux directeurs de production.

Nous faisons beaucoup de choses différentes, avec une colonne vertébrale qui est la mesure, et la rigueur dans la mesure

Geosat

 

ROAD-SCANNERS, DRONES ET IA

Il n’en fallait pas moins pour l’entreprise, engagée dans de très nombreux projets d’envergure, impliquant des technologies inédites. Et notamment la réalisation d’une cartographie 3D ultraprécise des rues de plusieurs collectivités françaises, dont les 2 000 km de voirie de Bordeaux Métropole. « L’idée est de répondre à la volonté des villes de maîtriser et d’anticiper les besoins du territoire, de mieux gérer les transports, les réseaux de télécommunications… », détaille Mathias Saura. Pour cela, Geosat envoie des véhicules road-scanners équipés de systèmes embarqués (caméra et Lidar) qui scannent la ville en très haute qualité, avec une précision centimétrique. Les données relevées en mouvement sont ensuite années, puis une carte haute définition, véritable « double numérique de la ville », est créée. « Elle donne un socle commun à l’ensemble des équipes qui travaillent sur la smart city », précise Mathias Saura.

Cette carte HD a également vocation à équiper les véhicules autonomes. « Nous participons dans ce cadre au projet de recherche européen, AI4GEO, auquel est associé Airbus DS, le Cnes ou encore CIS Valley… Nous travaillons sur une intelligence artificielle qui se veut une réponse européenne à la Chine et aux États-Unis dans le domaine de la compréhension de la carte et de son analyse », assure le président de Geosat.

L’entreprise est aussi impliquée dans un projet européen de surveillance de l’évolution du littoral, Hycos, dans le cadre duquel elle utilise des road-scanners doublés de technologies de drones (qui filment le cordon dunaire sans l’abîmer) et de photos aériennes. « Un projet qui a beaucoup d’écho en Asie du Sud-Est », note Mathias Saura.

 

Notre intelligence artificielle se veut une réponse européenne à la Chine et aux États-Unis dans le domaine de la compréhension de la carte

 

GRAND PARIS ET JO 2024

La croissance de Geosat bénéficie par ailleurs de sa forte implication en Île-de-France, dans les grands travaux liés au Grand Paris et aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Ses systèmes de monitoring et d’auscultation permettent par exemple d’analyser l’effet du percement des sols par des tunneliers sur la structure des bâtiments et ouvrages de génie civil. L’entreprise est aussi très sollicitée par les principaux concessionnaires (Veolia, Engie, Enedis, GRDF) afin de modéliser et de sécuriser leurs réseaux ; les foncières comme CDC Habitat, filiale de la Caisse des dépôts et consignations ; mais aussi des industriels comme Airbus ou Renault pour qui elle crée des doubles numériques des usines avant travaux. Présente au Portugal, où elle travaille sur le futur aéroport de Lisbonne, et au Mozambique, où elle participe au projet de création d’un barrage hydroélectrique, Geosat étend progressivement son expertise du territoire au monde.

Et si l’entreprise a été fortement impactée par la baisse d’activité liée au confinement, en raison de ses liens étroits avec le secteur du BTP, « nous avons malgré tout bien traversé la crise », juge Mathias Saura. « Notre activité s’est maintenue par rapport à l’année dernière, avec un chiffre d’affaires fin mai quasiment identique à 2019 (- 2 %) ».  Qu’on se rassure en effet, dès la fin du confinement, Geosat a confirmé le rachat de Delta Monitoring, a procédé à une vingtaine de recrutements dans toute la France en seulement deux mois, et son chiffre d’affaires devrait atteindre les 23 millions d’euros en 2020. « Notre croissance habituelle a amorti cette chute d’activité, et nous devrions rester en progression cette année », conclut Mathias Saura.